«Fils à sa maman» ou djihadiste?

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Selon le FBI, Christopher Cornell avait l'intention der faire exploser des bombes artisanales près du Capitole (ci-dessus), siège du Congrès américain, avant d'utiliser ses armes pour abattre des élus et des employés gouvernementaux.

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(NEW YORK) À en croire son père, Christopher Cornell, chômeur âgé de 20 ans, n'est rien d'autre qu'un «fils à sa maman» qui ne ferait pas de mal à une mouche.

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John Cornell

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«Ils le dépeignent comme une sorte de djihadiste, [mais] il est la personne la plus éprise de paix que je connaisse», a déclaré John Cornell au Cincinnati Enquirer mercredi soir, après l'arrestation de son fils, soupçonné d'avoir préparé un attentat contre le Capitole à Washington.

«C'est un fils à sa maman qui n'a jamais quitté la maison», a-t-il ajouté.

«L'acte d'accusation précise que le FBI surveillait Cornell depuis environ six mois avec l'aide d'un informateur. Selon ses parents, le jeune homme s'était converti à l'islam et avait «trouvé la paix dans la religion».»


En fait, Christopher Cornell se trouvait à l'extérieur d'une armurerie située près de Cincinnati, dans l'Ohio, lorsque des agents du FBI l'ont arrêté, mercredi matin. Il venait d'y acheter deux fusils semi-automatiques et 600 cartouches.

Selon la police, il s'agissait de l'avant-dernière étape d'un plan qui devait mener Cornell à Washington, où il aurait eu l'intention de faire exploser des bombes artisanales près du Capitole, siège du Congrès, avant d'utiliser ses armes pour abattre des élus et des employés gouvernementaux.

L'acte d'accusation précise que le FBI surveillait Cornell depuis environ six mois avec l'aide d'un informateur. Selon ses parents, le jeune homme s'était converti à l'islam et avait «trouvé la paix dans la religion».

Mais les procureurs fédéraux décrivent Cornell comme un homme dévoué au djihadisme. Ils l'accusent d'avoir publié sur Twitter, sous le pseudonyme Raheel Mahrus Ubaydah, des messages d'appui au groupe État islamique. Il aurait en outre échangé avec l'informateur du FBI des messages sur son intention de commettre un attentat.

Dans un de ces messages, Cornell aurait expliqué à son interlocuteur qu'aucun groupe ne l'avait autorisé de façon explicite à agir en son nom. Il aurait néanmoins ajouté: «Nous avons déjà eu l'aval de nos frères là-bas et celui d'Anwar al-Awlaki avant son martyre, ainsi que de beaucoup d'autres.»

Tué en septembre 2011 par un drone américain, Anwar al-Awlaki est ce même imam radical, propagandiste d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, dont s'est réclamé Chérif Kouachi, responsable avec son frère Saïd du massacre de Charlie Hebdo.

Influencé par l'informateur ?

Selon l'acte d'accusation, Cornell a rencontré l'informateur du FBI en octobre et en novembre, et lui aurait dévoilé son projet d'attentat contre le Capitole.

L'informateur collaborait avec le FBI dans l'espoir d'améliorer son sort après avoir eu des démêlés avec la justice. Le père de Christopher Cornell a mis en cause son rôle dans cette affaire, laissant entendre qu'il avait poussé son fils à participer à un complot terroriste. Il s'est également demandé comment son fils au chômage avait pu amasser l'argent nécessaire à l'achat des armes et des munitions.

John Cornell n'est pas le premier à se poser des questions du genre. En juillet dernier, l'ONG Human Rights Watch publiait une étude révélant plusieurs exemples d'informateurs du FBI ayant entraîné des gens souvent vulnérables à participer à des complots terroristes, leur fournissant l'idée et les moyens.

Mais le gouvernement américain ne doute pas du danger que posait Christopher Cornell.

«Une fois de plus, le Congrès au complet a une dette de gratitude envers le FBI et tous ceux qui assurent notre sécurité», a déclaré une porte-parole du président de la Chambre des représentants, John Boehner, après l'arrestation du suspect.

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