Maison-Blanche: Loretta Lynch succède à Eric Holder

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président Barack Obama a choisi pour la première fois dans l'histoire des États-Unis une femme noire, Loretta Lynch, procureure à New York, pour occuper le poste de ministre de la Justice, une nomination aussi symbolique que celle de son prédécesseur.

M. Obama fera cette annonce samedi à la Maison-Blanche en présence de Mme Lynch et d'Eric Holder, nommé en 2008 par Barack Obama et premier Noir à occuper ce poste.

M. Holder, qui détient un record de longévité à ce poste, avait annoncé son intention de partir en septembre.

Mme Lynch, âgée de 55 ans et dont la nomination devra être validée par le Sénat, est décrite par la Maison-Blanche comme une procureure «forte et indépendante».

Loretta Elizabeth Lynch est née en 1959 à Greensboro en Caroline du Nord (sud-est) d'une mère bibliothécaire et d'un père pasteur baptiste.

Depuis 2010, elle est procureure fédérale du district Est de New York, un poste qu'elle avait déjà occupé entre 1999 et 2001 sous la présidence de Bill Clinton. Elle y supervise les affaires pénales de Brooklyn, Staten Island, du Queens et de Long Island.

Petite fille, elle passait des heures dans des salles d'audience avec son père au tribunal de Durham, fascinée par les procédures.

«J'ai réalisé le pouvoir que le droit a sur votre vie et combien il est important que les personnes qui exercent ce pouvoir examinent chaque situation avec impartialité et équité», expliquait-elle en 2007 dans une revue professionnelle.

Elle est notamment intervenue dans l'affaire d'Abner Loumia, un Haïtien torturé et violé par des policiers new-yorkais en 1997. Plus récemment, elle a mené l'équipe qui a poursuivi le représentant républicain de Staten Island, Michael Grimm, soupçonné d'évasion fiscale.

«Je dirais que c'est une personnalité discrète et mesurée», commentait cet été Alan Vinegrad, ancien procureur fédéral du district Est, dans le Wall Street Journal. «Elle est vraiment intelligente, a une mentalité de gagnante et elle est très séduisante. Mais elle peut être très dure quand c'est nécessaire, notamment dans la salle d'audience».

Peu connue à Washington 

Diplômée de droit de la prestigieuse université de Harvard, Mme Lynch a débuté sa carrière dans un cabinet new-yorkais avant sa nomination dans le district Est de New York. Entre 2002 et 2007, elle a travaillé comme conseillère spéciale du procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Son prédécesseur l'a nommée en 2010 au Comité des conseillers du ministre de la Justice, dont elle a pris la présidence en 2013. Elle siège également au Comité pour la diversité du ministère.

Elle succède donc à Eric Holder, dont elle est proche, et salué comme le «champion du combat pour les droits civiques» par ses partisans mais décrié par les républicains du Congrès. Des rues de Ferguson enflammées en août par les émeutes raciales aux corridors épurés de la Cour suprême, le 82e Attorney General, a tenté d'apaiser les tensions raciales qui secouent la société américaine.

Il s'est également battu pour réformer le système pénal, réduire les longues peines de prison qui frappent les petits trafiquants de drogue, souvent noirs, rétablir le droit de vote à la sortie de prison et faciliter la réinsertion des prisonniers.

Les démocrates pourraient essayer de confirmer Mme Lynch avant la prise de fonctions en janvier du nouveau Congrès à majorité républicain, mais le calendrier est encore incertain.

Mme Lynch est peu connue des parlementaires du Capitole, ce qui pourrait constituer un atout en cette période d'important chahut politique pour M. Obama après le raz-de-marée des républicains aux élections de mi-mandat.

Le président de la commission judiciaire au Sénat, le républicain Chuck Grassley s'est dit «impatient de faire (sa) connaissance», soulignant qu'il était «très rare de voir des procureurs élevés directement à ce poste».

«J'ai l'espoir que sa nomination, si elle est confirmée, restaurera la confiance placée dans le poste de ministre de la Justice comme la voix politiquement indépendante du peuple américain», a-t-il déclaré.

Un conseiller d'Obama promu numéro 2 du département d'État

Barack Obama a nommé vendredi l'un de ses plus proches conseillers comme premier adjoint du secrétaire d'Etat John Kerry, mettant fin à une bataille en coulisses entre la Maison-Blanche et le département d'État.

M. Obama a choisi Antony Blinken, son actuel conseiller adjoint à la sécurité nationale, pour devenir le prochain secrétaire d'État adjoint, numéro 2 de la diplomatie américaine, en remplacement de William Burns, un diplomate de carrière qui part en retraite, selon un communiqué de la Maison-Blanche.

M. Blinken devra cependant être confirmé dans ses fonctions par le Sénat, comme c'est la règle pour ces postes hiérarchiques.

Dans un communiqué, le président Obama a jugé que M. Blinken était «précisément le type de personne que nous voulons voir représenter les États-Unis d'Amérique à l'étranger».

Susan Rice, la conseillère à la sécurité nationale, le cabinet de politique étrangère de la Maison-Blanche, a salué en son adjoint un diplomate qui a su «forger des consensus sur un large éventail de dossiers délicats».

Le New York Times pense que M. Blinken est l'un des architectes de la stratégie de Washington contre le groupe Etat islamique et du processus de négociations avec l'Iran sur son programme nucléaire.

Il a d'ailleurs gagné ce poste de numéro 2 du département d'État contre Wendy Sherman, qui pilote côté américain les tractations avec Téhéran. Mme Sherman, directrice politique et numéro 3 du ministère des Affaires étrangères, avait pourtant été nommée lundi première adjointe de John Kerry, mais avec le titre provisoire de «secrétaire d'État adjointe intérimaire».

Des médias spécialisés ont fait état d'une âpre lutte entre la Maison-Blanche et le département d'État pour imposer M. Blinken, favori de la présidence, contre Mme Sherman qui avait manifestement les faveurs de son ministère.

Le secrétaire d'Etat John Kerry a salué en son prochain adjoint un dirigeant ayant «la diplomatie dans le sang».

Le département d'État a précisé que Mme Sherman continuerait à cumuler les postes de numéros 2 et 3 jusqu'en 2015, avant de passer le flambeau à M. Blinken.

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