La mère de James Foley fustige Washington

James Foley à Alep, en Syrie, en septembre... (PHOTO MANU BRABO, ARCHIVES AP/FREEJAMESFOLEY.ORG)

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James Foley à Alep, en Syrie, en septembre 2012.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
WASHINGTON

La mère de James Foley, l'otage américain récemment décapité par les djihadistes de l'État islamique (EI), a déclaré avoir senti que le cas de son fils avait constitué une «gêne» pour l'administration américaine.

Dans un entretien diffusé par la chaîne CNN tard jeudi, Diane Foley a expliqué que sa famille avait été menacée de poursuites au cas où elle essaierait de lever des fonds pour le versement d'une rançon aux ravisseurs de son fils.



La famille a également été informée qu'aucun prisonnier ne serait échangé contre Foley, et que le gouvernement ne lancerait pas d'opération militaire, a-t-elle ajouté. La famille a été dissuadée d'«aller parler aux médias» et «rassurée sur le fait que l'on s'occupait du cas» du journaliste, a-t-elle dit.

«En tant qu'Américaine, j'étais embarrassée et choquée», a-t-elle confié.

Le Pentagone et la Maison-Blanche avaient annoncé peu après l'exécution sommaire de Foley l'échec d'une opération «cet été» pour porter secours à des otages américains détenus par l'EI en Syrie.

«Nos efforts pour faire libérer Jim ont représenté une gêne pour le gouvernement», a-t-elle ajouté, «cela ne semblait pas faire partie de nos intérêts stratégiques, si vous voulez».

L'exécution sommaire du journaliste de 40 ans a été rapportée le 19 août dans une vidéo de l'État islamique qui montre sa décapitation.

Une semaine plus tard, les militants de l'EI montraient dans une nouvelle vidéo l'exécution sommaire d'un autre journaliste américain, Steven Sotloff.

James Foley a couvert les conflits en Afghanistan, en Libye et en Syrie et travaillait notamment pour le site d'informations GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres organismes de presse. Il avait été enlevé par des hommes armés dans le nord de la Syrie en 2012.

«Jim aurait été attristé. Jim a cru jusqu'à la fin que son pays viendrait à leur secours», a dit sa mère.

«On nous a juste dit d'avoir confiance dans le fait qu'il serait libéré d'une manière ou d'une autre, miraculeusement», a dit sa mère, «et il ne l'a pas été, n'est-ce pas?»

Le secrétaire d'État John Kerry, interrogé sur la question vendredi, s'est dit «surpris» et a affirmé tout ignorer de l'existence de telles mises en garde de l'administration rapportées par Mme Foley.

«Je peux vous assurer que je ne suis au courant de rien et que je ne pourrais supporter que quelqu'un au département d'État ait pu faire de telles déclarations», a-til affirmé depuis la Turquie où il poursuivait sa tournée pour mettre sur pied une coalition contre les djihadistes de l'EI.

«J'ai, comme d'autres au sein du gouvernement, travaillé dur pour entrer en contact avec des dizaines de pays pour réunir les conditions d'une opération réussie. Le président Obama a ordonné une mission risquée, mais importante et nécessaire pour tenter de sauver les otages (...) De manière tragique nous avons échoué. Je suis de tout coeur avec cette famille», a-t-il ajouté.

La famille lance une fondation à son nom

WASHINGTON - La famille de James Foley, un des deux journalistes américains exécutés par les djihadistes de l'État islamique (EI), a lancé une fondation de bienfaisance à son nom pour aider les victimes d'enlèvements, les reporters de guerre et les jeunes des quartiers pauvres.

Les parents du reporter, John et Diane, ont annoncé vendredi la création de cette fondation avec une pleine page de publicité dans les principaux journaux américains et en lançant un site internet (jamesfoleyfund.org).

James Foley avait couvert les conflits en Afghanistan, en Libye et en Syrie et travaillait notamment pour le site d'informations GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres organismes de presse. Il avait été enlevé par des hommes armés dans le nord de la Syrie en 2012. Une vidéo de son exécution a été diffusée par l'EI le 19 août.

Un autre journaliste américain, Steven Sotloff, a été exécuté deux semaines plus tard.

Vendredi, la famille de James Foley a fait un appel aux dons pour financer cette fondation qui va oeuvrer pour soutenir ce qui lui tenait à coeur: «Jim n'est pas mort en vain, s'il vous plaît aidez-nous à construire quelque chose en son honneur».

«Jim et sa famille, comme beaucoup d'autres otages et leurs familles, ont subi les conséquences dévastatrices de politiques inconstantes, opaques et injustifiables des gouvernements en cas de prise d'otage. Cela doit changer», précise le site internet de la fondation.

La famille de James Foley appelle également à «un dialogue international pour établir des normes internationales pour la prévention et la résolution des enlèvements».

Outre son travail avec les otages et leurs familles, la fondation James Foley va collaborer avec le Comité de protection des journalistes et Reporters sans frontières pour venir en aide aux reporters de guerre.

Et pour commémorer les quatre ans que James Foley a passés à travailler avec des jeunes dans les quartiers difficiles avant de se lancer dans le journalisme, la fondation soutiendra également des initiatives visant à promouvoir l'éducation pour tous aux États-Unis.




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