Bienvenue à «Chirak»

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Au cours du long week-end de la fête nationale, au moins 16 personnes ont perdu la vie et 80 autres ont été blessées à Chicago.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Seize morts et quatre-vingts blessés: le dernier bilan du long week-end de fête nationale à Chicago ne dément pas le nouveau surnom de la troisième plus grande ville américaine, «Chirak», une association entre l'Irak et la métropole de l'Illinois. Mais comment expliquer cette violence digne d'un pays en guerre? Décryptage.

Q: À quoi attribuer tous ces meurtres et coups de feu?

R: Les longs week-ends de fête sont souvent sanglants à Chicago. Le dernier n'a pas fait exception, pas plus que celui de Pâques 2014, où 45 personnes ont été touchées par balles dont 9 mortellement. En 2013, 87 personnes avaient été touchées par balles dont 12 mortellement durant le long week-end de fête nationale. Selon Andrew Holmes, militant anti-violence à Chicago, plusieurs facteurs expliquent l'explosion de violence durant ces week-ends, dont le plus grand nombre de personnes dans les rues et l'abus d'alcool ou de drogues, qui contribue à réduire les inhibitions. À cela s'ajoutent la violence des gangs et celle liée au trafic de la drogue. «Les parents doivent accepter une part de responsabilité. Ils doivent se tenir debout et demander des comptes à leurs enfants, dit Andrew Holmes à La Presse. Nous avons un gros problème sur ce plan.»

Q: Est-ce à dire que le nombre de meurtres est de nouveau à la hausse à Chicago?

R: En fait, le nombre d'homicides à Chicago est en recul pour la deuxième année consécutive. Propulsé par la violence des gangs, problème endémique, il a atteint en 2012 son plus haut niveau en cinq ans (501 meurtres). Ce nombre est passé à 415 en 2013 et demeure aujourd'hui de 6% inférieur à ce qu'il était à la même époque l'an dernier. Cela dit, la Ville des vents demeure la capitale du meurtre aux États-Unis. À titre comparatif, une ville comme New York, qui compte trois fois plus d'habitants que Chicago, a enregistré 333 homicides en 2013.

Q: Qu'en est-il du problème des armes à feu à Chicago?

R: Le chef de police de Chicago, Garry McCarthy, a dénoncé non seulement l'omniprésence des armes à feu dans sa ville, mais également le laxisme de la justice de l'Illinois face à la possession illégale d'armes à feu. «Les gangs punissent plus sévèrement leurs membres qui perdent un revolver que la justice ne le fait à l'égard de ceux qui sont arrêtés pour possession d'arme illégale», a-t-il dit lundi lors d'une conférence de presse. Ceux qui se font arrêter pour possession illégale d'une arme à feu sont souvent libérés sous caution, comme ce fut le cas pour un homme qui a été appréhendé dimanche après avoir ouvert le feu sur un policier. Et quand ils sont condamnés, ils purgent rarement des peines de prison sérieuses, un problème que souligne également Andrew Holmes, le militant antiviolence. «Pour eux, ce sont des petites vacances, a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique. Les jeunes doivent comprendre qu'il est plus payant de prendre un stylo et un livre que de prendre un revolver.»

Q: Qui sont les victimes de ces homicides?

R: Les trois quarts des victimes de la violence qui a secoué Chicago lors du long week-end de fête nationale étaient âgés de 26 ans ou moins, et 16% d'entre elles étaient mineures, selon des données compilées par le Chicago Sun-Times. Neuf victimes sur dix étaient par ailleurs de sexe masculin. La plupart des coups de feu ont été tirés dans le South Side et le West Side de Chicago, où est concentrée la population afro-américaine de la ville. Les quartiers blancs de Chicago ont été épargnés par cette dernière flambée de violence, comme c'est d'ailleurs le cas en temps normal. Selon le magazine Chicago, le taux de blessés par balle à Chicago est de 1,62 par 100 000 habitants blancs et de 112,83 par 100 000 habitants afro-américains. Chez les hommes noirs de 18 à 34 ans, ce taux passe à 599,65 par 100 000, ou 1 sur 200, une donnée «effarante», selon le magazine.




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