Oklahoma: le directeur des prisons veut une suspension des exécutions

Un prisonnier exécuté au Texas quatre jours après... (Archives AP, Pat Sullivan)

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Un prisonnier exécuté au Texas quatre jours après la publication d'un rapport de 1997 n'aurait pas encouru la peine capitale sans des éléments à charge défectueux, selon les conclusions du procureur rendues après l'exécution.

Archives AP, Pat Sullivan

Agence France-Presse
WASHINGTON

Le directeur des prisons de l'Oklahoma, qui avait présidé à une exécution qui a mal tourné mardi soir, a réclamé jeudi l'arrêt de toutes les exécutions pour une durée indéterminée, le temps de réviser entièrement les procédures.

Robert Patton plaide pour une «révision complète du protocole d'exécution» en Oklahoma, dans une lettre à la gouverneure, Mary Fallin, rendue publique au surlendemain de l'exécution de Clayton Lockett, qui a succombé à une «crise cardiaque foudroyante» 43 minutes après le début de l'injection létale, après avoir apparemment beaucoup souffert.

«Je suis pleinement favorable à une enquête externe sur les circonstances de l'exécution du condamné Lockett. (...) Je crois que le rapport (d'enquête) apparaîtra plus crédible s'il est conduit par une entité extérieure», écrit le directeur des autorités pénitentiaires, en livrant la chronologie précise de l'exécution controversée.

On y apprend ainsi que Clayton Lockett s'était lacéré le bras droit la veille de son exécution, et avait reçu un tir au Taser, à l'aube, pour l'extraire de force de sa cellule, afin de passer des radios dans le cadre des préparatifs à l'injection létale.

En outre, le phlébologue n'ayant trouvé de «point praticable» ni aux bras ni aux jambes pour placer l'intraveineuse, l'avait installé à l'aine. Le condamné à mort était encore conscient sept minutes après l'administration de l'anesthésiant, et son décès a été prononcé 43 minutes après, contre une dizaine de minutes habituellement.

«Le calendrier publié par les autorités pénitentiaires indique que l'intraveineuse fémorale n'a jamais été posée comme il faut et que les produits ont été injectés dans les chairs de M. Lockett et non dans ses veines», estime l'avocate Madeline Cohen, dont le client devait être exécuté immédiatement après M. Lockett.

«J'ai l'intention d'explorer de meilleures pratiques en place dans d'autres États et m'assurer que le protocole de l'Oklahoma adopte des critères ayant fait leurs preuves», ajoute le directeur Patton dans ses recommandations à la gouverneure.

«Je recommande de demander à la cour  d'appel pénale d'ordonner l'arrêt indéfini des exécutions», plaide-t-il, estimant que la redéfinition de nouvelles procédures prendra «plusieurs jours et sûrement semaines» et exigera «une formation poussée» des personnels.

Mardi soir, l'exécution de Charles Warner, prévue deux heures après celle de Clayton Lockett, avait été reportée de 14 jours.

L'agonie de Lockett, ponctuée de convulsions et de grognements indiquant d'apparentes souffrances, a soulevé des protestations jusqu'à la Maison-Blanche et généré de nombreux appels à un moratoire sur les exécutions en Oklahoma.




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