Cancer du sein: un million d'Américaines traitées inutilement

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Depuis le recours systématique à la mammographie aux États-Unis, le nombre de détections de cancers précoces du sein a doublé, mais le taux de femmes diagnostiquées d'un cancer avancé a baissé de seulement 8 %.

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Agence France-Presse
Washington

Les mammographies de routine ont conduit plus d'un million de femmes aux États-Unis à être traitées inutilement contre un cancer du sein depuis 30 ans, alors que les tumeurs n'auraient pas atteint de stade avancé, selon une nouvelle étude américaine.

 

 

Ces résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM) du 22 novembre, jettent un nouveau doute sur l'efficacité de cet examen encouragé, mais déjà objet de controverses.

«Nous avons conclu que les mammographies ont détecté des tumeurs qui ne se seraient jamais développées pour provoquer des symptômes cliniques chez 1,3 million de femmes lors des trente dernières années», concluent les auteurs de l'étude, Gilbert Welch de la faculté de médecine de Dartmouth au New Hampshire et Archie Bleyer de l'Université des sciences d'Oregon.

Les traitements subis par les femmes sont souvent des interventions médicales lourdes - chirurgie, traitement radiologique, thérapie hormonale et chimiothérapie - qu'il est préférable d'éviter si ce n'est pas indipensable, soulignent-ils.

Les chercheurs ont analysé des données épidémiologiques pour déterminer la fréquence des tumeurs du sein découvertes précocement, et les cancers diagnostiqués à un stade avancé chez des femmes de 40 ans et au-delà entre 1976 et 2008.

Depuis le recours systématique à la mammographie aux États-Unis, le nombre de détections de cancers précoces du sein a doublé, mais le taux de femmes diagnostiquées d'un cancer avancé a baissé de seulement 8 %.

Selon les chercheurs, les mammographies n'ont donc pas permis de détecter efficacement les cancers avancés, mais ont parallèlement conduit à des diagnostics excessifs, 31 % en 2008, soit 70 000 femmes.

Ils concluent également que la forte baisse de la mortalité résultant du cancer du sein s'explique surtout par l'amélioration des traitements plutôt que par la détection précoce des tumeurs avec les mammographies.

Cette recherche s'ajoute à d'autres travaux publiés ces dernières années qui remettent en question l'utilité des mammographies de contrôle.

Une étude jugée importante menée en Norvège a montré que des mammographies régulières réduisaient le risque de mortalité par cancer du sein de moins de 10 %.

Une autre recherche a conclu que les mammographies n'avaient aucun effet sur la mortalité en comparant des pays en Europe où cet examen est devenu une routine dans les années 1990 à ceux qui l'ont généralisé dans les années 2000.

En 2009, un groupe fédéral d'experts américains avaient révisé ses recommandations : selon eux, les femmes devraient désormais réaliser des mammographies à partir de 50 ans et non plus à partir de 40 ans. Et cet examen devrait se faire tous les deux ans, et non annuellement.

Malgré les progrès importants enregistrés, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes et la première cause de mortalité féminine par cancer dans le monde où 1,4 million de nouveaux cas sont diagnostiqués tous les ans.

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