La version officielle n'est «pas crédible»

Dans son livre Le vol MH370 n'a pas disparu,... (PHOTO ALAIN JOCARD, AFP)

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Dans son livre Le vol MH370 n'a pas disparu, sorti en France le 9 mars, la correspondante du Monde et de RFI Florence de Changy à Hong Kong a exploré toutes les pistes. Elle estime que l'absence de transparence est le «défaut majeur» de cette affaire depuis le début.

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Vol MH370

Disparu des radars en mars 2014 avec 239 personnes à bord, le vol MH370 de Malaysia Airlines parti de Kuala Lumpur pour Pékin ne s'est jamais rendu dans la capitale chinoise. Ayant changé son plan de vol et mis le cap vers l'ouest, le Boeing 777, dont on n'a toujours aucune trace, se serait abîmé dans l'océan Indien, selon les autorités malaisiennes. »

Agence France-Presse
JAKARTA

Deux ans après la mystérieuse disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines parti de Kuala Lumpur pour Pékin (vol MH370), la journaliste française Florence de Changy, qui a enquêté sur cette affaire, estime que «la version officielle n'est pas crédible» et que «des gens savent».

Dans son livre «le vol MH370 n'a pas disparu», sorti en France le 9 mars, la correspondante du Monde et de RFI à Hong Kong a exploré toutes les pistes. Elle estime que l'absence de transparence est le «défaut majeur» de cette affaire depuis le début.

QUESTION : Vous expliquez que la version officielle ne tient pas. Qui cache quelque chose dans cette affaire, et dans quel intérêt?

RÉPONSE : «Mon enquête tend effectivement à démontrer que la version officielle ne repose sur aucune preuve. C'est un récit imposé, une dictée que les familles des 239 disparus ont été priées d'accepter sans le moindre indice vérifiable. Surtout, c'est une version qui n'est pas crédible. Un Boeing 777 ne disparaît tout simplement pas, qui plus est sur un vol de routine, dans des conditions météo idéales et dans une des zones les plus surveillées de la planète. Je n'ai pas rencontré un militaire qui croit à cette version des faits.

Mon livre essaye donc de faire l'inverse de la version officielle : rendre son intelligence à l'opinion publique, afin qu'elle se fasse elle-même une idée de ce qui a pu vraiment se passer au coeur de la nuit du 8 mars 2014 au-dessus du golfe de Thaïlande, et ce à partir des rares indices et faits réels dont nous disposons. Mais l'enquête n'est pas terminée. Il manque encore des pièces au puzzle».

Q : Vous observez qu'il n'a jamais été prouvé à 100 % que le débris d'avion retrouvé à La Réunion provenait du Boeing 777 de Malaysia Airlines. La Malaisie et la justice française ont-elles menti?

R : «Je considère que la France, puisque c'est elle qui est responsable de cette partie de l'enquête, a encore beaucoup de réponses à apporter sur ce flaperon. Encore une fois, c'est un communiqué-dictée qui nous a affirmé que cette pièce "correspondait avec certitude" au MH370. Mais les familles (partie civile) n'ont pas eu le droit de participer aux premières analyses de cette pièce à Toulouse (sud-ouest de la France). Pourquoi?

Peut-on connaître les caractéristiques physiques de ce flaperon : sa taille, son poids, sa masse, son volume? Peut-on savoir ce qu'ont conclu les études de flottabilité effectuées sur ce flaperon qui a tout de même réalisé une performance exceptionnelle en flottant plus de 500 jours et en parcourant plus de 4000 kilomètres à vol d'oiseau dans l'océan Indien (donc beaucoup plus)? Plus de 500 jours alors que 50 jours après la perte de l'avion, le premier ministre australien, Tony Abbott, avait affirmé qu'aucun débris de l'avion n'était plus en mesure de flotter.

Peut-on connaître les caractéristiques précises des anatifes récoltés sur le flaperon? Selon certains spécialistes mondiaux de ces petits crustacés, interrogés par le journaliste américain Jeff Wise, les anatifes observés sur le flaperon n'ont pas plus de six mois. Encore une fois, pour démentir ces rumeurs, il ne tient qu'à la France de communiquer ouvertement, précisément, scientifiquement. J'ai contacté certains des experts sollicités pour ces analyses. Aucun n'a répondu.

La communauté de scientifiques bénévoles qui se dédient à élucider ce "mystère" attend ces réponses depuis huit mois».

Q : Pensez-vous qu'on va finir par savoir ce qui s'est passé? Que faudrait-il pour cela?

R : «Il faut que les gens qui connaissent un petit morceau de l'histoire partagent d'une manière ou d'une autre le peu qu'ils savent. Mon enquête a progressé par demi-phrases. Ce sont ces débris de vérité qu'il faut continuer de chercher. Et les médias doivent continuer d'enquêter en refusant de classer cette histoire dans la boîte des mystères».

Propos recueillis par Benoit Finck

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