Ebola: la panoplie de vaccins et traitements expérimentaux s'étoffe

Parmi les traitements expérimentaux, le ZMapp est un cocktail de... (PHOTO Christopher Black, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Parmi les traitements expérimentaux, le ZMapp est un cocktail de trois anticorps «monoclonaux» développé en collaboration avec un laboratoire canadien de Toronto.

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Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Agence France-Presse
PARIS

La panoplie des candidats vaccins et des médicaments antiviraux expérimentaux sur les rangs s'étoffe pour tenter de répondre à l'épidémie d'Ebola sans précédent qui frappe l'Afrique de l'Ouest, tandis que les tests chez l'homme s'accélèrent.

Des tests sur des vaccins seront menés si possible en décembre en Afrique de l'Ouest, et des centaines de milliers de doses vaccinales sont prévues (pour cette région du monde) d'ici la fin du 1er semestre 2015, a annoncé vendredi l'OMS.

DEUX VACCINS PRINCIPAUX

L'OMS a fait état des deux candidats vaccins principaux et de cinq autres vaccins potentiels:

- Le vaccin (rVSV-ZEBOV ou rVSV) développé par l'agence de santé publique du Canada à Winnipeg, dont la licence de commercialisation est détenue par la société américaine NewLink Genetics. Un essai clinique de phase 1 (sur des volontaires sains) a démarré aux États-Unis, avec de premiers résultats attendus d'ici à la fin de l'année. Un essai du même type est prévu à Genève.

Le gouvernement canadien a commencé à fournir à l'OMS des doses de son vaccin.

- Le vaccin (cAd3-ZEBOV ou ChAd3), développé par la firme britannique GSK (GlaxoSmithKline): il utilise comme vecteur un adénovirus de chimpanzé dans lequel a été inséré un gène du virus Ebola.

Les premiers tests sur l'homme, pour étudier son innocuité, ont débuté aux États-Unis (sur 20 adultes sains) et au Royaume-Uni (60 volontaires sains). Il sera aussi testé sur des adultes en bonne santé à Lausanne (Suisse), pour le compte de l'OMS. Des phases expérimentales sont par ailleurs en cours au Mali et prévues en Gambie (40 volontaires par pays).

GSK estime qu'elle pourrait avoir 24 000 doses de son vaccin prêt pour les essais d'efficacité d'ici janvier, selon ScienceInsider.

L'OMS espère de premiers résultats des essais sur ces deux vaccins en novembre-décembre et pouvoir débuter des essais d'efficacité (de phase 2) dans les pays touchés dès janvier-février, voire même dès décembre.

Par ailleurs, la firme Johnson & Johnson a annoncé qu'elle dégageait jusqu'à 200 millions de dollars pour accélérer la production d'un vaccin en cours de développement par sa filiale Janssen.

Janssen prévoit de produire plus d'un million de doses en 2015, dont 250 000 attendues d'ici à mai pour des essais cliniques, a indiqué sa maison mère.

La Russie a pour sa part annoncé le 11 octobre qu'elle pourrait fournir trois vaccins d'ici à six mois, en indiquant que l'un d'eux était «déjà prêt pour un essai clinique».

TRAITEMENTS EXPÉRIMENTAUX

Parmi les traitements expérimentaux, figurent les trois les plus cités et un nouvel antiviral.

- L'Avigan (le favipiravir ou «T -705»), antiviral homologué pour la grippe, de Toyama Chemical (filiale du groupe FujiFilm) pourrait également agir sur Ebola. Un essai pour évaluer son efficacité, géré par la France, sur des malades d'Ebola doit démarrer mi-novembre en Guinée, avec l'espoir de premiers résultats fin 2014.

C'est le seul traitement potentiel en mesure d'être rapidement produit, facile à utiliser, car en comprimés, et pour lequel le groupe assure disposer de «réserves suffisantes pour plus de 20 000 personnes».

Selon Fujifilm qui envisage d'accroître ses réserves, le traitement a déjà été administré en urgence à plusieurs malades d'Ebola soignés en Europe - dont la jeune infirmière de Médecins sans frontières (MSF), rapatriée en France après avoir été contaminée au Libéria et aujourd'hui guérie.

- Le ZMapp : il s'agit d'un cocktail de trois anticorps «monoclonaux», développé par Mapp Bio (Biopharmaceutical) et sa filiale LeafBio (basées à San Diego, Californie), en collaboration avec un laboratoire canadien de Toronto, et le soutien des gouvernements américain et canadien. Il est extrait du tabac.

Sans avoir fait l'objet d'essais cliniques, il a déjà été administré à titre compassionnel à plusieurs patients infectés par le virus Ebola, dont l'aide soignante espagnole, depuis déclarée guérie. L'approvisionnement de ce traitement est épuisé mais «quelques centaines de doses» devraient être disponibles d'ici la fin de l'année.

- Le TKM-Ebola de la société canadienne Tekmira, a fait l'objet pour son développement d'un contrat de 140 millions de dollars du département américain de la Défense. 900 traitements pourraient être produits d'ici début 2015, d'après un document de l'OMS.

Parmi d'autres thérapies expérimentales, l'AVI -7537 de Sarepta Therapeutics, développé par contrat avec le Pentagone en 2010, qui a été efficace sur des singes présentant des symptômes d'Ebola (taux de guérison de 60 à 80%), selon la firme américaine. Le produit a été bien toléré lors d'un test sur un petit nombre d'humains non infectés. Une centaine de traitements pourrait être produite d'ici début 2015, selon un document de l'OMS.

- Le brincidofovir, un antiviral administré par voie orale, a été développé par la firme américaine Chimerix, à l'origine contre d'autres virus (adénovirus et cytomégalovirus).

Cette molécule, sans avoir été essayée auparavant sur des malades d'Ebola, a été administrée aux États-Unis à Ashoka Mukpo, un cameraman, désormais guéri ainsi qu'au Libérien Thomas Eric Duncan, qui est décédé.

Ce traitement vise à empêcher la multiplication du virus, selon Chimerix. Il fait actuellement l'objet d'un essai de phase III (dernière étape avant une demande de commercialisation) contre ces autres virus, précise la firme.

L'utilisation de thérapies à base de sang de gens guéris (comme les sérums de convalescents), dans les pays affectés représente une autre option.

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