La peur de l'Ebola gagne du terrain aux États-Unis

Un homme déguisé avec un masque et une... (PHOTO MLADEN ANTONOV, AFP)

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Un homme déguisé avec un masque et une combinaison étanche brandit une pancarte devant la Maison-Blanche, demandant à Washington de clouer les vols pour éviter la propagation du virus Ebola. L'administration Obama a été vertement critiquée pour sa gestion de cette crise.

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Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) La peur du virus Ebola semble se propager beaucoup plus rapidement que la maladie elle-même aux États-Unis: pas moins de cinq écoles du Texas et de l'Ohio ont fermé leurs portes, hier, au lendemain de l'annonce d'une deuxième contamination par la fièvre hémorragique à Dallas.

Cette réaction en chaîne est survenue au cours d'une journée où les autorités sanitaires de Dallas et de Washington ont tour à tour présenté des excuses pour leur mauvaise prise en charge du premier cas d'Ebola au Texas et essuyé les critiques d'élus du Congrès américain.

«Malgré nos meilleures intentions et une équipe médicale hautement qualifiée, nous avons fait des erreurs», a déclaré le Dr Daniel Varga, chef clinique de la société Texas Health Resources qui gère l'hôpital de Dallas où Thomas Eric Duncan, le premier malade chez qui on a diagnostiqué la fièvre Ebola aux États-Unis, a été traité.

«Nous n'avons pas correctement diagnostiqué ses symptômes comme étant ceux de l'Ebola. Nous sommes profondément désolés», a-t-il déclaré en s'adressant aux membres d'une sous-commission de la Chambre des représentants qui se penche sur la réponse à l'épidémie.

Deux infirmières du Texas Health Presbyterian ont reçu un test positif à la fièvre Ebola après avoir soigné Thomas Eric Duncan. L'une d'elles, Nina Pham, a été transférée hier aux National Institutes of Health (NIH) de Bethesda, près de Washington. Cette soignante, dont la contamination a été confirmée dimanche, était jusque-là soignée à l'hôpital de Dallas.

L'autre infirmière, Amber Vinson, est traitée depuis mercredi à l'hôpital de l'Université Emory à Atlanta. Lundi, à la veille de la confirmation de sa contamination, elle avait voyagé en avion de Cleveland, en Ohio, à Dallas. Avant de s'embarquer à bord du vol 1143 de la compagnie Frontier Airlines, elle avait informé les Centres de contrôle et de prévention de maladies (CDC) qu'elle était légèrement fiévreuse. Elle a néanmoins reçu l'autorisation de s'envoler, ce que le directeur de l'agence fédérale, le Dr Thomas Frieden, a déploré mercredi.

Confiance ébranlée

Or, le CDC a évoqué hier la possibilité que Vinson ait présenté des symptômes avant même de quitter Dallas, le 11 octobre. C'est donc dire que les passagers du vol Dallas-Cleveland ont peut-être également été exposés au virus Ebola, de même que toutes les personnes rencontrées par l'infirmière en Ohio, où elle s'était rendue pour préparer son mariage.

«Des erreurs ont été commises», a déclaré le représentant républicain de Pennsylvanie Tim Murphy, président de la sous-commission de la Chambre devant laquelle ont témoigné plusieurs responsables sanitaires, dont le Dr Frieden.

«La fiabilité et la crédibilité de l'administration et du gouvernement sont sur leur déclin. Cette confiance doit être rétablie», a-t-il ajouté.

La présence d'Amber Vinson sur un avion de Frontier Airlines a incité cinq écoles d'Ohio et du Texas à fermer leurs portes hier pour permettre leur désinfection. Les autorités locales ont pris cette décision après avoir appris qu'un employé et des élèves avaient voyagé dans le même appareil que l'infirmière de Dallas ou étaient entrés en contact avec elle en Ohio.

Au Texas, trois écoliers devront rester à la maison pendant 21 jours, même si le risque de contamination est faible, selon les autorités sanitaires.

Frontier Airlines a décidé de son côté de donner un congé payé de 21 jours aux pilotes et aux agents de bord qui se trouvaient sur le vol 1143 en même temps qu'Amber Vinson. Quant au CDC, il a continué hier à tenter de contacter tous les 132 passagers qui étaient à bord.

Plusieurs élus républicains ont profité de l'audition des responsables sanitaires pour plaider en faveur de la suspension des vols en provenance des pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie d'Ebola. Le directeur du CDC a cependant rejeté cette mesure, la qualifiant de contre-productive.

«Nous sommes capables de trier [les voyageurs] à l'arrivée et de déterminer le niveau de risque», a-t-il déclaré. En interdisant ces vols, «nous perdrions ces informations», a-t-il ajouté.

«Les risques sont extrêmement faibles»

Barack Obama a répété le même message en début de soirée hier, tout en précisant qu'il n'était pas «philosophiquement» opposé à une telle mesure. Faisant face à la presse après une autre réunion à la Maison-Blanche consacrée à la fièvre Ebola, il a tenté de rassurer les Américains.

«Je sais que les gens ont peur [...], mais les risques d'une contamination sont extrêmement faibles», a-t-il déclaré avant de préciser qu'il envisageait de nommer un responsable dont la mission serait de coordonner la réponse du gouvernement au virus Ebola.

En fin de journée, les responsables du Connecticut ont poussé un soupir de soulagement en annonçant qu'un cas suspect d'Ebola s'était soldé par un test négatif. Il s'agissait d'une étudiante de l'Université Yale qui avait éprouvé des malaises peu après son retour du Liberia.

La journée avait commencé par le témoignage accablant d'une infirmière de l'hôpital de Dallas où deux de ses collègues ont contracté le virus Ebola.

«Je les ai vus bafouer les principes fondamentaux du nursing», a déclaré Briana Aguirre en parlant de ses supérieurs, lors d'une interview à l'émission Today. «Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas être traitée là. Je me sentirais exposée. Si je n'ai pas l'Ebola, je pourrais le contracter là.»

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