Ukraine: les autorités ont retrouvé des armes ayant servi à tuer des manifestants

Ces armes, dont une partie ont été montrées... (PHOTO GENYA SAVILOV, AFP)

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Ces armes, dont une partie ont été montrées à la presse, ont été entre les mains de policiers des Berkout déployés sur le Maïdan le 20 février, jour où une cinquantaine de protestataires sont morts.

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Agence France-Presse
KIEV

Les autorités ukrainiennes ont affirmé samedi avoir découvert dans une cache à Kiev des armes ayant selon elles été utilisées par la police il y a deux ans au moment des manifestations proeuropéennes du Maïdan, réprimées dans le sang.

Les services de sécurité (SBU) et le parquet général ont annoncé à la presse avoir mis la main sur des pièces de 23 fusils d'assaut kalachnikov et d'un fusil de précision qui avaient disparu d'une unité de police antiémeute. Cette police spéciale, nommée Berkout, avait été dissoute après le bain de sang de février 2014 et des agents avaient été accusés d'avoir tué par balle des dizaines de manifestants.

Au total, plus de 100 personnes avaient péri.

Ces armes, dont une partie ont été montrées à la presse, ont été entre les mains de policiers des Berkout déployés sur le Maïdan le 20 février, jour où une cinquantaine de protestataires sont morts, mais des expertises supplémentaires sont nécessaires pour vérifier si elles ont bien été utilisées contre ces derniers, a précisé Sergui Gorbatiouk, chef d'un département d'enquête au sein du parquet général.

Ces armes, dont les numéros de série avaient été effacés pour empêcher leur identification, avaient été enfouies en périphérie de Kiev, a précisé à la presse Grigori Ostafiïtchouk, le responsable d'un département d'enquête au sein du SBU.

Une représentante d'Amnistie internationale en Ukraine, Tetiana Mazour, a salué à la télévision cette découverte de la police. «Mais ce n'est pas suffisant», a-t-elle ajouté, soulignant qu'«il sera  très difficile aux enquêteurs» de prouver que ces armes ont bien été utilisées contre les manifestants.

Les manifestations proeuropéennes du Maïdan, place centrale de Kiev, avaient réuni de fin novembre 2013 à février 2014 des centaines de milliers d'Ukrainiens protestant contre la décision Viktor Ianoukovitch, alors président, de renoncer à la signature d'un accord d'association avec l'Union européenne et de se tourner vers la Russie.

Ce mouvement de contestation avait abouti à la chute de M. Ianoukovitch, qui avait fui en Russie avant d'être destitué par le Parlement ukrainien.

Les nouvelles autorités pro-occidentales en Ukraine avaient promis de faire rapidement toute la lumière concernant le bain de sang sur le Maïdan mais deux ans plus tard, l'enquête n'a toujours pas abouti et aucun haut responsable de l'ancien régime n'a été traduit en justice, ce qui a valu à Kiev de vives critiques à l'intérieur du pays et à l'étranger.

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