Onze civils tués dans un bus touché par des roquettes

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Le service de presse de l'opération ukrainienne dans l'est a établi un premier bilan de «six morts et 20 blessés» à Bougas, à 35 km au sud de Donetsk.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Ioulia SILINA avec Dmytro GORSHKOV
Agence France-Presse
DONETSK et Kiev

Onze civils ont été tués mardi lors d'un bombardement contre un barrage de l'armée ukrainienne qui a frappé un bus dans l'Est séparatiste prorusse, dans l'attaque la plus meurtrière depuis la trêve du 9 décembre.

Le bilan s'est alourdi dans la soirée à onze morts, une femme étant décédée de ses blessures à l'hôpital, selon l'administration régionale de Donetsk.

Ces morts s'ajoutent à celles d'un soldat ukrainien et de trois civils à Donetsk et dans la région, annoncées dans la matinée, au lendemain de l'échec de pourparlers à Berlin pour organiser un sommet de paix avec les dirigeants ukrainien, russe, allemand et français.



Le drame est survenu près d'un barrage de l'armée ukrainienne sur la route stratégique qui relie le bastion séparatiste de Donetsk et Marioupol, sur les bords de la mer d'Azov, dernière grande ville de l'Est sous contrôle des autorités ukrainiennes.

Sur des photos diffusées par l'armée, on voit un bus sans vitres, brisées par des éclats d'obus avec des corps de femmes à l'intérieur sur un sol enneigé et taché de sang.

Les tirs des rebelles au lance-roquettes multiple Grad visaient le point de contrôle de Bougas, située à 35 km au sud de Donetsk, mais ont touché un bus et tué «six femmes et quatre hommes», a affirmé auparavant à l'AFP un porte-parole de l'armée ukrainienne, Vladislav Seleznev.

Le parquet de la région de Donetsk, fidèle aux autorités de Kiev, a indiqué que «plus de 40 roquettes Grad ont été tirées. Plusieurs ont frappé le bus».

Selon l'armée ukrainienne, les rebelles ont tiré depuis Dokoutchaïevsk, localité située à 15 km au nord-est du barrage visé. Un responsable séparatiste interrogé par l'AFP a toutefois émis des doutes sur la provenance des tirs.

«C'est très loin de notre barrage le plus proche. Que les Ukrainiens qui tirent depuis six jours sur Donetsk s'expliquent!», a-t-il lancé.

Le chef de la mission de l'observation de l'OSCE pour l'est de l'Ukraine, Ertugrul Apakan, a déploré dans un communiqué «une nette détérioration de la situation sur le terrain en 24 heures» y compris autour de l'aéroport de Donetsk. Il a appelé les parties en conflit à «un cessez-le-feu immédiat».

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine a pour sa part déclaré qu'«il était temps de prendre des décisions avant tout pour le gouvernement de Kiev».

La diplomatie dans l'impasse

Après une relative accalmie qui avait suivi la trêve conclue le 9 décembre, l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine a renoué avec les violences meurtrières à la fin de la semaine dernière, alors que les efforts pour relancer le processus de paix sont dans l'impasse.

«L'intensification des hostilités ces derniers jours et les tentatives de faire bouger la ligne de démarcation montrent que les militaires russes et les terroristes (Kiev désigne ainsi les rebelles) ont choisi la tactique de l'escalade dans le Donbass», a lancé mardi le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

Réunis lundi soir à Berlin pour aplanir les divergences, les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français n'ont finalement pas fixé de date pour un sommet quadripartite sur l'Ukraine au Kazakhstan, initialement annoncé par Kiev pour le 15 janvier.

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a laissé entendre que les conditions n'étaient pas réunies pour un sommet entre les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Petro Porochenko avec la participation d'Angela Merkel et de François Hollande.

«Les engagements que la Russie devrait prendre lors d'un tel sommet sont inacceptables pour Moscou qui ne se reconnaît pas comme prenant part au conflit alors que l'Occident la rend responsable de son enlisement», explique Maria Lipman, analyste indépendante basée à Moscou.

Pour l'analyste ukrainien Oleksiï Melnik, les parties «ne voient actuellement pas dans quel sens chercher un compromis» dans ce conflit.

Accusée par les Ukrainiens et les Occidentaux d'armer la rébellion prorusse dans l'Est et d'y avoir déployé des troupes, 7500 soldats à ce jour selon Kiev, la Russie dément toute implication dans le conflit qui a fait plus de 4700 morts en neuf mois.

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