Ukraine: les combats se poursuivent en dépit d'un cessez-le-feu

Des séparatistes prorusses lors d'une cérémonie à Donetsk.... (Photo Shamil Zhumatov, Reuters)

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Des séparatistes prorusses lors d'une cérémonie à Donetsk.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Béatrice LE BOHEC, Nicolas MILETITCH, Anna SMOLCHENKO
Agence France-Presse
ANDRIIVKA

Les combats se poursuivaient samedi en Ukraine entre l'armée et les insurgés prorusses au mépris d'un cessez-le-feu décrété unilatéralement par Kiev pour lancer un plan de paix dont les termes ont été jugés «irréalistes» par Moscou.

Le rejet des conditions de paix pour mettre fin à une insurrection dans l'Est, où les combats entre insurgés et l'armée ont fait au moins 375 morts, survient alors que les États-Unis ont accusé Moscou d'armer la rébellion et l'ont mis en garde contre tout envoi de troupes dans cette ex république soviétique.

Samedi, le Canada a décidé de nouvelles sanctions économiques contre des responsables ukrainiens pro-russes et une société pétrolière de Crimée.

Venant après plusieurs mesures identiques au cours des derniers mois en coordination avec les États-Unis et l'Union européenne, ces sanctions portent à 43 Russes et 16 Ukrainiens pro-russes le nombre de personnes visées par des interdictions de déplacements par le Canada.

Vladimir Poutine semblait toutefois vouloir continuer à alimenter les tensions dans la pire crise entre l'Est et l'Ouest depuis la guerre froide en annonçant samedi avoir placé les troupes du district militaire central du pays «en état d'alerte». La Russie avait plus tôt confirmé avoir renforcé ses troupes à la frontière avec l'Ukraine.

«Le plan de paix de M. Porochenko ne doit pas avoir un caractère d'ultimatum pour les insurgés», a déclaré samedi l'homme fort du Kremlin. «Le plan proposé, s'il n'est pas suivi d'effets concrets en vue de l'ouverture d'un dialogue, ne sera ni viable ni réaliste», a-t-il ajouté, tout en disant soutenir le principe du cessez-le-feu.

Cet ordre unilatéral, entré en vigueur vendredi à 22h00 (15h00 heure du Québec), doit permettre aux rebelles de déposer les armes et inaugurer un plan de paix ambitieux, portant notamment sur la mise en place d'une zone tampon le long de la frontière russo-ukrainienne.

Ce cessez-le-feu doit prendre fin le 27 juin. Le même jour, l'Ukraine doit signer le dernier volet d'un accord d'association historique avec l'Union européenne, l'éloignant définitivement du giron russe.

«Pas de cessez-le-feu»

L'Ukraine a dénoncé samedi une attaque séparatiste visant des gardes-frontières dans la région de Donetsk, l'un des bastions rebelles, et ajouté que les gardes avaient répliqués à une deuxième attaque près d'un autre poste frontière quelques minutes plus tard. Selon le service des gardes-frontières, neuf personnes ont été blessées.

Près de Slaviansk, les habitants d'un village continuaient samedi d'entendre des échanges de tirs entre insurgés et forces gouvernementales.

«Ça a tiré hier soir, puis ce matin à partir de 4 heures et ça continue maintenant. Il n'y a pas de cessez-le-feu», a affirmé à l'AFP Lila Ivanovna, dans le village d'Andriivka, près de Slaviansk. Pendant qu'elle parle, l'artillerie ukrainienne installée sur une colline dominant le village tire quelques coups de feu en direction de Slaviansk.

Le nouveau président Petro Porochenko avait indiqué vendredi que le cessez-le-feu unilatéral «ne signifie pas que nous ne répondrons pas en cas d'agression contre nos troupes».

«Si les conditions de paix sont violées, l'armée ukrainienne réagira de façon appropriée», a déclaré M. Porochenko samedi au cours d'une visite à des soldats blessés dans un hôpital de Kiev.

Parallèlement, le chef d'état-major de l'armée russe, Valeri Guerassimov, a indiqué que les manoeuvres-surprises ordonnées par Vladimir Poutine vont impliquer plus de 65 000 soldats, plus de 180 avions et une soixantaine d'hélicoptères appartenant a des unités basées dans l'Oural et dans l'ouest de la Sibérie, à 400 km de l'Ukraine.

Mais Kiev et ses alliés occidentaux s'inquiètent aussi de la présence de nouvelles forces russes le long de la frontière.

Inquiétude en cas de lien avec l'Ukraine

«De telles activités militaires ne contribuent pas à normaliser la situation en Ukraine et dissuadent nos dirigeants de mettre en application leurs initiatives de paix», a déclaré dans un communiqué le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ievgen Perebinis, a indiqué à l'AFP que les manoeuvres militaires dans le centre de la Russie «ne peuvent que susciter l'inquiétude s'il y a le moindre lien avec les précédents déploiements près de la frontière».

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a quant à lui dénoncé samedi une «intensification» des opérations ukrainiennes.

«Le fait que ladite opération antiterroriste (de l'Ukraine) connaît une intensification parallèlement à l'avancement du plan de paix est très alarmant et inquiétant», a-t-il jugé.

La Russie a accusé l'Ukraine d'avoir effectué un tir de mortier depuis son territoire sur un poste-frontière russe, blessant un douanier. Moscou a demandé «une explication et des excuses», mais le ministère ukrainien de la Défense a nié avoir eu recours à de l'artillerie dans cette région frontalière.




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