Poutine reconnaît que des militaires russes étaient en Crimée

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Des résidants et des marins russes regardent le point de presse télévisé du président Poutine, dans le port de Sébastopol, en Crimée le 17 avril.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Agence France-Presse
Moscou

Le président russe Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois jeudi que des forces armées russes étaient présentes en Crimée lors du référendum de mars qui a permis le rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie.

«Derrière les forces d'autodéfense de Crimée, bien sûr, se trouvaient nos militaires. Ils se sont comportés de manière très correcte (...) et professionnelle», a-t-il déclaré, lors d'une séance de questions-réponses télévisée, interrogé sur l'identité des hommes armés, ne portant pas d'insignes, apparus dans la péninsule avant le référendum du 16 mars.

«Il fallait protéger les gens», a-t-il ajouté, précisant que de nombreuses armes se trouvaient alors en Crimée et auraient pu être utilisées par des forces loyales aux autorités de Kiev contre les habitants.

«Je n'ai jamais caché à mes collègues étrangers que notre objectif était d'assurer les conditions pour un vote libre», a-t-il poursuivi.

«C'est pourquoi nous devions prendre les mesures nécessaires pour que les évènements ne se développent pas comme ils se développent actuellement dans le sud-est de l'Ukraine, pour qu'il n'y ait pas de tanks, de troupes nationalistes et des gens (...) avec des armes automatiques» en Crimée, a-t-il expliqué.

Peu après l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement pro-européen à Kiev, qui a suivi le renversement du président Victor Ianoukovitch, des milliers de soldats, bien équipés, mais ne portant pas d'insignes permettant de les identifier, avaient été déployés en Crimée, encerclant, puis prenant le contrôle des sites militaires ukrainiens.

Kiev avait immédiatement dénoncé la présence de soldats russes.

Les autorités ukrainiennes et l'Occident craignent que le même scénario ne soit actuellement appliqué dans l'est du pays, où les forces loyalistes sont confrontées à des insurgés pro-russes, qui réclament un rattachement à la Russie ou au minimum une «fédéralisation» de l'Ukraine, pour donner de grands pouvoirs aux régions.

Selon Kiev et les Occidentaux, ces groupes armés présents dans l'est, ironiquement baptisés «hommes verts» en Ukraine, sont en fait des soldats d'élite russes, comme ceux qui étaient à l'oeuvre en Crimée.

Moscou nie avoir des soldats ou des agents en territoire ukrainien actuellement.

L'OTAN ne fait pas peur à Poutine

Le président russe a déclaré jeudi que l'OTAN ne lui faisait «pas peur», répondant à un journaliste vedette qui décrivait l'Alliance atlantique comme une «tumeur cancéreuse» en progression.

«Nous n'avons pas peur. Je n'ai pas peur et personne ne doit avoir peur», a déclaré M. Poutine, qui avait été interpellé par le journaliste Dmitri Kisselev lors de sa séance de questions-réponses télévisée.

«Nous pouvons nous-mêmes tous les étouffer, pourquoi avez-vous peur?», a ajouté le président.

«Le bloc de l'OTAN se développe comme une tumeur cancéreuse», avait déclaré Dmitri Kisselev, demandant à M. Poutine de s'exprimer sur ce point.

Ce journaliste, qui anime une émission dominicale au ton très anti-occidental sur la télévision publique russe, a été nommé en décembre dernier par M. Poutine à la tête d'une nouvelle entité regroupant l'audiovisuel extérieur russe.

En mars, alors que la crise ukrainienne avait viré au bras de fer géopolitique est-ouest, il avait souligné à l'antenne que la Russie restait «le seul pays au monde capable de transformer les États-Unis en cendres radioactives».

M. Kisselev figure sur la liste de personnalités russes sanctionnées en mars par l'Union européenne après le rattachement à la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée, en tant que «figure clé de la propagande gouvernementale».

lpt/lap/ros




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