Les séparatistes qui ne déposent pas les armes seront «liquidés»

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Des soldats ukrainiens à environ 70 kilomètres de Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, le 14 avril.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
PRÈS d'IZIOUM, Ukraine

Les séparatistes pro-russes et les membres des services secrets russes opérant en Ukraine qui ne déposeront pas les armes seront «liquidés», a déclaré à des journalistes dans l'est de ce pays le général Vassyl Kroutov, qui commande l'opération «antiterroriste».

«Il faut les avertir et s'ils ne déposent pas les armes, on va les liquider», a affirmé le général, numéro deux des services de sécurité ukrainiens (SBU) et commandant du centre antiterroriste du SBU, rencontré près de la ville d'Izioum, à une quarantaine de kilomètres au nord de Slaviansk, passée samedi sous le contrôle d'hommes en armes sans identification.

Le général Kroutov a affirmé que ces hommes non identifiés faisaient partie des «troupes spéciales du GRU (renseignement militaire russe) qui ont une grande expérience des conflits». C'est «un ennemi difficile», a-t-il reconnu.

Il s'est refusé à dire combien de militaires russes faisaient face aux forces loyalistes, mais a assuré que «rien qu'hier (lundi) plus de 300 sont arrivés dans la région, la plupart étant déployés à Slaviansk».

L'opération déclenchée par le gouvernement pro-européen de Kiev pour désarmer les pro-russes dans l'est de l'Ukraine et libérer les bâtiments qu'ils occupent dans plusieurs villes est difficile à réaliser, car «l'agresseur utilise les populations civiles comme bouclier», a ajouté le général Kroutov.

«Cela rend notre opération très difficile à mettre en oeuvre, dans la mesure où nous ne voulons pas toucher les civils», a-t-il indiqué.

Le général Kroutov n'a pas voulu préciser le nombre des militaires et des policiers engagés dans cette opération, précisant seulement qu'étaient impliquées des unités de l'armée, des services secrets et de la police.

Derrière le général, une partie du dispositif déployé dans le cadre de l'opération était visible : deux hélicoptères, une quarantaine de blindés légers et de chars, une dizaine d'autocars transportant les troupes spéciales du SBU, et quelque 200 parachutistes et policiers.

Une série d'insurrections pro-russes dans plusieurs villes de l'est, menées soit par des manifestants soit par des groupes armés non identifiés, fait peser la menace d'un éclatement de l'Ukraine.

Les militants pro-russes exigent un référendum pour obtenir l'autonomie des régions russophones, au sein de l'Ukraine, ou le rattachement à la Russie.

La Russie a mis en garde son voisin contre tout usage de la force contre les insurgés.

Contre-offensive de Kiev

Une colonne ukrainienne de blindés et d'hommes des forces spéciales stationnait mardi à une quarantaine de kilomètres de Slaviansk, localité de l'est de l'Ukraine passée samedi sous le contrôle de groupes armés pro-russes, a constaté l'AFP.

Un journaliste de l'AFP a vu une dizaine de blindés, autant de chars et sept cars transportant des «spetsnaz», membres des forces spéciales, près de la localité d'Izioum, à 40 km au nord de Slaviansk, sur la route venant de la grande ville de Kharkiv.

Les militaires, accompagnés de policiers, ont installé sur la route un point de contrôle, avec un blindé léger, protégé par des blocs de béton. Ils contrôlent tous les véhicules passant dans les deux sens.

Au total, une centaine d'hommes sont visibles, et une partie de la colonne est installée à l'abri des regards sous des arbres.

Des renforts ukrainiens ont été héliportés mardi après-midi dans l'Est sur l'aérodrome militaire de Kramatorsk, à 15 km au sud de Slaviansk.

Des journalistes de l'AFP ont vu des manifestants pro-russes, qui tiennent la partie civile de l'aérodrome, massés devant les grilles de la partie militaire attenante. Selon certains manifestants, les défenseurs de la partie militaire ont ouvert le feu faisant des blessés, mais il n'a pas été possible immédiatement de confirmer ces affirmations.

Un officier parachutiste, qui a refusé de donner son nom, a refusé de dire quand la colonne était arrivée sur place.

«On ne va pas tirer sur des gens paisibles. On n'a pas peur, tout a été fait pour que les gens rendent les armes. Il y a eu des négociations, mais cela n'a pas abouti» a-t-il dit.

Interrogé pour savoir si les militaires allaient intervenir directement, l'officier a assuré que cette tâche était «le travail des forces (du ministère) de l'intérieur. Nous on est là pour les aider».

«On est là parce qu'on ne peut pas abandonner le territoire. Tout ce qu'on va faire c'est protéger l'indépendance de notre pays et la paix», a conclu l'officier.

Interrogé à Kiev, le ministère de l'Intérieur a confirmé qu'une intervention, si elle devait avoir lieu, serait à la charge de La Garde nationale.

Le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï, avait annoncé mardi matin qu'un premier bataillon de cette Garde nationale avait été envoyé «au front»

Une bonne partie de l'est de l'Ukraine, russophone et frontalière de la Russie, est en proie depuis plusieurs jours à une insurrection armée pro-russe.

Poutine interpelle l'ONU

Le président russe, Vladimir Poutine, a dit mardi au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qu'il voulait que les Nations unies condamnent l'opération militaire «anticonstitutionnelle» menée par l'Ukraine contre les séparatistes pro-russes dans l'est du pays.

«La Russie attend une condamnation claire, de la part des Nations unies et de la communauté internationale, des actions» de l'Ukraine qui, selon M. Poutine ont considérablement aggravé la crise dans le pays, a annoncé mardi le Kremlin dans un communiqué.

«Au bord de la guerre civile»

Le premier ministre russe Dmitri Medvedev a estimé mardi que l'Ukraine se trouvait «au bord de la guerre civile».

«Je serai bref: l'Ukraine se trouve au bord de la guerre civile, c'est effrayant», a-t-il déclaré, cité par les agences russes, lors d'une conférence de presse.

«J'espère que tous ceux qui ont le pouvoir de prendre des décisions - je parle également des autorités (...), qui sont arrivées au pouvoir suite à une révolte - auront assez de bon sens pour ne pas conduire le pays dans une situation si terrible», a-t-il ajouté.

Le gouvernement pro-européen de Kiev a déployé mardi l'armée et la Garde nationale dans l'est de l'Ukraine pour mettre un terme à l'insurrection des séparatistes pro-russes.

«Le dialogue avec les citoyens de toutes les régions est la seule voie possible pour l'Ukraine», a indiqué le premier ministre russe, appelant les Occidentaux à mettre la main à la poche pour sortir le pays du désastre économique.

«Tous ceux qui disent qu'il faut aider l'Ukraine devraient enfin faire quelque chose. Je veux parler de nos partenaires européens et de nos partenaires d'outre-Atlantique. Qu'ils donnent ne serait-ce qu'un dollar!», a-t-il ironisé.

«D'éternelles promesses: nous allons donner un milliard, nous allons transférer cinq milliards. Dans ce cas, qu'ils donnent quelque chose», a poursuivi M. Medvedev.

Le premier ministre russe a également affirmé que les différentes réductions du prix du gaz accordées dans le passé par la Russie ont permis à l'Ukraine d'économiser plus de 100 milliards de dollars au cours des 20 dernières années.

«Depuis le moment où l'Ukraine a obtenu son indépendance, tout comme les autres anciennes républiques de l'URSS, nous avons fourni une aide massive et très substantielle à ce pays», a-t-il lancé.




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