NSA : Bruxelles attend la concrétisation des engagements d'Obama

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Edward Snowden, un ancien consultant de la CIA, a révélé l'existence de programmes secrets de surveillance des communications électroniques en remettant des documents compromettants aux quotidiens The Guardian et The Washington Post. Il s'est depuis réfugié à Hong Kong alors que le gouvernement américain a lancé une enquête contre lui. »

Agence France-Presse
Bruxelles

L'engagement du président américain Barack Obama de réformer la collecte des données téléphoniques est «un pas dans la bonne direction», mais l'UE attend des actes, a déclaré vendredi la vice-présidence de la Commission européenne Viviane Reding.

«La Commission européenne a demandé en novembre de mettre en oeuvre des actions pour restaurer la confiance. Les déclarations du président Obama sont un pas dans la bonne direction», a commenté Mme Reding, responsable de la Justice.

«Je suis encouragée par le fait que les citoyens non américains vont pouvoir bénéficier de protection contre l'espionnage, mais j'attends de voir ces engagements se concrétiser avec des lois», a-t-elle ajouté.

«Nous voulons une protection des données», a-t-elle insisté.

Le président Obama a reconnu vendredi que «des garde fous appropriés» sont nécessaires pour le programme de collecte de données téléphonique mis en oeuvre par l'agence de renseignement NSA.

«Je pense qu'une nouvelle approche est nécessaire. C'est la raison pour laquelle je donne l'ordre d'une transition qui mettra fin à la collecte de données (...) au terme de l'article 215» du Patriot Act, ensemble de lois sécuritaires adoptées dans la foulée des attentats du 11-Septembre, a expliqué M. Obama.

Le président américain a par ailleurs pris l'engagement de faire cesser l'écoute des conversations téléphoniques des dirigeants des pays alliés et mais des États Unis.

L'ampleur de ce programme révélé par Edward Snowden, un ancien consultant de la NSA réfugié en Russie a en effet froissé de nombreux alliés et partenaires de la Russie.

«L'intervention du président Obama montre que les préoccupations légitimes exprimées par l'UE ont été entendues», a souligné la Commission européenne dans un communiqué publié après les premiers commentaires de Mme Reding.

«La confiance dans l'utilisation des flux de données par les États-Unis a été ébranlée par les révélations sur les programmes d'espionnage et a besoin d'être restaurée», a insisté la Commission.

«Les annonces du président Obama sont le point de départ d'un processus important qui doit permettre de répondre aux préoccupations exprimées par l'UE et nous attendons la mise en oeuvre des mesures qui doivent être prises», a averti la Commission.

«Plusieurs questions sont toujours ouvertes et doivent être traitées», insiste l'exécutif bruxellois en citant «un renforcement de Safe Harbour», le code de conduite que doivent respecter les entreprises américaines qui transfèrent aux États Unis et «la conclusion rapide d'un accord général sur la protection des données qui permette aux citoyens de l'UE d'engager des actions aux États-Unis» en cas de mauvaise usage de leurs données personnelles, ce qui leur est refusé actuellement.

Mme Reding négocie actuellement cet accord.

Elle souhaite notamment empêcher les données personnelles des citoyens de l'UE de quitter l'espace européen sans leur consentement.

Mme Reding a osé début janvier remercier Edward Snowden pour son action.

«Quand ses révélations ont été publiées, j'ai dit: "Merci M. Snowden", parce que j'avais jusqu'alors les plus grandes difficultés à convaincre, notamment au sein des instances européennes, que nous avions un gros problème à résoudre sur le plan international» pour la protection des données, a-t-elle lancé lors d'un dialogue avec des journalistes sur internet.

«Les révélations de M. Snowden, notamment la mise sur écoutes du téléphone portable de Mme (Angela) Merkel,ont permis de faire bouger les choses avec les États-Unis», avait-elle affirmé.

«Grâce à M. Snowden, je dirai, les choses ont changé et pour la première fois nous avons constaté une compréhension pour notre demande de réciprocité», avait-elle souligné.

«Je ne suis pas certains que nous obtiendrons ce que nous demandons, mais maintenant j'ai un espoir», avait-elle conclu.

Berlin salue le discours

Le gouvernement allemand a salué vendredi l'annonce de Barack Obama selon laquelle les agences du renseignement américaines n'espionneront plus les communications des dirigeants des pays amis des Etats-Unis et appelé au respect du droit allemand sur le sol allemand «en particulier de nos partenaires proches et alliés».

«De nombreuses personnes en Allemagne sont préoccupées avec raison par les  informations sur les activités de la NSA (l'agence américaine de renseignement, ndlr) concernant la sécurité de leurs données privées», a indiqué le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, sollicité par l'AFP.

«Dans ce contexte, le gouvernement salue par principe le fait que la protection des données et les droits de la personne seront à l'avenir davantage respectés, notamment pour les citoyens non-américains», a-t-il ajouté.

«Pour le gouvernement, le droit allemand doit être respecté sur le sol allemand, cela vaut aussi et en particulier pour nos partenaires proches et nos alliés», a-t-il ajouté.

M. Seibert a en outre souligné que la coopération entre les services de renseignement alliés était «dans l'intérêt commun» et que le gouvernement allemand voulait maintenant «analyser avec précision» les annonces faites par le président américain.

Des tensions étaient nées fin octobre entre les Etats-Unis et l'Allemagne après des révélations sur les écoutes téléphoniques de la NSA, qui aurait notamment espionné le téléphone portable de Mme Merkel.

La chancelière avait vivement réagi après la divulgation de ces informations, soulignant lors d'une conversation téléphonique avec Barack Obama que les agissements de la NSA trahissaient une «rupture de confiance» entre les deux pays.

Le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a de son côté insisté sur le fait que les annonces de M. Obama allaient permettre «une discussion publique encore plus large aux Etats-Unis», se disant confiant dans le fait que seront conciliés les exigences en matière de sécurité et la protection des droits des citoyens.




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