Nucléaire iranien: les négociations entrent dans la «phase critique»

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Le secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry.

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Agence France-Presse
Vienne

Les négociations sur le nucléaire iranien entrent dimanche dans une phase «critique», à moins de trois jours de la date butoir théorique pour parvenir à un accord historique dans ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis 12 ans.

Entrés en scène les premiers samedi à Vienne dans cet ultime tour de négociations, le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif se sont accordés sur un point : il reste «beaucoup» de pain sur la planche.

Les grandes puissances du P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) veulent s'assurer que le programme nucléaire de l'Iran ne peut pas avoir de débouchés militaires, en échange d'une levée des sanctions internationales qui asphyxient son économie.

Mais après de longues années de tensions et 20 mois de discussions acharnées, et malgré la conclusion d'un accord-cadre à Lausanne en avril, les positions apparaissent encore très éloignées sur plusieurs points cruciaux.

«Nous sommes désormais dans la phase critique», confie un haut diplomate occidental, ajoutant : «Ça devient plus tendu dans les derniers jours, mais c'était prévisible».

Même si toutes les parties s'accordent à dire que les pourparlers pourront déborder quelque peu la date butoir théorique du mardi 30 juin, il ne reste plus qu'une poignée de jours pour rendre compatibles «conditions» des grandes puissances et «lignes rouges» de l'Iran.

Inspections «rigoureuses»

Arrivé à Vienne samedi, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a rappelé «au moins trois conditions indispensables» pour sceller un accord.

À savoir une limitation durable des capacités nucléaires iraniennes de recherche et de production, un retour automatique des sanctions en cas de violation des engagements pris et des inspections «rigoureuses» des sites iraniens, «y compris militaires si nécessaire».

Or le guide suprême Ali Khamenei, qui a la haute main sur le dossier nucléaire, a réitéré en début de semaine son refus de toute inspection des sites militaires, une «ligne rouge» non négociable selon lui.

M. Khamenei a également déclaré ne pas accepter de «limitations de longue durée» du programme nucléaire, alors que les grandes puissances souhaitent le brider pour au minimum 10 ans.

M. Zarif a de son côté rappelé la principale exigence iranienne : «la levée de toutes les sanctions».

Mais Téhéran souhaite que les sanctions internationales soient abandonnées dès la mise en oeuvre d'un accord, alors que les grandes puissances souhaitent une levée progressive et réversible.

«Calme et sang froid»

Les négociateurs doivent être rejoints dimanche par la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Les autres ministres du groupe 5+1 sont attendus dans les jours qui viennent.

Un accord serait le premier pas d'une possible réconciliation entre la République islamique et les États-Unis, brouillés depuis 35 ans. Il ouvrirait la voie à des coopérations face au chaos en Syrie, en Irak et ailleurs, des perspectives qui effraient les puissances sunnites de la région et Israël.

Un tel accord aurait également un impact sur le marché mondial de l'énergie, en libérant les immenses réserves iraniennes d'hydrocarbures.

Les discussions vont se poursuivre plusieurs jours, même si les ministres ne resteront pas forcément sur place en continu. «On va avoir des jours et des nuits tendus et compliqués. Il va falloir beaucoup de calme et de sang froid», selon un diplomate occidental.

Le P5+1 et l'Iran ont conclu en novembre 2013 un accord intérimaire, renouvelé deux fois, et sont parvenus, dans la douleur, à fixer à Lausanne en avril dernier les paramètres d'accord définitif potentiel.

L'un des principaux négociateurs iraniens, Abbas Araghchi, a toutefois jugé que «certains pays du P5+1» ont depuis changé de position, «ce qui a un peu compliqué la tâche».

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