Israël prié de ne pas attaquer l'Iran

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.... (Photo: Gali Tibbon, AFP)

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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Photo: Gali Tibbon, AFP

 

Jean-Luc Renaudie
Agence France-Presse
Jérusalem

Israël est soumis à des pressions redoublées des États-Unis et des Européens pour ne pas attaquer l'Iran et donner une chance aux sanctions internationales censées contraindre Téhéran à renoncer à son programme nucléaire.

Cette campagne tous azimuts s'est traduite ces derniers jours notamment par l'envoi en Israël de Tom Donilon, le conseiller pour la sécurité nationale du président américain Barack Obama.

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M. Donilon s'est entretenu pendant deux heures dimanche avec le premier ministre Benyamin Nétanyahou et a rencontré lundi le ministre de la Défense Ehud Barak, dont «la position de faucon» dans la crise iranienne inspire, selon le quotidien Haaretz, l'inquiétude des Américains.

Sur leur lancée, les États-Unis doivent dépêcher cette semaine le chef du renseignement James Clapper, ont rapporté les médias israéliens.

Ehud Barak, de facto le numéro deux du gouvernement, a pour sa part été «convoqué» la semaine prochaine à Washington, selon les médias, alors que le premier ministre Benyamin Nétanyahou doit effectuer une importante visite aux États-Unis début mars.

«Israël subit des pressions tous azimuts. Les Américains ne veulent surtout pas être surpris et être mis devant le fait accompli par une attaque israélienne», a déclaré à l'AFP un haut responsable israélien qui a requis l'anonymat.

«Ils nous disent de faire preuve de patience pour voir si les sanctions internationales contre Téhéran finiront par marcher», a-t-il expliqué.

Dans une interview ce week-end à la chaîne CNN, le chef d'état-major américain, le général Martin Dempsey, a affirmé sans fioriture qu'il serait «prématuré» de lancer une action militaire contre l'Iran.

Depuis plusieurs semaines, Israël souffle le chaud et le froid sur la possibilité de bombarder les installations nucléaires iraniennes.

«Pour le moment, du côté israélien, on a tendance à cultiver un certain flou en partie pour pousser la communauté internationale à imposer des sanctions encore plus dures contre l'Iran, mais aussi en raison de la polyphonie habituelle au sein de la classe politique israélienne», a souligné le responsable israélien.

Les États-Unis ne sont pas les seuls à vouloir freiner les velléités belliqueuses prêtées à Israël.

Dimanche, le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a estimé qu'il ne serait pas «judicieux» de la part d'Israël d'intervenir militairement contre l'Iran.

«La solution n'est jamais militaire, la solution est politique, la solution est diplomatique, la solution est dans les sanctions», a martelé le 8 février le président français Nicolas Sarkozy devant le Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF).

Sur le front intérieur, Tzipi Livni, la dirigeante centriste de l'opposition, a accusé M. Nétanyahou d'isoler Israël. «La politique du premier ministre a abouti au fait que le monde nous appelle avec des haut-parleurs à faire ceci ou à ne pas faire cela. Tout le monde nous court après pour nous arrêter».

«Elle a abouti à un double isolement sur le dossier iranien et sur le processus politique avec les Palestiniens», a déploré Mme Livni.

Dans un éditorial intitulé Une mise en garde américaine, le Haaretz considère qu'«Israël doit écouter les avertissements en provenance de Washington et s'abstenir, pour le moment, de prendre des décisions unilatérales».

En 1981, Israël avait lancé des raids contre une centrale nucléaire en Irak sans le feu vert américain, ce qui lui avait valu à l'époque une condamnation des États-Unis.

Une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est arrivée lundi à Téhéran pour tenter de trouver une solution diplomatique à la crise nucléaire iranienne.

Israël, les États-Unis et diverses puissances occidentales accusent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert de programme civil, ce que Téhéran dément.

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