Présidentielle américaine: une dernière ligne droite frénétique

Donald Trump et Hillary Clinton.... (Photos Mandel Ngan et Jewel Samad, Agence France-Presse)

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Donald Trump et Hillary Clinton.

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Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Washington

Cinq États en une seule journée: Donald Trump accélérait dimanche le rythme de sa campagne à deux jours de l'élection présidentielle américaine, balayant large tandis qu'Hillary Clinton concentrait ses déplacements dans des bastions démocrates à ne pas perdre.

Cette course folle à la Maison-Blanche continuait dans son sprint final à offrir son lot de rebondissements et de controverses, dans un suspense redoublé par la remontée dans les sondages du milliardaire.

Le candidat républicain est en position de créer une déflagration mondiale en ayant le dessus sur sa rivale démocrate, qui reste malgré tout en tête des sondages.

Et, 48 heures avant l'issue incertaine, la planète avait déjà ses yeux tournés vers l'Amérique, se demandant si la première puissance mondiale allait se choisir comme dirigeant une femme pour la première fois, ou un tribun populiste qui veut révolutionner le pouvoir à Washington.

Le dernier sondage NBC/Wall Street Journal donne quatre points d'avance à la démocrate (44%/40%) face au républicain au niveau national, mais la moyenne des différents instituts pointe vers un score plus serré.

La télévision CBS estimait elle dimanche que les deux candidats étaient désormais au coude-à-coude dans l'Ohio et la Floride, ce dernier Etat pouvant à lui seul décider de la présidentielle s'il était perdu par Donald Trump.

Nate Silver, grand gourou des analyses électorales américaines, donnait lui dimanche Mme Clinton gagnante à deux contre un.

«Vaut mieux être dans ses souliers que dans ceux de Donald Trump», a-t-il résumé. «Mais sa position n'est pas vraiment très solide».

Ratisser le pays jusqu'au bout

Pour Trump, le défi est clair: remporter une ribambelle des États pivots décisifs pour la victoire, en ralliant notamment les électeurs de l'Amérique rurale, et éventuellement parvenir à renverser en sa faveur un Etat penchant traditionnellement du côté démocrate.

D'où la volonté des candidats de labourer le pays jusqu'au bout, dans un rythme frénétique de réunions publiques séparées par des déplacements chronométrés en avion et convois automobiles rapides.

Au programme de Donald Trump dimanche: l'Iowa, le Minnesota, le Michigan, la Pennsylvanie et la Virginie.

Hillary Clinton se trouvait dimanche matin en Pennsylvanie après une soirée en son soutien animée par la chanteuse Katy Perry.

La démocrate devait ensuite tenir deux rassemblements, dans l'Ohio et le New Hampshire, deux États-clés que Barack Obama avait remportés en 2012, mais qui sont susceptibles de basculer en 2016 du côté de Trump.

Tension accrue

Ni l'homme d'affaires de 70 ans ni l'ex-Première dame de 69 ans ne veulent apparaître usés, même si l'ancienne secrétaire d'État a une cadence moindre.

Et les deux candidats et leurs lieutenants martèlent leur assurance de gagner mardi.

«Nous sommes à trois jours du changement que vous avez attendu toute votre vie», a lancé samedi Donald Trump en Caroline du Nord, en déroulant ses thèmes favoris, notamment qu'une présidence Clinton déboucherait «dès le premier jour sur une catastrophe».

Signe prometteur pour Hillary Clinton, la participation des Américains d'origine hispanique, un électorat favorable à la démocrate et qui a été sans cesse vilipendé par le milliardaire, semble en nette progression par rapport aux élections précédentes, notamment en Floride et dans le Nevada, deux États qui pourraient enterrer les espoirs de Donald Trump de succéder à Barack Obama.

Selon les analyses de politologues et d'une firme spécialisée utilisant des bases de données sur les votants, Catalist, citée par CNN, les Latinos étaient plus de deux fois plus nombreux à avoir déjà voté en Floride à ce stade par rapport à 2012.

Et dans le Nevada, les médias locaux rapportaient de longues files d'attente dans les quartiers hispaniques de Las Vegas.

Mais ces tendances positives pour la démocrate étaient compensées par une baisse constatée de la participation des Noirs par rapport aux élections où Barack Obama était candidat, notamment en Caroline du Nord.

Conséquemment, les Blancs, plus favorables à Donald Trump, étaient en proportion plus nombreux à avoir glissé leur bulletin dans l'urne à ce jour.

C'est l'une des raisons pour laquelle Hillary Clinton a décidé de revenir dimanche à Cleveland, dans l'Ohio, pour la quatrième fois en 17 jours. Avec en invité vedette la star de basketball LeBron James, enfant du pays.

Preuve du climat de tension qui règne à l'issue d'une campagne particulièrement agressive, la brève évacuation de scène de Donald Trump lors d'un rassemblement dans le Nevada samedi soir, motivée par la présence d'un homme supposé menaçant, a suscité une cascade de réactions extrêmes.

Si aucune arme n'a été retrouvée sur les lieux, selon le Secret Service, chargé de la sécurité des candidats, l'un des fils du candidat, Donald Trump Jr, a repoussé un tweet évoquant, sans éléments tangibles, «une tentative d'assassinat».

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