L'Europe face aux revenants de l'EI

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Michel MOUTOT, avec les bureaux de l'AFP
Agence France-Presse
Paris

Confrontées au retour ou au désir de retour de leurs ressortissants partis rejoindre le groupe État islamique (EI), la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne privilégient les approches policière et judiciaire, tout en reconnaissant agir parfois au cas par cas.

Directement, par le biais d'interviews dans les médias, ou indirectement, à travers des appels de leurs familles, des Européens capturés en Syrie ou en Irak après les défaites militaires de l'EI ont récemment demandé à pouvoir retourner dans leurs pays.

«Madame la chancelière, je veux rentrer avec mon enfant, aidez-nous (...) Vous n'avez pas à avoir peur, je ne suis pas une terroriste», a plaidé en allemand dans une vidéo diffusée début octobre par le journal allemand Zeit une femme tenant un bébé dans les bras, identifiée sous le nom de Nadia Ramadan, 31 ans, originaire de Francfort.

Elle a été récemment arrêtée avec ses trois enfants par des miliciens kurdes à Raqa (le fief de l'EI récemment repris par la coalition internationale). Mais Berlin a officiellement refusé de lui porter assistance, et son sort reste incertain.

Selon les services allemands de renseignement, 950 Allemands ont rejoint l'EI depuis 2011, dont environ un tiers sont revenus et 150 ont été tués.

«Nous considérons comme dangereux le retour en Allemagne de ces enfants de djihadistes endoctrinés dans une zone de guerre, ce risque doit être pris en compte» a déclaré le patron du renseignement allemand, Hans-Georg Massen.

«Mauvais côté d'un missile»

En France, où une vingtaine de familles de femmes parties rejoindre le «califat» unilatéralement proclamé ont écrit au président Emmanuel Macron pour lui demander de les rapatrier avec leurs enfants, les autorités affichent une politique de fermeté.

«S'agissant de l'Irak, lorsque des personnes qui se trouvaient sur le territoire irakien et qui sont fait prisonnières, ces personnes seront judiciarisées en Irak», a réaffirmé mardi matin la ministre des Armées, Florence Parly.

«En Syrie (...), si des ressortissants français sont sur ce territoire syrien et entre les mains de différentes autorités, un signalement est fait auprès du CICR» (Comité international de la Croix-Rouge), a-t-elle ajouté. «Pour les personnes qui seraient de retour sur le territoire français, elles savent qu'elles s'exposent à des poursuites judiciaires systématiques.»

Selon le gouvernement français, environ 1700 Français sont allés rejoindre les zones djihadistes irako-syriennes à partir de 2014. Sur ce total, 278 sont morts - chiffre qu'il admet lui-même sous-évalué - et 302 sont revenus en France (244 adultes et 58 mineurs).

Dans leur lettre, les familles de Françaises détenues en Syrie demandent au président Macron de «tout mettre en oeuvre afin de faciliter le retour de ces jeunes femmes avec leurs enfants dans leur pays, où elles devront naturellement rendre compte de leur dérive aux autorités compétentes».

Au Royaume-Uni, où le nombre des personnes revenues est d'environ 425 selon un récent rapport du centre de réflexion Soufan Center, le but des autorités est de «les juger» afin qu'elles soient «en prison pour longtemps», a déclaré la semaine dernière Mark Rowley, le directeur national de la police antiterroriste.

Il a toutefois reconnu qu'il n'était pas toujours possible de réunir devant des juges assez d'éléments prouvant qu'elles avaient commis des crimes et qu'elles constituaient un risque important.

Pour celles-là, «nous envisageons des mesures préventives» a-t-il ajouté, «comme les installer quelque part et mettre en place un système de surveillance».

Au sein du gouvernement britannique, certains préconisent toutefois des méthodes plus radicales.

«Nous devons considérer que ces personnes constituent un sérieux danger», a déclaré le 23 octobre Rory Stewart, le secrétaire d'État chargé du développement international, «et, malheureusement, la seule façon d'y faire face sera, dans presque tous les cas, de les tuer».

Pour le ministre de la Défense Michael Fallon, le fait d'avoir rejoint les rangs de l'EI a fait de vous une «cible légitime» qui risque, «à chaque heure de chaque jour de se retrouver du mauvais côté d'un missile de la Royal Air Force ou des États-Unis».




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