La coalition contre l'EI se défend de tolérer plus de victimes civiles

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Ce bombardement, qui a fait des dizaines de victimes selon des sources locales, vient s'ajouter à d'autres récents bombardements meurtriers, en Syrie notamment.

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Le groupe État islamique

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Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
WASHINGTON

La coalition contre le groupe État islamique a reconnu mardi être «probablement» impliquée dans un bombardement meurtrier à Mossoul (Irak), mais s'est défendue d'avoir sciemment décidé de tolérer plus de victimes civiles pour en finir avec les djihadistes.

La coalition a «probablement joué un rôle» dans la mort de nombreux civils dans un bombardement aérien à Mossoul le 17 mars, a reconnu mardi le général américain Stephen Townsend, qui commande à Bagdad les forces de la coalition anti-EI.

Ce bombardement, qui a fait des dizaines de victimes selon des sources locales, vient s'ajouter à d'autres récents bombardements meurtriers, en Syrie notamment.

Selon l'ONG Airwars, basée à Londres et qui recense les victimes civiles des bombardements, les allégations de victimes civiles de la coalition en Irak et Syrie se sont multipliées pendant le mois de mars, atteignant un niveau «comparable à la pire période des frappes russes» en Syrie.

L'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui avait promis de «bombarder à mort» le groupe État islamique, alimente le soupçon que la nouvelle administration a décidé de donner les coudées franches à ses militaires contre les djihadistes, au besoin en acceptant plus de dommages collatéraux.

Mais le général Townsend a démenti mardi ces accusations, dans une conférence de presse téléphonique depuis Bagdad.

Selon lui, si les militaires américains bénéficient effectivement d'une plus grande marge de décision aujourd'hui, ils n'en ont pas moins gardé la même volonté de limiter au maximum les pertes civiles.

Certes, leurs règles d'engagement pour déclencher des bombardements ont été modifiées ces derniers mois, a-t-il reconnu. Mais «il ne s'agit que d'ajustements relativement mineurs», et «qui ne sont pas réellement liés» par exemple au bombardement du 17 mars, a-t-il affirmé.

«La vérité est que notre attention, notre prudence dans l'application de la force (...), notre niveau d'acceptation de pertes humaines, tout cela n'a pas changé», a-t-il souligné.

«Si des innocents ont été tués» le 17 mars, «il s'agit d'un accident de guerre involontaire», a-t-il déclaré.

«Explosion secondaire»

Pour le général Townsend, la hausse du nombre de victimes civiles en Irak et Syrie est due avant tout à la nature urbaine de combats.

À Mossoul, les combats ont lieu désormais dans la vieille ville, un entrelac de ruelles étroites et densément peuplées qui rend la progression des forces irakiennes extrêmement difficile.

«C'est probablement la bataille urbaine la plus significative depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale», a affirmé le général, affirmant qu'il n'avait rien vu de semblable «en 35 ans de carrière».

La difficulté des combats est aggravée par le fait que le groupe État islamique utilise des boucliers humains et a parsemé la ville de pièges explosifs.

À elle seule, «la munition que nous avons utilisée le 17 mars n'aurait pas dû faire s'effondrer le bâtiment» où se trouvaient les victimes, a ainsi affirmé le général Townsend.

Le général n'a pas exclu qu'il y ait eu «une explosion secondaire» provoquée par un camion bombe du groupe État islamique.

Il n'a pas exclu non plus que des civils aient été sciemment retenus à l'intérieur du bâtiment frappé, ou que le bâtiment ait pu être piégé par les djihadistes.

Pour le général Townsend, le fait que les bombardements de la coalition fassent des victimes civiles ne peut en tout cas justifier un ralentissement du soutien aux forces irakiennes.

«La plus grande partie» des civils tués à Mossoul le sont par la main de l'EI, a-t-il argumenté. «L'EI va continuer de causer des souffrances massives» à la population civile «si les forces irakiennes ne l'emportent pas».

L'ONU et Amnesty International ont appelé mardi à renforcer la protection des civils à Mossoul-Ouest, où plus de 300 d'entre eux ont péri depuis la mi-février selon leurs décomptes.




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