Syrie: 6 membres des forces du régime tués après l'assassinat d'un dignitaire druze

Des analystes ont estimé que l'assassinat de cheikh... (Photo Ariel Schalit, archives AP)

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Des analystes ont estimé que l'assassinat de cheikh Balous visait à intimider les membres de la communauté druze qui voulaient se distancier du pouvoir de Bachar al-Assad.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
BEYROUTH

Au moins six membres des forces de sécurité syriennes ont été tués dans le fief de la minorité druze au sud de la Syrie après l'assassinat vendredi d'un dignitaire hostile au régime, a indiqué samedi une ONG.

Les forces de sécurité syriennes ont démenti avoir été visées par des attaques à Soueida.

Cheikh Wahid al-Balous, qui dirigeait une puissante milice druze, et 27 autres personnes ont été tuées en périphérie de Soueida dans deux attentats à la voiture piégée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les sympathisants de cheikh Wahid al-Balous ont vite accusé le régime du président Bachar al-Assad d'être derrière les attaques.

«Six membres des forces de sécurité du régime ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi lors de manifestations à Soueida», a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Le chef de la police de Soueida, Mohammad Samra, cité par l'agence nationale syrienne Sana, a toutefois démenti que des membres de la sécurité syrienne aient été visées.

«Les informations diffusées par des agences de presse et des télévisions sur des attaques contre des membres de la sécurité à l'intérieur de Soueida ne sont pas exactes».

Il a estimé que ces «mensonges (...) visent à porter atteinte à la résistance des habitants de Soueida».

Cheikh Balous était une personnalité populaire de ce fief de la minorité druze qui représente environ 3% de la population syrienne.

Il dirigeait les cheikhs de la dignité, un groupe qui s'est donné pour mission de protéger les  Druzes dans la province et combattait notamment le groupe radical État islamique (EI) et le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Le cheikh Balous était par ailleurs opposé à ce que les recrues de l'armée syrienne originaires de Soueida soient envoyées combattre hors de la province, qui est sous le contrôle du régime et de milices druzes.

À la nouvelle de sa mort, des manifestants ont jeté des pierres sur la municipalité et des coups de feu ont été entendus devant deux centres des services de sécurité de la ville.

Des manifestants ont également détruit une statue de Hafez al-Assad, père de l'actuel président Bachar qui lui a succédé.

Selon des habitants, le calme était revenu samedi à Soueida, mais la sortie de la ville conduisant à Damas était bloquée par un barrage de l'armée.

À Damas, une source de sécurité a assuré que les manifestations des dernières heures étaient dirigées contre les «terroristes», désignant dans la terminologie du régime tous ceux qui s'opposent au gouvernement.

Les médias officiels syriens ont rapporté les attaques à la bombe sans faire mention de la mort de Cheikh Balous.

Soueida a été largement épargnée par les violences qui ravagent le reste de la Syrie depuis mars 2011.

Quelques jours avant la mort de cheikh Balous, les habitants de Soueida avaient manifesté pour demander plus de services de base au gouvernement, notamment de l'eau et de l'électricité. Le dignitaire avait soutenu ces rassemblements, selon un militant.

Des analystes ont estimé que l'assassinat de cheikh Balous visait à intimider les membres de la communauté druze qui voulaient se distancier du pouvoir de Bachar al-Assad.

«Balous symbolisait un mouvement des Druzes qui veulent rester indépendants par rapport régime», souligne Hassan Hassan, chercheur associé à l'institut britannique Chatham House.

«Le régime a ainsi clairement indiqué que ce mouvement ne pouvait être toléré», ajoute-t-il.

Pour Thomas Pierret, expert de la Syrie à l'Université d'Édimbourg, le régime «a éliminé la voix critique la plus influente au sein de la communauté druze».

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