Irak: l'EI contrôle presque totalement Ramadi

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Des membres des forces de sécurité irakiennes défendent leur quartier général contre l'assaut des djihadistes de l'EI, le 15 mai.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Salam FARAJ
Agence France-Presse
BAGDAD

Le groupe armé État islamique (EI) semblait en passe de s'emparer de la totalité de Ramadi, la capitale de la province clé d'Al-Anbar, après avoir pris vendredi le QG gouvernemental, une conquête qui constituerait sa plus importante victoire depuis le début de l'année en Irak.

Si l'EI parvenait à prendre totalement Ramadi, il contrôlerait les capitales de deux des plus grandes provinces d'Irak. Mossoul, la capitale de la province de Ninive (nord), voisine d'Al-Anbar (ouest), est aux mains des djihadistes depuis juin 2014.

Une chute de Ramadi serait également un revers majeur pour le gouvernement du premier ministre Haider Al-Abadi qui avait promis que la reconquête d'Al-Anbar serait l'objectif de ses forces après la reprise de Tikrit aux djihadistes en mars dernier.

Reprenant l'initiative sur le terrain, le groupe ultra-radical sunnite a lancé jeudi une offensive sur plusieurs fronts à Al-Anbar, y compris un assaut avec des attentats-suicides à Ramadi, située à 100 km de Bagdad.

Ses combattants ont pris vers 11 h GMT (7 h, heure de Montréal) le complexe gouvernemental à Ramadi et «hissé leur drapeau noir sur le QG provincial de la police», a indiqué à l'AFP un haut responsable de la police.

L'EI contrôle désormais quasi totalement Ramadi. Majoritairement sunnite, la province d'Al-Anbar, en grande partie contrôlée par l'EI, s'étend des frontières syriennes, jordaniennes et saoudiennes jusqu'aux portes de Bagdad.

Les djihadistes y avaient pris pied dès janvier 2014 avant même le début de leur offensive fulgurante en juin de la même année qui leur a permis de prendre de larges pans du territoire irakien.

Dans un communiqué, l'EI a affirmé que ses combattants avaient «pris d'assaut le complexe, tué les renégats et fait exploser les bâtiments du gouvernorat d'Al-Anbar et du QG de la police safavide», avant de s'en emparer.

«Safavide» est un terme péjoratif utilisé par l'EI qui sous-entend un lien entre les forces armées irakiennes et celles de l'Iran chiite. Par «renégats», le groupe désigne les combattants des tribus sunnites alliées au gouvernement. L'Irak est à majorité chiite.



Fuite des familles

Un chef tribal a aussi confirmé la chute du complexe. «DAECH (un acronyme en arabe de l'EI) est parvenu à prendre le Conseil provincial et y a fait flotter son drapeau», a déclaré à l'AFP cheikh Hekmat Souleimane. «Les seules forces (gouvernementales) qui continuent à se battre sont confinées dans de petites poches à Ramadi et n'ont plus aucun poste de commandement».

Azal Obeid al-Fahdawi, membre du Conseil provincial, a affirmé qu'un grand nombre de civils fuyaient le centre-ville.

«Les familles tentent de fuir à pied, laissant leur voiture et leur maison derrière, mais la plupart des secteurs sont sous contrôle de l'EI à Ramadi», a dit un leader tribal, cheikh Jabbar Adjadj al-Assafi.

Dans son bulletin radiophonique quotidien, l'EI a affirmé avoir lancé une série d'attaques contre l'armée à Al-Anbar dont l'une à l'est de Ramadi menée «par un kamikaze britannique» identifié comme Abou Moussa al-Britani.

«Un autre véhicule conduit par notre frère martyr Abou Khobayb al-Chami a été lancé sur un poste de police à Ramadi, suivi d'un assaut», a ajouté l'EI. Il a aussi affirmé avoir tué 13 soldats près de Ramadi et exécuté 14 combattants tribaux sunnites progouvernementaux après la prise du quartier Jamiya dans le centre-ville.

Des sources de sécurité irakiennes ont en outre confirmé la prise par les djihadistes de la localité de Joubbah, située à 180 km au nord-ouest de Bagdad et près de la large base aérienne d'Al-Assad où des centaines de conseillers militaires américains sont stationnés.

L'EI a aussi lancé plusieurs attaques à l'est de Fallouja, à quelques kilomètres des frontières du gouvernorat de Bagdad.

L'offensive a été lancée le même jour de la diffusion pour la première fois depuis six mois, d'un enregistrement audio du chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi qui a particulièrement salué ses combattants à Al-Anbar.

Le 9 juin prochain marque le 1er anniversaire de l'offensive des djihadistes qui avaient pris en 24 heures notamment Mossoul, deuxième ville du pays, face à une armée en déroute qui a dans les mois suivants repris un peu de terrain.

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