Le procès Pistorius reprend pour fixer la peine

Au premier matin de la reprise des audiences,... (PHOTO MUJAHID SAFODIEN, AFP)

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Au premier matin de la reprise des audiences, destinées cette fois à déterminer la peine, la parole était aux témoins de la défense d'Oscar Pistorius, reconnu coupable d'homicide involontaire pour avoir abattu sa petite amie Reeva Steenkamp de quatre balles en février 2013.

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L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Stéphanie FINDLAY
Agence France-Presse
PRETORIA, Afrique du Sud

La défense d'Oscar Pistorius, qui cherche à atténuer sa peine, a fait comparaître lundi un responsable pénitentiaire qui a provoqué la fureur du parquet en suggérant d'infliger à Pistorius un travail d'intérêt général.

Juste avant, la comparution de la psychologue qui a suivi Pistorius après le drame avait préparé le terrain: «Nous sommes face à un homme brisé, qui a tout perdu [...] et éprouve de sincères remords», avait expliqué Lore Hartzenberg.

L'intervention de Joel Malenga, un travailleur social attaché aux services pénitentiaires sud-africains, a mis en émoi la salle du tribunal de Pretoria, où Pistorius a été reconnu coupable le 12 septembre «d'homicide involontaire», pour avoir tué sa petite amie Reeva Steenkamp de quatre balles en 2013.

Sur la base d'un rapport établi par ses services, M. Malenga a suggéré que Pistorius soit condamné à un travail d'intérêt général de 16 heures par mois, sous le régime des arrêts domiciliaires pendant trois ans.

«L'accusé bénéficiera d'une surveillance correctionnelle, et aura la possibilité de se restructurer et de modifier son comportement», a précisé M. Joel Maringa, dont les services ont en partie pour but de désengorger les prisons sud-africaines surpeuplées. Il a suggéré notamment que Pistorius fasse du nettoyage dans un musée de Pretoria.

Les bras au ciel, le procureur Gerrie Nel a explosé, traitant cette proposition d'«inappropriée et choquante!»

Le père de Reeva Steenkamp, Barry, s'est pris la tête entre les mains pendant que M. Maringa s'exprimait, alors que les proches autour de lui hochaient la tête en signe d'incompréhension et de désapprobation.

Dans son contre-interrogatoire, M. Nel a demandé à M. Maringa s'il avait bien conscience de la gravité des faits jugés: la mort d'une jeune femme abattue de quatre balles tirées au jugé à travers la porte de toilettes.

«Brisé, mais bien vivant!»

Pistorius a toujours affirmé avoir tiré par erreur, croyant faire feu sur un cambrioleur. La juge a accepté sa version et n'a pas retenu l'accusation de meurtre, se contentant d'un verdict d'homicide involontaire qui a suscité nombre de commentaires critiques.

La psychologue citée à la barre a décrit les séances de thérapie au cours desquelles Pistorius s'est montré incapable de parler, se contentant de pleurer et de s'effondrer. Selon elle, le jeune homme de 27 ans «a perdu sa réputation morale et professionnelle, il a perdu des amis, il a perdu sa carrière et par conséquent la possibilité de gagner sa vie et son indépendance financière».

«Sur le plan émotionnel, sa perception de lui-même, de sa valeur et de son identité a été gravement atteinte, au point qu'il est peu probable qu'il puisse récupérer complètement des conséquences» de la tragédie, a-t-elle ajouté.

Le redoutable procureur Gerrie Nel a évidemment contre-attaqué en pointant la douleur de la famille Steenkamp, brisée elle aussi. «Nous avons affaire à un homme brisé, mais lui est bien vivant», a-t-il lancé.

La défense a aussi fait citer le gérant de Pistorius, Pete Van Zyl, qui a énuméré les nombreuses oeuvres de charité auxquelles Pistorius consacrait du temps avant le drame et fait le portrait d'un athlète au grand coeur qui «redonnait espoir, et même plus, donnait des conseils».

Dans la semaine, le procureur pourra lui aussi faire comparaître des témoins, ou les proches de la victime, pour appuyer sa requête d'une peine plus dure. Dans le cas d'un homicide involontaire, la peine peut aller d'une simple amende à plusieurs années de prison ferme, à la discrétion du juge.

Vedette du handisport mondial avant son arrestation, Pistorius a passé en tout et pour tout huit jours en détention au commissariat à Pretoria après le drame du 14 février 2013. Il est en liberté sous caution depuis.

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