Victime de «200 viols» d'un prêtre pédophile, un Suisse témoigne

Il a subi environ «200 viols» commis par un prêtre qui a fait, selon lui, «plus... (PHOTO SÉBASTIEN BOZON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Église catholique et abus sexuels
Église catholique et abus sexuels

L'Église catholique est dans la tourmente: consultez notre dossier complet sur les scandales d'abus sexuels qui éclaboussent le clergé. »

Agence France-Presse
Paris

Il a subi environ «200 viols» commis par un prêtre qui a fait, selon lui, «plus de 100» autres victimes: le catholique suisse Daniel Pittet témoigne de son combat contre les abus sexuels dans un livre à paraître jeudi dans les pays francophones.

Daniel Pittet, 57 ans, qui vit dans le canton suisse de Fribourg, a rencontré le pape François en 2015. Le souverain pontife a accepté de préfacer son ouvrage, «Mon Père, je vous pardonne» (éditions Philippe Rey), en notant que «des témoignages comme le sien» font «la lumière sur une terrible obscurité dans la vie de l'Église», touchée par des scandales pédophiles de la France à l'Australie.

Cet ancien moine a attendu près de 20 ans avant de se confier à la justice ecclésiastique, après avoir appris que Joël Allaz, frère capucin suisse, avait fait au moins une autre victime. Le prêtre a été prestement déplacé en France, dans le diocèse de Grenoble (sud-est), où il a été nommé en 1989 dans une paroisse couvrant quatre communes.

En 2003, à la suite de nouveaux soupçons, le père Allaz est transféré à la fraternité des capucins de Bron, près de Lyon (centre-est), sans ministère pastoral.

Mais il faudra attendre de nouvelles révélations pour qu'une enquête de police soit diligentée: elle fera état en 2008 de 24 victimes d'abus sexuels - des crimes pour la plupart prescrits - commis entre 1958 et 1995, en Suisse et en France. Joël Allaz écopera de deux ans de prison avec sursis en décembre 2011.

Daniel Pittet a été reconnu victime et indemnisé par son diocèse de Fribourg et l'ordre des frères mineurs capucins. Mais une enquête de la justice ecclésiastique, ouverte en 2002 à Grenoble, a été refermée l'année suivante «pour manque de preuves».

«Jamais réduit à l'état laïc», déplore Daniel Pittet, le frère capucin, 76 ans, vit encore aujourd'hui en communauté, en Suisse. «Il peut quand même sortir de son couvent...», s'alarme sa victime, convaincue qu'«un pédophile pervers le reste toute sa vie».




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