En Syrie, Moscou vante son rôle crucial dans la lutte antidjihadiste

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En plein désert syrien, le chef d'état-major des troupes russes en Syrie, le général Alexander Lapine montre avec fierté les ruines d'un atelier qui était utilisé par les djihadistes pour fabriquer une arme inédite: des «tanks suicide».

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Le groupe État islamique

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Maria ANTONOVA
Agence France-Presse
OQAYRBAT

Au moment où les djihadistes défendent leurs derniers fiefs en Syrie, un commandant russe se tenant près d'un char pulvérisé loue le rôle déterminant de son pays dans la fin annoncée du groupe État islamique (EI).

L'organisation responsable d'atrocités en Syrie et en Irak et d'attentats en Europe perd du terrain à Deir Ezzor, la dernière province qu'elle tient en Syrie.

Mais pour Moscou, ce succès aurait été impensable sans sa puissance de feu et ses armes sophistiquées, entrées en action depuis deux ans.

En plein désert syrien, le chef d'état-major des troupes russes en Syrie, le général Alexander Lapine montre avec fierté les ruines d'un atelier qui était utilisé par les djihadistes pour fabriquer une arme inédite: des «tanks suicide».

Il désigne un ancien char de combat soviétique qui a été bourré par les djihadistes de mines antichars et de TNT pour le transformer en arme mortelle, utilisée dans l'attaque comme dans la défense.

Ironiquement, le véhicule a été réduit en carcasse par une bombe russe.

Chars réduits en morceaux

L'EI a «eu recours à de nouvelles méthodes de guerre ici mais l'aviation russe a utilisé une grande puissance de feu» pour les neutraliser, explique le général Lapine lors d'une tournée médiatique dans la localité d'Oqayrbat (centre).

«Seule l'aviation russe était capable de détruire» ces chars, assure-t-il.

Ainsi, les chars minés qui pouvaient opérer des destructions sur un rayon de 300 mètres étaient détruits par notamment des bombes russes à fragmentation OFAB-500, qui les ont réduits en petits morceaux, précise-t-il.

Moscou a trouvé trois ateliers comme celui de Oqayrbat et soupçonne qu'un autre soit toujours opérationnel à Al-Mayadine, un bastion de l'EI près de la frontière irakienne.

«Nous le trouverons et le détruirons», a assuré le général Lapine.

Le général relève le rôle majeur des avions de reconnaissance russes pour localiser les ateliers, sans compter le labyrinthe de tunnels creusés par l'EI.

«Il y avait un réseau de tunnels d'une longueur de 100 à 700 mètres qui étaient reliés par des passages et qui leur permettaient de transporter leurs provisions d'un endroit à un autre», explique encore le général Lapine.

Deux ans après avoir lancé sa campagne militaire pour voler au secours du régime syrien -- alors en difficulté face aux rebelles et djihadistes --Moscou voit la campagne menée actuelle à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, comme l'aboutissement de son implication militaire.

Ce discours est d'autant plus important pour les Russes qu'une offensive séparée menée par des combattants aidés des États-Unis contre les mêmes djihadistes est en cours également à Deir Ezzor et à Raqa, plus au nord.

L'armée syrienne a retrouvé sa capacité de mener des offensives grâce au «rôle primordial» de la Russie, affirme à l'AFP Alexander Golts, analyste militaire basé à Moscou.

«La Russie joue un rôle prépondérant en Syrie (...) soudain après six ans de guerre, la puissance militaire de l'armée syrienne est meilleure depuis six mois», ajoute-t-il.

D'après lui, penser que l'armée du régime aurait pu mener ces avancées et ces opérations commandos jusqu'à parvenir au fleuve de l'Euphrate, près de Deir Ezzor, sans l'aide russe, «relève de la fantaisie».

Gagner «n'importe où»

Un porte-parole de l'armée russe, Igor Konashenkov, souligne que son pays «a mené un travail considérable». «L'armée syrienne est devenue professionnelle et cela ne se fait pas tout seul», fait-il remarquer.

Jeff White, analyste auprès Washington institute for Near East policy, estime également que «les Russes fournissent au niveau tactique la capacité de gagner sur n'importe quel champ de bataille».

À Oqayrbat et ses environs, la bataille a été rude en raison de la nature désertique de la région, mais au final, la puissance de feu russe a eu raison de la résistance des djihadistes.

Outre ses frappes aériennes et ses avions de reconnaissance, la Russie a envoyé en Syrie plus de 2000 conseillers militaires sur le terrain, des forces spéciales, des mercenaires, des systèmes d'armement comme le lance-roquette multiple TOS-1 et quelque deux millions de tonnes de provisions militaires, d'après Pavel Felgenhauer, observateur militaire au journal Novaya Gazeta.

«L'objectif stratégique général est la réaffirmation que la Russie est un acteur majeur dans la région et dans le monde», selon M. White «On ne peut pas nous arrêter», assure le général Lapine.




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