Washington nie toute tension avec l'Arabie saoudite sur la Syrie

Le secrétaire d'État John Kerry et l'influent vice-prince... (PHOTO AFP)

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Le secrétaire d'État John Kerry et l'influent vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane se sont rencontrés lundi à Washington.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
Washington

La diplomatie américaine a nié mardi toute tension avec l'Arabie saoudite à propos de la manière dont les États-Unis gèrent la guerre en Syrie, pourtant source de frictions entre les deux alliés.

Le département d'État était une nouvelle fois interrogé mardi sur les relations stratégiques entre Washington et Riyad au lendemain d'un dîner, pour la rupture du jeûne du ramadan, entre le secrétaire d'État John Kerry et l'influent vice-prince héritier Mohammed ben Salmane.

Ce trentenaire, fils du roi Salmane et puissant ministre de la Défense, a été reçu lundi soir par M. Kerry, à son domicile de Washington, pour discuter officiellement des turbulences au Moyen-Orient et de la lutte internationale contre l'islamisme radical, selon le département d'État.

Cette visite princière aux États-Unis se déroule dans un contexte de tensions entre alliés. Les relations se sont nettement tendues entre l'administration du président Barack Obama et la grande monarchie pétrolière, en particulier sur le dossier syrien pour lequel Washington a refusé une intervention militaire d'envergure.

Le sort à réserver au président Bachar al-Assad est également sujet à polémique: Riyad veut que le chef de l'État s'en aille, Washington a mis peu à peu de l'eau dans son vin en se rapprochant de la position de Moscou, allié de Damas.

L'Arabie saoudite sunnite n'a pas non plus digéré l'amorce de dégel historique entre l'Amérique et l'Iran, le rival régional chiite.

«Si vous me demandez s'il y a un grand fossé philosophique entre les Saoudiens et les États-Unis sur la manière d'avancer sur le terrain en Syrie, la réponse est non», a répondu, agacé, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, John Kirby, lors de son point presse. Les deux dirigeants «ont passé en revue la relation forte et durable entre les États-Unis et l'Arabie saoudite et ont discuté d'un large éventail de sujets tels que le Yémen, la Syrie, la Libye et l'antiterrorisme», a-t-il souligné.

John Kirby a fait valoir que sans l'appui de l'Arabie saoudite, membre fondateur de la coalition militaire contre l'État islamique, il n'y aurait jamais eu de Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), le rassemblement d'une vingtaine de pays qui cherchent une solution diplomatique au conflit syrien.

John Kerry et le prince Mohammed ont également évoqué la tuerie d'Orlando et «ont exprimé leur engagement commun à poursuivre leur coopération dans le combat contre la propagation de l'extrémisme violent, au niveau régional et international», a rendu compte le département d'État.

L'administration américaine est très réticente à employer l'expression «islamisme radical» et préfère parler d'«extrémisme violent».

«En quoi utiliser cette formule permettrait d'obtenir des résultats», s'est défendu mardi Barack Obama attaqué par le républicain Donald Trump qui lui reproche de refuser de dire «islam radical».

L'influence de Riyad se fait sentir dans la campagne présidentielle américaine: le directeur de la CIA John Brennan a écarté il y a quelques jours toute responsabilité de l'Arabie saoudite dans le 11-Septembre 2001, attentats d'Al-Qaïda et dont 15 des 19 auteurs étaient Saoudiens. En revanche, la candidate démocrate Hillary Clinton a dénoncé lundi le rôle de l'Arabie saoudite, du Qatar et du Koweït dans le financement mondial de l'idéologie extrémiste islamiste.

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