Visite surprise du président Assad à Moscou

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Le président Poutine (à droite) a reçu au Kremlin son homologue et allié syrien Bachar al-Assad, le 20 octobre à Moscou.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Thibault MARCHAND
Agence France-Presse
MOSCOU

La Russie a pris l'initiative sur le conflit en Syrie en annonçant coup sur coup mercredi avoir reçu son allié Bachar al-Assad pour sa première sortie du pays depuis 2011 et une réunion quadripartite incluant les États-Unis vendredi.

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Les présidents Assad (à gauche) et Poutine.

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Parallèlement à son engagement militaire au côté du régime Assad face aux rebelles en Syrie, Moscou a affirmé qu'un «processus politique» devait succéder aux opérations militaires dans le pays meurtri par plus de quatre ans de guerre dévastatrice.

Au lendemain de la visite mardi de M. Assad à Moscou, le président russe Vladimir Poutine a en outre contacté les principaux dirigeants de la région, dont le roi saoudien et le président turc, tous deux hostiles au maintien du président syrien au pouvoir.

Le séjour de M. Assad, qui a été annoncé une fois ce dernier rentré à Damas, est intervenu alors que la campagne de l'aviation russe entrait dans sa quatrième semaine avec de nouveaux raids, dont l'un a touché un hôpital de campagne dans la province d'Idleb (nord-ouest) faisant 13 morts mardi selon une ONG.

Souriant, le président syrien a remercié M. Poutine pour l'intervention de son aviation le 30 septembre en Syrie. «Le terrorisme qui s'est répandu dans la région aurait gagné encore plus de terrain s'il n'y avait pas eu vos actions (militaires) et votre décision».

A Vladimir Poutine qui assurait que la Russie est prête «à faire tout (son) possible non seulement dans la lutte antiterroriste, mais aussi dans le processus politique», M. Assad a répondu que «tout acte militaire doit être suivi par des mesures politiques».

Pour le dirigeant russe, un règlement politique n'est possible qu'«avec la participation de toutes les forces politiques, ethniques et religieuses» du pays, et le dernier mot doit «revenir au peuple syrien».

L'Iran absent 

La rencontre Poutine-Assad sonne comme un rappel; Moscou est plus déterminé que jamais à soutenir son allié et le Kremlin a affirmé que la question d'un éventuel départ du pouvoir de M. Assad n'avait pas été évoquée.



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Le président Bachar al-Assad.

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Le président Vladimir Poutine.

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Elle risque surtout de faire grincer des dents parmi les détracteurs de M. Assad, notamment en Occident et en Turquie où l'appui militaire russe et politique au régime syrien n'a cessé d'être dénoncé.

D'ailleurs Ankara a répété qu'une éventuelle transition politique devait nécessairement être une «formule qui garantisse le départ» de M. Assad.

Et le président français François Hollande a affirmé que «rien ne doit être fait pour conforter Bachar al-Assad». «Je veux croire que le président Poutine a convaincu Assad d'engager au plus tôt la transition politique et de quitter la place le plus rapidement possible».

Ces divergences seront sans doute étalées à la réunion vendredi à Vienne des chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, américain John Kerry, saoudien Adel al-Jubeir et turc Feridun Sinirlioglu, ces trois derniers réclamant un départ de M. Assad.

L'Iran, un allié du président syrien mais qui ne participe pas à la réunion de Vienne, a affirmé par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian, qu'il «ne travaille pas à maintenir Assad au pouvoir pour toujours», mais que le rôle de ce dernier «sera important» dans tout processus politique.

Accord syro-américain

M. Poutine, qui avait évoqué le risque de voir les «terroristes» venir en Russie pour justifier les raids en Syrie, a répété son inquiétude de voir «au moins 4000 combattants issus des ex-républiques soviétiques se battre contre les troupes syriennes».

Les groupes djihadistes en Syrie, principalement l'organisation État islamique (EI) et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, comptent des milliers de combattants étrangers.

Sur le terrain, l'aviation russe a continué de frapper les groupes «terroristes» dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), d'Alep (nord), de Deir Ezzor (est), de Damas et de Hama (centre), pour couvrir des offensives de l'armée qui ne parvient pas à prendre le dessus sur les rebelles.

Selon l'ONU, des dizaines de milliers de personnes ont été poussées à l'exode notamment à Alep face à ces offensives menées avec aussi l'appui au sol des combattants iraniens et du Hezbollah libanais.

Depuis mars 2011, le conflit déclenché par la répression de manifestations réclamant des réformes a tué plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions de Syriens.

L'intervention russe l'a rendu plus complexe car si Moscou affirme frapper les «groupes terroristes» dont l'EI, les Occidentaux et leurs alliés l'accusent de viser quasi exclusivement des provinces où le régime mène des offensives contre l'opposition considérée comme modérée, et où l'EI n'est pas présent.

De plus, une coalition internationale dirigée par les États-Unis mène depuis plus d'un an des frappes contre l'EI, mais Moscou et Washington ont signé un protocole d'accord pour éviter tout incident entre leurs avions opérant séparément dans le ciel syrien.

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