Hollande veut renforcer la sécurité en piochant à droite et au FN

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Le porte-voix du Parti de gauche dénonce la «sidérante contribution à l'imaginaire sécuritaire» faite par le président Hollande.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats du 13 novembre à Paris. »

Charlotte HILL, Anne Pascale REBOUL
Agence France-Presse
Versailles

François Hollande a annoncé lundi devant le Congrès vouloir renforcer la sécurité des Français en reprenant plusieurs propositions formulées de longue date par Les Républicains et le FN, qui ont eu du mal à s'en féliciter.

Trois jours après les attentats les plus meurtriers qu'ait connus la France, le président a fait plusieurs propositions pour «éradiquer le terrorisme».

Sur le plan intérieur tout d'abord: prorogation de l'état d'urgence à trois mois, déchéance de nationalité élargie aux binationaux «nés Français», 5000 emplois supplémentaires dans la police et la gendarmerie, 2500 dans la justice et 1000 dans les douanes, suspension des réductions d'effectifs dans les armées, expulsion plus rapide des étrangers présentant une menace.

Lundi soir, une source gouvernementale a en outre indiqué à l'AFP que l'exécutif voulait que les Français revenant de Syrie soient soumis à «un visa de retour» et puissent se voir imposer «des conditions de surveillance draconiennes à leur retour», comme une «assignation à résidence».

Sur le plan extérieur, le président a préconisé une coalition élargie à la Russie contre le groupe État islamique (EI), qui a revendiqué les attentats.

À droite et à l'extrême droite, plusieurs y ont vu des mesures-maison, comme l'ex-premier ministre François Fillon, qui a déploré «le temps perdu» et rappelé que ces mesures de sécurité «étaient presque toutes comprises dans les amendements de la droite républicaine» sur le texte contre le terrorisme, qui avaient été «repoussés».

«Hollande fait son marché dans nos propositions», a confirmé à l'AFP le député LR de Paris Pierre Lellouche.

Laurent Wauquiez, numéro trois de LR, y voit aussi quelques mesures de «bon sens», tandis que le député-maire de Nice Christian Estrosi s'est «réjoui de voir François Hollande reprendre des propositions qu'il jugeait mauvaises il y a six mois». Tous ont toutefois demandé des «actes».

Au FN, de nombreux cadres intermédiaires étaient enthousiastes pendant le discours du président, l'un saluant sur Twitter «des mesures de bon sens», l'autre une reprise des «solutions» frontistes, un troisième une «victoire totale» pour le parti.

«Une droite super embêtée»

Mais pas question pour les ténors frontistes d'adresser un satisfecit aussi net à Hollande. Marine Le Pen tout comme Florian Philippot ont noté de «bonnes inflexions» (Russie, «la déchéance de nationalité») mais «ternies par d'autres lacunes énormes» (frontières, le «combat contre l'islamisme»...)

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Marine Le Pen et Florian Philippot.

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Pour Louis Aliot, vice-président du FN, c'est un «discours canada-dry». «Hollande a été malin», résume néanmoins un haut dirigeant du parti: «Il a été rassembleur. Le plus gênant, c'est pour la droite (...). Il renvoie Sarkozy à son bilan» et ses baisses d'effectifs des forces de l'ordre.

Le patron des Républicains réservera son avis à son équipe rapprochée, qu'il réunit mardi matin, puis aux députés LR à l'Assemblée. A l'issue du bureau politique du parti dans la soirée, il y aura une déclaration commune. Alain Juppé doit lui s'exprimer mardi matin à la radio.

Le président du MoDem François Bayrou, lui, n'a pas hésité: en «reprenant la plupart des propositions» des responsables politiques du pays», Hollande «a été à la hauteur». Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde s'est aussi satisfait de voir des propositions formulées «depuis janvier» comme la hausse de moyens policiers de gendarmes et de magistrats.

Pour le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, s'approprier des préconisations de la droite était «nécessaire pour montrer la cohésion nationale».

Un de ses proches pronostiquait une «droite super embêtée» voire même «piégée» sur la révision de la Constitution proposée par le chef de l'État, qui nécessite un vote définitif à la majorité des 3/5e du Parlement réuni en Congrès (ou une approbation par référendum).

Le président des députés LR Christian Jacob a immédiatement rejeté cette option, comme Eric Woerth qui a trouvé la réponse au terrorisme «très juridique». Le FN semblait partagé: M. Philippot voulait «voir ce qu'il y a exactement à l'intérieur», Marion Maréchal-Le Pen «n'en comprenant pas vraiment la nécessité et le contenu.»

Pour Jean-Luc Mélenchon, M. Hollande a fait lundi un pas vers la droite: le porte-voix du Parti de gauche a en effet dénoncé la «sidérante contribution à l'imaginaire sécuritaire» faite par le président.

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