Des centaines de migrants exaspérés font incursion en Macédoine

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Cette action de masse est la première à la frontière entre la Grèce et la Macédoine depuis une tentative de passage forcé à Idomeni le 29 février.

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Crise migratoire

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Vassilis KYRIAKOULIS, Will VASSILOPOULOS
Agence France-Presse
Chamilo

Plusieurs centaines de migrants, exaspérés par les conditions de vie au camp d'Idomeni en Grèce, ont réussi lundi à franchir la frontière avec la Macédoine, close depuis une semaine, en traversant une rivière en crue, avant d'être arrêtés.

La colonne a serpenté à travers champs et collines pendant des heures l'après-midi, un peu à l'ouest d'Idomeni, avant de franchir une rivière grossie par les pluies des derniers jours, de l'eau jusqu'aux cuisses, portant des bagages, les enfants sur les épaules des parents, beaucoup pleurant de fatigue.

Mais, au bout d'un chemin vicinal, dans le village de Moin, les migrants, qui étaient parvenus à trouver la fin de la clôture de barbelés érigée par les Macédoniens (600 à 700 selon les autorités macédoniennes), ont été encerclés par l'armée macédonienne.

Dans la soirée, une source policière macédonienne a indiqué que «l'armée et la police macédoniennes avaient commencé à les renvoyer» sans préciser selon quelles modalités.

Le porte-parole du président macédonien Gjorge Ivanov, Ivica Bocevski, a évoqué «une tentative de franchissement illégal massif», ajoutant que la Macédoine «n'autoriserait pas la réouverture de la route des Balkans». «Elle est fermée», a-t-il souligné.

La ministre de l'Intérieur autrichienne, Johanna Mikl-Leitner, dont le pays a été l'un des plus vigoureux à réclamer la restriction du passage de migrants par la route des Balkans, a félicité Skopje lundi soir.

«La Macédoine (qui n'est pas membre de l'UE, ndlr) a jusqu'à présent fait davantage pour la stabilité de l'Europe que certains pays de l'UE», a-t-elle déclaré à l'agence autrichienne APA.

Des dizaines - 80 selon les autorités macédoniennes - de journalistes et activistes qui accompagnaient les migrants, dont un vidéaste de l'AFP, ont été conduits par ailleurs à la police, et beaucoup s'y trouvaient encore vers 17h00, les autres ayant pu regagner la Grèce.

Toni Angelovski, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a expliqué à l'AFP ces délais en affirmant que des militants et même des migrants tentaient de «se faire passer pour des journalistes», ce qui oblige à «un examen individuel».

L'amende était fixée à 500 euros (740 $), ou la moitié si elle était payée sur le champ.

Cette action de masse est la première à cette frontière depuis une tentative de passage forcé à Idomeni le 29 février, au cours de laquelle les forces de l'ordre macédoniennes avaient fait usage de gaz lacrymogène contre 300 personnes, dont des enfants.

«Plus rien à perdre» 

Elle témoigne de l'exaspération croissante d'une foule évaluée à au moins 12 000 personnes lundi, qui se retrouve coincée dans la boue sous une pluie incessante.

Rouzkar, 28 ans, un Syrien de Kobané, a pris part à la tentative de lundi. «Nous espérons passer, nous n'avons plus rien à perdre désormais», a-t-il confié à l'AFP.

La frontière est tolement bloquée depuis que la Slovénie, en aval, a annoncé la semaine dernière qu'elle ne laisserait plus transiter de migrants.

Ce pays a indiqué lundi aussi qu'il allait progressivement remplacer les barbelés provisoires de sa frontière croate par une clôture en grillage.

La chancelière allemande Angela Merkel, dont le parti a été sanctionné dimanche aux élections régionales pour sa politique d'accueil des migrants, avait critiqué la semaine dernière la fermeture des frontières.

Elle a reconnu lundi que l'Allemagne «profite» de cette situation, tout en soulignant que celle-ci ne peut être «durable». Elle a indiqué miser toujours sur les négociations en cours entre l'UE et la Turquie, avant un sommet crucial jeudi et vendredi.

Le portail d'actualité macédonien MKD a accusé lundi «les ONG grecques d'avoir organisé des traversées illégales de migrants, de les avoir aidés à entrer en Macédoine, tandis que la police grecque regardait sans rien faire».

Giorgos Kyritsis, le porte-parole de l'organe de coordination de la politique migratoire en Grèce a au contraire qualifié lundi soir, à l'issue d'une réunion ministérielle, de «voyous» ceux qui incitent les migrants à se lancer au péril de leur vie dans des opérations comme celle de lundi, assurant détenir des preuves que ce mouvement était en effet organisé.

Lundi matin, trois Afghans se sont noyés dans la même rivière que celle massivement traversée dans l'après-midi.

M. Kyritsis a incité les migrants à choisir d'aller plutôt dans les camps proposés par la Grèce, pour échapper à une situation «sans issue» à Idomeni.

Athènes dénombrait lundi plus de 44 500 personnes dans ses centres. Par ailleurs, huit personnes étaient portées disparues après le naufrage de leur canot au large de l'île de Kos.

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