Sommet européen sur la crise migratoire

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Submergée par l'arrivée de plus de 35 000 réfugiés en six jours, la Croatie a fermé sa frontière avec la Serbie.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis le début de l'année plus de 350 000 personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» du groupe armé État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Mais cette crise n'est pas exclusive à l'Europe, l'Asie du Sud-Est aux prises avec un trafic de migrants aussi tentaculaire que meurtrier connaît également cette triste réalité. »

Cedric SIMON, Alix RIJCKAERT
Agence France-Presse
BRUXELLES

Les dirigeants européens se retrouvent mercredi à Bruxelles pour s'attaquer aux racines de la crise des migrants au lendemain d'un accord acquis aux forceps sur une répartition de 120 000 réfugiés, au prix d'une fracture avec plusieurs pays de l'Est.

La conclusion de cet accord est un soulagement pour les chefs d'État et de gouvernement qui se réuniront en sommet pour décider d'autres mesures, au moins aussi urgentes, afin d'endiguer le flux de demandeurs d'asile.

L'UE semble décidée à dégager une aide financière plus importante pour les pays frontaliers de la Syrie (Turquie, Jordanie, Liban) qui hébergent près de quatre millions de réfugiés.

En aidant ces pays, et les agences onusiennes qui y aident les réfugiés, l'UE espère contenir le flux de demandeurs d'asile vers l'Europe.

«Nous avons réussi à trouver cet accord», s'est félicité le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn, maître d'oeuvre des négociations, tout en regrettant de n'être pas parvenu à un consensus.

Même si la «relocalisation» de 120 000 réfugiés a été votée par une large majorité des ministres de l'Intérieur, après seulement trois heures de tractations, la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et la Slovaquie ont jusqu'au bout campé sur un refus catégorique.

«Le bon sens a perdu aujourd'hui!», s'est désolé le ministre tchèque de l'Intérieur Milan Chovanec sur Twitter.

Plusieurs pays, la France en tête, auraient préféré ne pas devoir procéder à un vote, privilégiant l'unanimité. Mais, même s'ils ont réussi à convaincre la Pologne de rejoindre leur camp, leurs efforts sont restés vains face aux quatre nations réfractaires à toute idée de quotas contraignants.

Les divisions internes «affaiblissent grandement notre crédibilité» vis-à-vis du reste du monde, a prévenu la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini dans un entretien publié mercredi par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Une répartition «volontaire» 

Les négociateurs ont pourtant fait assaut de précautions sémantiques en sortant du texte final toute mention de «clé de répartition» obligatoire des réfugiés, avancée par la Commission européenne.

«Les chiffres adoptés (mardi) par les États membres le sont sur une base volontaire», a insisté M. Asselborn.

Mais, juridiquement, les États qui ont voté contre le mécanisme de répartition devront accepter leur contingent de réfugiés précisé dans ce texte. «Je n'ai aucun doute qu'ils mettront en oeuvre (la décision) pleinement», a affirmé le ministre luxembourgeois.

Toutefois, à Bratislava, le premier ministre slovaque Robert Fico a aussitôt fustigé le «diktat» de l'UE, disant préférer «transgresser les règles européennes» que d'accepter des quotas.

Autre modification apportée au plan initial de la Commission: les réfugiés à «relocaliser» ne viendront que d'Italie et de Grèce, les États membres prenant acte de la volonté de Budapest de ne pas être «bénéficiaire» de ce dispositif.

En contrepartie, la Hongrie doit devenir un pays d'accueil et se voit attribuer des réfugiés à recevoir.

Quant au contingent de 54.000 réfugiés --parmi les 120 000-- qui devaient être «relocalisés» à partir de la Hongrie, il est réattribué à l'Italie et à la Grèce.

L'Europe a pris ses responsabilités» envers les réfugiés, s'est félicité le président français François Hollande.

Renforcement des contrôles aux frontières extérieures 

«Nous ferons en sorte qu'il y ait une mise en oeuvre rapide», a assuré de son côté le commissaire à l'Immigration Dimitris Avramopoulos.

Ce dernier a insisté sur le renforcement rapide --grâce à l'ouverture en Grèce et en Italie de centres d'enregistrement (appelés «hotspots»)-- des contrôles aux frontières extérieures de l'UE afin de renvoyer chez eux les migrants non éligibles à l'asile.

Le président américain Barack Obama a de son côté appelé tous les pays de l'UE à accueillir leur «juste part» de réfugiés face à l'afflux de migrants qui fuient la guerre en Syrie.

La décision de «relocaliser» 120 000 réfugiés (qui s'ajoute à une précédente répartition de 40 000), déjà arrivés sur le sol européen, intervient alors qu'il y a déjà quatre fois plus de migrants à avoir rallié l'Europe depuis janvier, selon le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

Au total, un million de demandes d'asile pourraient être déposées en 2015 dans les pays de l'Union européenne, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui, dans un rapport annuel sur les migrations, évalue à «350 000 à 450 000» le nombre des personnes qui devront bénéficier d'une protection.

Sourde aux critiques de ses partenaires et des ONG, la Hongrie, qui a vu transiter 225 000 migrants depuis le début de l'année, poursuivait de son côté la construction d'une clôture à la frontière avec la Croatie, par où pénètrent depuis des jours des dizaines de milliers de migrants jugés indésirables.

Submergée par l'arrivée de plus de 35 000 réfugiés en six jours, la Croatie a fermé sa frontière avec la Serbie.

De son côté, le Royaume-Uni, qui ne participe pas au plan de «relocalisation», a accueilli mardi ses premiers réfugiés syriens provenant de camps se trouvant près de la frontière syrienne.

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