Droits de l'homme: la Corée du Nord critiquée à l'ONU

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un en visite dans une... (PHOTO REUTERS/KCNA)

Agrandir

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un en visite dans une usine de textile de Pyongyang, le 20 décembre.

PHOTO REUTERS/KCNA

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
André VIOLLAZ
Agence France-Presse
NATIONS UNIES

La Corée du Nord a subi un feu roulant de critiques lundi au Conseil de sécurité des Nations unies, accusée par les États-Unis de faire vivre «un cauchemar» à ses citoyens.

À l'occasion de la première réunion du Conseil entièrement consacrée aux droits de l'homme en Corée du Nord, l'ambassadrice américaine Samantha Power a mené la charge contre la dictature communiste au pouvoir à Pyongyang.

Elle a cité des témoignages d'ex-détenus de camps de travail nord-coréens relatant des «atrocités»: prisonniers contraints de survivre en se nourrissant de racines ou de souris, torturés, violés et soumis à des «punitions sadiques». Ces témoignages «montrent que les Nord-Coréens vivent un cauchemar», a-t-elle conclu.

Une commission d'enquête de l'ONU a recensé entre 80 000 et 120 000 détenus dans les camps nord-coréens.

Ces exactions représentent «une menace pour la paix et la sécurité internationales», a affirmé Mme Power. Le Conseil «doit parler régulièrement des droits de l'homme en Corée du Nord» après cette première réunion et cela «tant que ces crimes continueront».

Elle a recommandé que le Conseil «examine la recommandation» de l'Assemblée générale de l'ONU de saisir la Cour pénale internationale (CPI) des crimes contre l'humanité commis en Corée du Nord.

Des demandes soutenues par d'autres pays occidentaux comme la France, l'Australie ou le Royaume-Uni. Mais selon des diplomates à l'ONU, la Chine, seule alliée de Pyongyang, mettrait son veto à toute saisine de la CPI.

L'ambassadeur français François Delattre a lui aussi dénoncé «une mécanique effroyable, celle du régime de Pyongyang pour asservir son peuple». «Le Conseil est enfin réuni pour entendre le cri de détresse des victimes d'un régime sanguinaire», a-t-il ajouté. «Les responsables de cette terreur, et en premier lieu les autorités nord-coréennes, devront répondre de leurs actes devant la justice».

Il a rappelé que Pyongyang était «un État paria» sous le coup de sanctions internationales pour ses essais balistiques et nucléaires.

Pour l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant, la commission d'enquête de l'ONU «a ouvert les yeux» de la communauté internationale et le régime nord-coréen devrait «dialoguer».

Pyongyang menace de représailles

La Corée du Nord a répondu aux critiques en brandissant la menace de représailles et a renoncé à participer à la réunion du Conseil.

Pour l'ambassadeur sud-coréen Oh Joon, cette réunion avait une résonance particulière: «des millions de Sud-Coréens ont des proches qui vivent dans le Nord», a-t-il rappelé. «Nous avons le coeur brisé en lisant les témoignages» recueillis par l'ONU.

Pour lui, saisir la CPI «n'est pas la seule voie» possible et il faut tenter «une coopération sur les droits de l'homme avec la Corée du Nord».

La Chine a tenté de s'opposer à la tenue de cette réunion mais elle a été mise en minorité lors d'un vote de procédure, par onze voix pour, deux contre (Chine et Russie) et deux abstentions (Tchad et Nigeria).

L'ambassadeur chinois Liu Jieyi a fait valoir qu'il fallait «s'abstenir de toute action qui pourrait exacerber la tension» dans la péninsule coréenne.

Le représentant russe a estimé que les droits de l'homme n'étaient pas du ressort du Conseil et qu'une telle réunion «ne pouvait qu'avoir un impact négatif».

Même si le Conseil n'a pris aucune décision, les associations de défense des droits de l'homme estiment que cette initiative marque un tournant.

«Aujourd'hui le Conseil a averti Pyongyang que des décennies de cruauté envers son peuple devaient prendre fin», a expliqué le directeur général de Human Rights Watch Kenneth Roth.

L'ambassadrice américaine Samantha Power n'a fait qu'une brève allusion au piratage informatique de Sony Pictures attribué par Washington à la Corée du Nord. «Non content de refuser la liberté d'expression à ses propres citoyens, a-t-elle lancé, le régime nord-coréen semble maintenant déterminé à empêcher aussi notre nation de jouir de cette liberté fondamentale».

À la suite d'une cyberattaque informatique massive et des menaces, Sony a renoncé à sortir en salle une comédie satirique mettant en scène un complot contre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Lundi, toutes les connexions internet en Corée du Nord étaient suspendues et des experts en informatique ont suggéré que le pays communiste était peut-être la cible de représailles américaines.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer