Birmanie: une figure de la lutte pour la démocratie s'éteint

Win Tin était un proche conseiller de la... (PHOTO AFP)

Agrandir

Win Tin était un proche conseiller de la leader de l'opposition Aung San Suu Kyi.

PHOTO AFP

Aye Aye Win
Associated Press
RANGOUN

Win Tin, un réputé journaliste qui est devenu le prisonnier politique de Birmanie le plus longtemps incarcéré, après avoir défié la dictature militaire en créant la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est décédé lundi. Il était âgé de 85 ans.

Win Tin derrière les barreaux... (Photo Archives) - image 1.0

Agrandir

Win Tin derrière les barreaux

Photo Archives

Aux prises avec des problèmes respiratoires, Win Tin était hospitalisé depuis le 12 mars. Il a rendu l'âme à l'Hôpital général de Rangoun.

Un ancien rédacteur en chef, Win Tin était un proche conseiller de la leader de l'opposition Aung San Suu Kyi, avec laquelle il a fondé la LND en 1988. En 1989, cette dernière a été placée en résidence surveillée et Win Tin a été emprisonné en raison de ses activités politiques. Sa peine a été prolongée deux fois pour diverses raisons, la seconde parce qu'il a écrit une lettre à l'Organisation des Nations unies.

Nyan Win, un porte-parole de la LND, l'a qualifié de pilier et ajouté que son décès, «dans l'important contexte de transition politique, représente une grande perte non seulement pour la LND, mais aussi pour le pays».

Pendant son incarcération, Win Tin a reçu de nombreux hommages associés à la liberté de presse, mais était aux prises avec une santé déficiente, incluant des problèmes cardiaques, une pression artérielle élevée et une inflammation de la colonne vertébrale.

Dans son livre intitulé Qu'est-ce que c'est? Un enfer humain (What's that? A human hell), publié en 2010, Win Tin y présente une description détaillée de la vie en prison - où il a enduré la torture, a été privé de soins médicaux et devait se contenter de riz et de légumes bouillis en guise de nourriture.

Libéré lors d'une amnistie générale de prisonniers en 2008, il a poursuivi son travail avec la LND, pendant la transition d'une dictature militaire vers un gouvernement, dominé par l'armée. en 2011. Il a continué de demander que l'armée cède ses pouvoirs, affirmant que la démocratie ne s'installera jamais en Birmanie, aussi appelé Myanmar, tant et aussi longtemps que l'armée régnera sur la scène politique du pays. Il a aussi lancé une fondation pour venir en aide aux anciens et actuels prisonniers politiques.

Pendant qu'il était en prison, Win Tin a écrit des poèmes sur les murs de sa cellule, à l'aide d'encre faite de poudre de brique et d'eau, selon des supporters qui lui rendaient visite. Après sa remise en liberté, il a continué de porter le chandail bleu qui lui avait été donné en prison, en guise de protestation contre la dictature militaire.

De nombreuses personnes sont d'avis que l'armée craignait Win Tin en raison de sa grande intelligence, croyant qu'il était associé à l'ancien Parti communiste du pays, et qu'il était un conseiller politique de Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer