Victoire aux législatives pour le président argentin, Kirchner élue

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Depuis son élection voici deux ans, Mauricio Macri a libéralisé la troisième économie d'Amérique latine. Les résultats ont tardé à se matérialiser et l'inflation reste forte, mais la croissance est repartie.

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Alexandre PEYRILLE
Agence France-Presse
Buenos Aires

Le président de centre-droit Mauricio Macri tient une nouvelle victoire électorale: sa coalition Cambiemos a remporté les législatives de mi-mandat et va se renforcer au Parlement, ce qui permettra la poursuite des réformes libérales.

Pour son retour électoral après deux ans sans mandat, l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015) a été élue sénatrice, s'assurant une immunité parlementaire qui lui évitera la prison, si elle est condamnée dans une des affaires de corruption dans lesquelles elle est inculpée.

La coalition Cambiemos (Changeons) arrive en tête dans 15 provinces sur 24, notamment dans les cinq provinces les plus importantes du pays (Capitale, Buenos Aires, Cordoba, Santa Fe, Mendoza), selon les résultats publiés peu avant 22h00 locales (01h00 GMT) par l'autorité électorale.

Lors des primaires des législatives le 13 août, l'ancienne présidente (2007-2015) avait rassemblé plus de 3,2 millions de suffrages (34,27%), devançant d'un souffle le candidat du pouvoir, Esteban Bullrich (34,06%).

Les projections en sièges ne seront connues que lundi, mais le gouvernement est assuré de renforcer sa présence dans les deux chambres du Parlement.

La coalition de centre-droit, au pouvoir depuis décembre 2015, ne dispose actuellement que d'une majorité relative (87 sièges de députés sur 257, 15 sur 72 au Sénat), mais a réussi à gouverner grâce à des alliances avec d'autres forces politiques.

Une projection de la chaîne de télévision TN lui donnait dimanche soir 108 sièges de députés, contre 145 pour l'opposition.

«Position de force» 

Ce résultat «permettra au président de négocier avec les gouverneurs (de l'opposition) et les syndicats en position de force», a souligné le politologue Rosendo Fraga.

La province de Buenos Aires attirait dimanche tous les regards.

Dans cette province, rassemblant près de 40% des électeurs du pays, le candidat de Cambiemos Esteban Bullrich totalisait 42,2% des voix devant la liste de Cristina Kirchner (36,3%), pratiquement assurée d'être élue sénatrice, après le dépouillement de près de 70% des bureaux de vote.

Dans la capitale (51% contre 22% à la 2e liste), dans les provinces de Cordoba (48% contre 30%), Santa Fe (39% contre 25%) et Mendoza (46% contre 25%), les listes de la coalition gouvernementale sont plus largement en tête, selon la même source.

Depuis son élection voici deux ans, Mauricio Macri a libéralisé la troisième économie d'Amérique latine. Les résultats ont tardé à se matérialiser et l'inflation reste forte (17% depuis le début de l'année), mais la croissance est repartie: 1,6% au premier semestre et un pronostic de +3% pour 2017.

Soucieux d'attirer des investissements étrangers, le gouvernement consolide son pouvoir et démontre qu'il est en mesure de contrer une tentative de retour électoral de Mme Kirchner, battue par un candidat du pouvoir peu charismatique.

Dimanche, la moitié des sièges de la Chambre des députés et un tiers du Sénat étaient renouvelés. 

Rejet de Kirchner 

La coalition de centre-droit Cambiemos (Changeons), au pouvoir depuis décembre 2015, ne dispose actuellement que d'une majorité relative (87 sièges de députés sur 254, 15 sur 72 au Sénat), mais a réussi à gouverner grâce à des alliances avec d'autres forces politiques.

Alors que dans certains pays, le président en exercice reste en retrait des campagnes électorales, Mauricio Macri a mis tout son poids dans la bataille pour augmenter l'emprise de Cambiemos au Parlement.

«J'ai voté pour les candidats du gouvernement, je suis loin d'être convaincu, mais j'avais voté Macri en 2015. Le plus important c'est que Kirchner ne revienne pas», a déclaré Sergio Peroti, un instituteur de 48 ans, après avoir voté dans une école de la capitale.

En 2015, l'ex-présidente ne pouvait pas briguer un troisième mandat consécutif et n'avait pas postulé pour un siège de parlementaire.

L'immunité parlementaire en Argentine permet de ne pas être emprisonné en cas de condamnation.

À 87 ans, l'ex-président Carlos Menem (1989-1999) a été élu sénateur. Condamné à 7 ans de prison pour vente d'armes vers la Croatie et l'Equateur malgré un embargo international, son mandat lui assure la liberté jusqu'en 2021.

Si Mme Kirchner n'est pour l'instant qu'inculpée, depuis un an et demi plusieurs de ses proches ont été emprisonnés, dont l'homme d'affaire Lazaro Baez et un ancien membre du gouvernement, José Lopez. Le premier pour favoritisme et le second après avoir été surpris avec 9 millions de dollars en liquide qu'il tentait de dissimuler dans un couvent.

«Cristina Kirchner ne pourra jamais plus être présidente», assurait avant le scrutin le politologue Jorge Giacobbe, en référence à la présidentielle de 2019.




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