Élections en Haïti: dispersion musclée par la police des contestataires

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Les principaux concurrents de Jovenel Moïse ne reconnaissent pas les résultats le créditant de plus de 55% des suffrages de l'élection du 20 novembre.

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Agence France-Presse
Port-au-Prince

La police haïtienne a empêché mercredi plusieurs centaines de manifestants qui contestaient les résultats électoraux donnant Jovenel Moïse vainqueur de la présidentielle de poursuivre leur manifestation vers Pétionville, commune aisée de la banlieue de Port-au-Prince, favorable à M. Moïse.

Armes lourdes et boucliers en main, les forces de l'ordre ont bloqué le passage du cortège qui progressait en direction de Pétionville, sur l'un des axes majeurs de la capitale.

Les manifestants ont alors multiplié les jets de pierre en direction des policiers, ceux-ci répondant avec des grenades lacrymogènes et un camion équipé d'un canon à eau irritante.

Dans leur fuite, les militants politiques ont brisé plusieurs vitres de voitures stationnées à proximité.

«La police, avec le secteur privé, ne veut pas laisser le peuple manifester: ils ne veulent pas que le peuple revendique ses droits», a regretté Jean Daniel, un manifestant les yeux rougis par le gaz lacrymogène.

Les principaux concurrents de Jovenel Moïse ne reconnaissent pas les résultats le créditant de plus de 55% des suffrages de l'élection du 20 novembre: Jude Célestin, deuxième avec 19,52% des votes, Moïse Jean-Charles (11,04%) et Maryse Narcisse (8,99%) préparent leurs dossiers de contestation qu'ils vont présenter devant les tribunaux électoraux.

Le conseil électoral a émis un communiqué mercredi rappelant que les résultats ne sont que préliminaires et «invite les partis, groupements politiques et candidats concernés à se garder de se déclarer élus. Le conseil reste et demeure l'unique organe compétent à attester la victoire d'un candidat».

La loi permet à tout candidat de contester ces résultats préliminaires. Après analyse et verdict des tribunaux électoraux, les résultats définitifs ne seront publiés que le 29 décembre.

Haïti est l'un des pays les plus inégalitaires au monde selon la Banque mondiale et la crise électorale qui découle de la publication des résultats de la présidentielle est une nouvelle démonstration des clivages persistants entre la majorité pauvre et l'élite aisée.

«Ils ont le pouvoir économique et veulent faire un coup d'état électoral mais ça ne passera pas: nous n'avons pas de grands électeurs ici et le vote du peuple, celui de la majorité, doit être respecté», a encore affirmé un autre manifestant, Dieuseul Hippolyte, pointant ceux qu'il appelle «les bourgeois».

«Ils ont deux choix: soit ils donnent le résultat du vote de la majorité qui est pour Maryse Narcisse, soit c'est la casse électorale», a menacé ce pasteur d'un quartier populaire de Port-au-Prince.

Le scrutin du 20 novembre, qui s'est déroulé sans incident majeur, est une étape indispensable pour permettre au pays de retourner à l'ordre constitutionnel après l'annulation du premier tour de la présidentielle tenu en octobre 2015.

Depuis février, Haïti est dirigé par un président provisoire, Jocelerme Privert, dont le mandat était censé s'achever en juin.

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