Burkina: l'armée négocie la reddition des putschistes

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Le président renversé Michel Kafando.

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Patrick FORT, Romaric Ollo HIEN
Agence France-Presse
OUAGADOUGOU

L'armée burkinabè est entrée sans résistance dans la nuit de lundi à mardi dans Ouagadougou où elle négociait la reddition des putschistes de la garde présidentielle, quelques heures après la remise en liberté du président de transition.

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PHOTO SIA KAMBOU, AFP

«Tous les corps (d'armée mobilisés lundi pour marcher sur la capitale) sont entrés à Ouagadougou», dans la nuit a déclaré à l'AFP le colonel Serge Alain Ouédraogo, chef adjoint de la gendarmerie burkinabè.

«Il faut maintenant obtenir la reddition du RSP (Régiment de sécurité présidentielle, unité ayant perpétré un coup d'État le 17 septembre), sans coup de feu, sans effusion de sang», a-t-il ajouté.

Des colonnes de l'armée régulière étaient arrivées lundi en début de soirée aux portes de la capitale, placée sous couvre-feu depuis jeudi. Elle avaient alors stoppé leur avancée.

Des chefs de l'armée avaient en fin d'après-midi intimé l'ordre aux putschistes de «déposer les armes» et prévenu que des unités de province convergeaient vers la capitale.

«Toutes les forces armées nationales convergent vers Ouagadougou dans le seul but de désarmer le Régiment de sécurité présidentielle (RSP - garde présidentielle) sans effusion de sang», indiquait un communiqué signé des «chefs de corps de l'armée nationale» burkinabè, sans préciser leurs noms.

Dans la foulée, le chef d'état-major des armées, le général Pingrenoma Zagré avait «invité» les hommes du RSP à déposer les armes et demandé au reste de l'armée d'éviter tout affrontement et d'«assurer un bon accueil aux frères du RSP».

L'armée était jusqu'à présent restée discrète depuis le coup d'État perpétré le 17 septembre par le RSP et son ancien chef, le général Gilbert Diendéré. Renversant le régime de transition mis en place en 2014 après la chute de Blaise Compaoré, le général Diendéré avait pris le pouvoir, tout en récusant être téléguidé par l'ex-président dont il était le bras droit.

Lors de leur avancée en province, l'armée a été encouragée par les habitants à leur passage, ont signalé plusieurs témoins qui ont croisé les militaires sur les routes en provenance de l'Ouest et de l'Est.

Colère et frustration étaient palpables dans les rues... (PHOTO SIA KAMBOU, AFP) - image 2.0

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Colère et frustration étaient palpables dans les rues de la capitale burkinabé et de sa périphérie, où des jeunes ont érigé des barricades pour protester contre le projet de sortie se crise.

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Cette offensive de l'armée intervient alors qu'un projet de sortie de crise avait été présenté dimanche par la médiation ouest-africaine. Il devait être examiné lors d'un sommet extraordinaire de la Cédéao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) mardi.

Ce projet contenant notamment une amnistie des putschistes avait suscité l'indignation de la société civile. Dans les rues de la capitale, la plupart des habitants interrogés lundi jugeaient le plan «inacceptable».

«Si on a des armes, on se battra avec l'armée», avait notamment estimé Issouf Nikema, un artisan de la capitale en apprenant le mouvement de l'armée vers Ouagadougou.

Le président de transition chez l'ambassadeur de France 

Le centre ville de la capitale s'était vidée à l'annonce de l'approche de l'armée tandis que le RSP avait positionné des véhicules autour d'un de ses camps dans le centre et à quelques points stratégiques dans la zone de la présidence excentrée, avait constaté l'AFP.

Considérée comme une des unités d'élite de l'armée, le RSP, qui compte quelque 1300 hommes, était l'ancienne garde prétorienne du président Compaoré. La société civile avait demandé sa dissolution à plusieurs reprises.

Par ailleurs, Michel Kafando, le président des institutions de transition du Burkina Faso, placé en résidence surveillée par les putschistes de la garde présidentielle, a été exfiltré et accueilli à la résidence de l'ambassadeur de France en début de soirée.

Sur Twitter, l'ambassadeur de France au Burkina, Gilles Thibault, a annoncé que Michel Kafando «est à la résidence de France».

M. Kafando avait été arrêté mercredi en plein Conseil des ministres par des militaires putschistes qui avaient ensuite annoncé sa libération à la faveur d'une médiation ouest-africaine. Il avait été placé en résidence surveillée depuis.

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