Mali: attaque-suicide de forces pro-Bamako contre des rebelles

La Mission de l'ONU au Mali a été contrainte... (Archives AP)

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La Mission de l'ONU au Mali a été contrainte mardi de renoncer à un accord avec les rebelles portant sur la création d'une «zone temporaire de sécurité» à Tabankort après la mort de trois manifestants.

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Serge DANIEL
Agence France-Presse
Bamako

Une attaque lancée mercredi par un groupe armé soutenant le gouvernement malien a coûté la vie à six rebelles et plusieurs assaillants, dont des kamikazes, dans le nord du pays, exacerbant les antagonismes à l'approche de la reprise des négociations de paix.

Il s'agit du dernier accrochage en date dans la région de Tabankort, à mi-chemin entre Kidal, fief de la rébellion, qui échappe à l'autorité du gouvernement malien, et Gao, une des principales villes du nord, contrôlée par des groupes armés favorables à Bamako, à dominante touareg et arabe de part et d'autre.

Le nord du Mali est tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés par l'opération Serval, lancée à l'initiative de la France, à laquelle a succédé en août 2014 Barkhane, dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la zone sahélo-saharienne.

Depuis des zones entières du nord du pays continuent encore d'échapper aux contrôle du gouvernement malien. Des négociations de paix ont débuté à Alger à l'été 2014.

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), qui regroupe les rebelles, a affirmé qu'une de ses positions près de Tabankort avait été «la cible d'une attaque kamikaze de grande envergure», faisant état de sept assaillants ayant «réussi à faire exploser les charges qu'ils portaient» et de six morts dans ses rangs.

Selon une source militaire occidentale, l'attaque par des combattants du Gatia (Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés), «accompagnés de kamikazes» de formations alliées, de la position rebelle près de Tabankort s'est soldée par «une dizaine de morts» au total.

Avant même cette dernière attaque, une source diplomatique à Paris affirmait que les récents accrochages dans le nord étaient liés à la reprise, prévue en février, des négociations de paix d'Alger entre le gouvernement malien et la rébellion, dominée par les minorités touarègue et arabe.

«Bamako joue un double jeu» en tenant un discours d'apaisement à la France tout en soutenant des formations armées locales de l'autre, a estimé cette source.

Les affrontements à Tabankort mettent en péril le processus de paix, avaient prévenu le 23 janvier l'Algérie et l'ONU.

Selon la source militaire occidentale, «la situation est très volatile et il faut absolument calmer le jeu», dans cette région où les affrontements meurtriers se succèdent depuis près d'un mois.

Possible «bavure» des forces de l'ONU 

Une source sécuritaire de l'ONU a fait état de deux kamikazes qui se sont fait exploser, tandis qu'un troisième était tué par les rebelles.

«Le commando kamikaze venu de Tabankort, où sont retranchées les milices narcoterroristes progouvernementales, était composé d'individus de diverses nationalités», ont assuré les mouvements rebelles, appelant la MINUSMA (Mission de l'ONU au Mali) à «prendre les mesures qui s'imposent».

La MINUSMA a été contrainte mardi de renoncer à un accord avec les rebelles portant sur la création d'une «zone temporaire de sécurité» à Tabankort après la mort de trois manifestants qui protestaient contre ce texte devant son siège à Gao.

La force multinationale - déployée depuis juillet 2013, - a reconnu une possible responsabilité de ses policiers et annoncé l'ouverture d'une enquête.

«Très rapidement, on saura. Mais il pourrait bien s'agir d'une bavure. Les policiers de l'Onu étaient débordés», a indiqué à l'AFP une source de sécurité africaine au sein de la MINUSMA.

Le gouvernement malien a pour sa part salué dans un communiqué le retrait par la MINUSMA du document contesté.

Regrettant que «la marche de protestation (ait) dégénéré», il appelle la force de l'ONU à renforcer ses capacités en matière de «protection de toutes les populations civiles», tout en appelant «au calme et à la retenue».

Les protestataires dénonçaient la création de cette «zone de sécurité» qui aboutirait, selon eux, au désarmement ou au retrait des forces loyalistes de Tabankort.

Le 20 janvier, des hélicoptères de la MINUSMA avaient détruit un véhicule rebelle près de Tabankort. L'ONU avait invoqué la «légitime défense», mais la rébellion l'avait accusée de violation de neutralité, faisant état de sept morts et 20 blessés dans ses rangs.

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