Maroc: plus de 35 000 cas de mariages de mineurs en 2013

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Agence France-Presse
RABAT

Le nombre de mariages de mineurs a grimpé de 91% en l'espace de neuf ans, atteignant un pic de 35 152 cas pour la seule année 2013, selon une étude sur les «agressions sexuelles sur les enfants» présentée vendredi à Rabat.

L'année 2004 a enregistré plus de 18 000 cas de mariages de mineurs contre plus de 35 000 en 2013, soit une progression de 91%, selon une étude réalisée par l'Unicef, le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH, officiel) et l'Association meilleur avenir pour nos enfants (Amane).

Les jeunes filles âgées de 17 ans sont les plus concernées par ces mariages (28 886 cas en 2013), tandis que les moins touchées sont les plus jeunes, âgées de 14 ans (97 cas en 2013). Les cas de mariages de mineurs s'établissent à 51,79% dans les zones rurales et à 48,21% dans les villes.

Ce chiffre «n'est pas représentatif de la réalité» sur le terrain, dans la mesure où beaucoup de mariages sont conclus traditionnellement par la simple lecture de la «Fatiha» (une sourate du Coran, ndlr), ajoute cette étude, qui considère ces unions comme des «violences sexuelles».

Selon cette étude, 85% des parents ont accepté le mariage de leur fille mineure en 2013 contre plus de 91% en 2010, la loi marocaine conditionnant l'acceptation de ces unions par un feu vert des parents.

Si l'article 19 du code de la famille adopté en 2004 interdit le mariage pour toute personne de moins de 18 ans, les deux articles suivants offrent la possibilité à un juge de déroger à cette règle.

Selon l'ONG Amnesty International, plusieurs articles du Code pénal marocain concernant les femmes «devraient être amendés» afin de les protéger de la «violence et des discriminations».

Le parti de la Justice et du développement (PJD, islamiste), qui conduit la coalition gouvernementale, propose de fixer l'âge du mariage à 16 ans, tandis que les défenseurs des droits des femmes réclament l'abrogation pure et simple des unions impliquant une personne mineure.

Un projet de loi criminalisant la «violence à l'égard des femmes» est à l'étude. Il prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu'à 25 ans de réclusion et contient des chapitres incriminant le «harcèlement sexuel», ce qui constitue une première.

Le 10 mars 2012, le suicide de la jeune Amina Filali, contrainte d'épouser son violeur, avait profondément choqué. À la faveur de ce mariage, conformément à l'article 475 du Code pénal, l'agresseur présumé avait échappé aux poursuites.

L'an dernier, les défenseurs des droits des femmes ont obtenu un important succès avec l'amendement de cet article.

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