Le Maroc dénonce des tirs algériens à la frontière

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Il y a un an, Rabat avait un temps rappelé son ambassadeur à Alger pour «consultations» après un discours du président Abdelaziz Bouteflika sur la situation des droits de l'Homme au Sahara occidental.

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Agence France-Presse
RABAT

Le Maroc a dénoncé samedi des tirs de l'armée algérienne à la frontière commune qui ont blessé selon lui un citoyen marocain, et réclamé des «explications» à Alger sur cet «incident grave», convoquant l'ambassadeur algérien à Rabat.

Les relations entre les deux pays du Maghreb, dont la frontière est fermée depuis 20 ans, sont mauvaises et connaissent régulièrement des crispations.

Dans un communiqué, le gouvernement marocain a fait état samedi de sa «vive indignation» et sa «très grande inquiétude» après un «incident grave» survenu, selon lui, à la mi-journée à proximité de la ville d'Oujda (nord-est).

D'après le texte, un Marocain de 28 ans a été grièvement blessé au visage après le tir «par un élément de l'armée algérienne» de «trois balles sur une dizaine de civils», au niveau de la commune de Beni Khaled. La victime se trouve dans un état «très critique».

Le gouvernement «proteste vigoureusement» contre cet «acte irresponsable» et «injustifié» qui s'ajoute à d'autres agissements provocateurs (...) au niveau des frontières», ajoute le communiqué.

Il appelle Alger à «assumer sa responsabilité (...) et à fournir aux autorités marocaines les explications nécessaires».

L'ambassadeur algérien à Rabat a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération (MAEC), a ensuite annoncé l'agence MAP.

L'auteur des tirs doit être «traduit en justice», a pour sa part estimé le ministre de l'Intérieur, Mohamed Hassad, selon la même source.

Il a fustigé un «acte frivole» et mis en garde sur les risques d'escalade.

La frontière entre les deux pays --qui totalisent plus de 70 millions d'habitants à eux deux-- est fermée depuis août 1994 et un attentat à Marrakech (sud) dont le royaume avait rendu responsable les services de renseignements algériens.

Malgré le lourd handicap sécuritaire et économique que représente cette situation, une réouverture n'a jamais paru aussi lointaine.

Pays producteur de pétrole, l'Algérie a décidé unilatéralement de renforcer ses patrouilles et creuser des tranchées contre le trafic de carburant. Le Maroc a de son côté lancé la construction, sur une partie de la frontière, d'une «clôture» équipée de «capteurs électroniques» pour se «protéger des menaces terroristes».

Il y a un an, Rabat avait un temps rappelé son ambassadeur à Alger pour «consultations» après un discours du président Abdelaziz Bouteflika sur la situation des droits de l'Homme au Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole contrôlée par le Maroc, mais revendiquée par des indépendantistes (Polisario) soutenus par l'Algérie.

Le différend bilatéral entrave toute mise en oeuvre de l'Union du Maghreb arabe (UMA), qui regroupe cinq pays (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie).

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