Nigeria: l'armée revendique une victoire sur Boko Haram

Des habitants de Maiduguri patrouillent les rues de... (PHOTO JOSSY OLA, AP)

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Des habitants de Maiduguri patrouillent les rues de la ville, le 4 septembre.

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Agence France-Presse
KANO

L'armée nigériane a affirmé vendredi avoir mis en déroute plus d'une centaine d'islamistes du groupe Boko Haram qui avaient attaqué dans la nuit une localité proche de Maiduguri, ville carrefour du Nord-Est.

Les islamistes ont lancé à 4 h 30 GMT (0 h 30, heure de l'Est) vendredi une attaque «massive» contre la localité de Konduga, située à environ 35 km de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, a déclaré le porte-parole de l'armée Timothy Antigha dans un communiqué.

«Après environ trois heures d'intenses combats, les troupes nigérianes ont mis en déroute la force combattante de Boko Haram» qui comptait «plus de cent terroristes», a-t-il dit. Les assaillants ont essuyé de lourdes pertes, a-t-il affirmé.

L'armée nigériane a saisi quatre véhicules dotés de canons antiaériens, trois mitrailleuses lourdes, plus de trente fusils d'assaut AK-47 et deux systèmes GPS, a ajouté le porte-parole.

L'armée «continue de ratisser toute la zone à la recherche de terroristes, qui ont pu s'échapper avec des blessures par balle», a déclaré M. Antigha, assurant que «le moral des troupes reste très bon».

Jeudi, le Forum des anciens de l'État de Borno, composé d'anciens responsables politiques et militaires et de dirigeants locaux, avait affirmé que Boko Haram encerclait «complètement» Maiduguri et préparait une attaque imminente sur la ville.

Ces notables avaient réclamé au gouvernement l'envoi en urgence de renforts militaires.

Ces dernières semaines, Boko Haram a pris de nombreuses villes et villages de l'État de Borno et de ses voisins, les États de Yobe et d'Adamawa, laissant craindre que le gouvernement nigérian perde le contrôle de toute cette région, frontalière du Cameroun, du Tchad et du Niger.

L'armée nigériane a démenti à plusieurs reprises la prise de villes et de villages par les islamistes, en dépit de multiples témoignages de leurs habitants en fuite.

Boko Haram a notamment attaqué le 1er septembre la ville de Bama, à 70 km de Maiduguri, et des milliers de personnes se sont réfugiées à Maiduguri.

Selon un groupe local, la Bama Development Foundation, la ville est toujours «sous la garde et le contrôle» de Boko Haram et de nombreux habitants y sont piégés. «Ils meurent de faim et d'angoisse», a déclaré son responsable Mohammed Hassan.

Des informations contradictoires circulent depuis des jours à propos de la situation à Bama.

L'armée n'a lancé aucune offensive pour reprendre la ville, affirme Mohhamed Hassan, rejetant les allégations du gouvernement selon lesquelles elle en aurait repris le contrôle.

«Les forces de sécurité nigérianes doivent toujours retourner à Bama qu'elles ont quitté le lundi 1er septembre», a-t-il dit.

Selon des habitants qui ont réussi à s'enfuir, des centaines de femmes, d'enfants et les personnes les plus âgées sont pris au piège et Boko Haram a désigné son propre «émir», dans le palais déserté par le chef traditionnel.

«Il n'y a pas de nourriture à Bama et les habitants doivent aller au palais pour mendier des céréales auprès de l'émir», raconte Hajjo Muhammad, réfugiée à Maiduguri depuis mercredi.

Les habitants sont obligés de mendier des médicaments au palais et certains meurent de leur maladie, en particulier les enfants, a-t-elle raconté aux journalistes. Une autorisation est même nécessaire pour retirer de l'eau de la rivière, a-t-elle ajouté.

«Nous vivons tout simplement comme des esclaves», a déclaré M. Muhammad.

Selon une autre femme, qui a fui Bama jeudi, Maimuna Ali, les corps décomposés de centaines d'hommes tués dans les combats jonchent les rues de la ville.

Les hommes jeunes ont été emprisonnés et les plus âgés obligés de jurer sur le Coran de ne pas combattre, a-t-elle affirmé. On a enduit d'encre un doigt de ceux qui ont prêté serment, comme pour des électeurs ayant voté. Quiconque est intercepté par une patrouille de Boko Haram sans cette marque d'encre risque deux ou trois jours de prison, des coups de fouet et d'être obligé de prêter serment, a ajouté Maimuna Ali.




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