La Côte d'Ivoire transfère «l'ex-ministre de la rue» Blé Goudé à la CPI

Ex-ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo et... (PHOTO THIERRY GOUEGNON, ARCHIVES REUTERS)

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Ex-ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo et chef des «jeunes patriotes», milices pro-Gbagbo parfois extrêmement violentes, Charles Blé Goudé avait été arrêté le 17 janvier au Ghana après plus d'un an et demi de cavale et extradé dès le lendemain vers la Côte d'Ivoire, où il est détenu.

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Agence France-Presse
Abidjan

La Côte d'Ivoire a accepté jeudi le transfèrement de Charles Blé Goudé, un proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, à la Cour pénale internationale (CPI), qui le poursuit pour crimes contre l'humanité, a-t-on appris auprès de la présidence.

La décision, prise en Conseil des ministres, fait suite à une demande de la CPI d'octobre 2013. M. Blé Goudé, ex-chef des «jeunes patriotes», un mouvement pro-Gbagbo extrêmement violent, a été arrêté en janvier 2013 au Ghana après plus d'un an et demi de cavale consécutive à l'arrestation de Laurent Gbagbo.

Considéré par des ONG internationales comme responsable de nombreuses violences, Charles Blé Goudé, connu pour ses harangues passionnées, a été surnommé «général de la rue» ou encore «ministre de la rue» pour sa capacité de mobilisation.

Charles Blé Goudé à la une de deux... (PHOTO ISSOUF SANOGO, AFP) - image 2.0

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Charles Blé Goudé à la une de deux quotidiens d'Abidjan, le 10 mars.

PHOTO ISSOUF SANOGO, AFP

La CPI avait rendu public le 1er octobre le mandat d'arrêt initialement émis le 21 décembre 2011.

La juridiction internationale soupçonne Charles Blé Goudé, 42 ans, de quatre chefs de crimes contre l'humanité, à savoir meurtre, viol, persécution et autres actes inhumains, commis entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

Il rejoindra à La Haye son mentor Laurent Gbagbo, qui y est écroué depuis fin 2011 en attente d'un procès. Aucune date n'a été donnée pour le transfèrement de M. Blé Goudé.

Abidjan a précédemment indiqué refuser le transfèrement aux Pays-Bas de Simone Gbagbo, la femme de l'ex-chef de l'État, sur laquelle pèsent les même chefs d'inculpation, au motif que la justice ivoirienne est désormais en capacité d'assurer équitablement son procès.

La décision d'Abidjan peut en ce sens paraître surprenante, les autorités ivoiriennes ayant multiplié ces derniers mois les gestes en direction de l'opposition afin de favoriser la réconciliation dans le pays.

«Cela ne fait pas partie des actes de décrispation», a regretté Pascal Affi N'Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI), le parti le Laurent Gbagbo.

«Ce ne sont pas des actes qui montrent que le pays avance sur la voie de la normalisation, de la sortie d'une forme de la conflictualité», a-t-il observé, attendant d'en savoir davantage pour en dire plus.

La Côte d'Ivoire a connu une décennie de crise politico-militaire, qui a culminé avec les violences postélectorales de 2010-2011, lorsque M. Gbagbo avait refusé de reconnaître sa défaite à la présidentielle de 2010 face à l'actuel dirigeant Alassane Ouattara.

Plus de 3000 personnes avaient alors péri.




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