Cannes: la compétition dans l'ombre de Money Monster

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Damien Bonnard, India Hair, and Raphaël Thierry dans Rester vertical, d'Alain Guiraudie

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Dans l'ombre de Money Monster, qui a créé l'évènement hier, les deux premiers films de la compétition officielle se sont distingués à leur manière, en présentant des visions originales et audacieuses, qui n'ont toutefois pas fait l'unanimité.

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Une scène du film Sieranevada, de Cristi Puiu

Photo fournie par Mandragora

Rester vertical: de sexe et de mort

Il y a trois ans, Alain Guiraudie avait créé un certain émoi sur la Croisette grâce à son excellent film L'inconnu du lac. Pour sa première entrée en compétition officielle, le cinéaste français propose Rester vertical, un film radical dont les images - parfois déstabilisantes - font davantage appel à l'inconscient du spectateur plutôt qu'à son aspect cartésien. Pratiquant parfois un humour décalé, Guiraudie nous entraîne cette fois sur les chemins de traverse qu'emprunte un scénariste (Damien Bonnard) fasciné par les loups. Dans ses recherches dans l'arrière-pays, il rencontre une bergère (India Hair) avec qui il «sympathise» au point de lui faire un enfant. Le scénariste se retrouve toutefois vite seul avec un bébé dans les bras, et coincé dans son syndrome de la page blanche. Sous des allures de conte, Guiraudie expose un univers où le sexe et la mort se côtoient constamment. Deux scènes se font particulièrement remarquer: une scène d'accouchement filmée en gros plans, et une scène de suicide assisté - à l'aide d'un acte sexuel - qui donne un tout nouveau sens à la notion de mourir dans la dignité. On saluera l'audace qu'affiche Guiraudie pour faire tomber tous les tabous, particulièrement dans sa représentation du sexe à l'écran, complètement dénuée de complaisance. Rester vertical sera sans doute rejeté violemment par bon nombre de festivaliers, mais ce film n'en reste pas moins fort intéressant. Et méritoire.

Sieranevada: Ils sont fous, ces Roumains!

Ne cherchez pas vraiment un sens au titre du nouveau film de Cristi Puiu. De l'aveu même du réalisateur de La mort de Dante Lazarescu (Prix Un certain regard en 2005), il n'y en a pas. Par sa forme, Sieranevada fait inévitablement penser à 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le film qui, en 2007, a valu la Palme d'or au compatriote Cristian Mungiu. Mais l'humour y est plus mordant. Dans son nouveau film, Puiu orchestre en effet une réunion de famille à la faveur d'un service commémoratif. Quarante jours après la mort du défunt, le service peut enfin avoir lieu quand son fils médecin revient à Bucarest. Grâce à de nombreux plans séquences, le cinéaste braque sa caméra sur des conversations qui tournent vite au vinaigre, livrées par de nombreux personnages, entassés dans un appartement minuscule. Dialogué au cordeau, Sieranevada est un film très verbeux, beaucoup trop long (173 minutes!), mais néanmoins parfois jouissif. Surtout quand l'histoire du pays, très marquée par le communisme et l'ère Ceaușescu, s'invite dans la place et s'immisce dans ce jeu de massacre. Cela dit, ce film reste quand même inégal sur le plan narratif. On voit mal comment il pourrait se distinguer lors de l'annonce du palmarès.

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