Café Society: plongée nostalgique dans le Hollywood des années 30

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Jesse Eisenberg et Blake Lively dans une scène de Café Society.

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Sophie Laubie
Agence France-Presse
Cannes

Dans Café Society, son 46e film, projeté en ouverture du Festival de Cannes et en salles mercredi en France, Woody Allen plonge Kristen Stewart et Jesse Eisenberg dans une romance nostalgique et drôle dans le Hollywood et le New York des années 30.

Stars de cinéma, gangsters, flambeurs, femmes ambitieuses ou milliardaires peuplent ce voyage dans le temps foisonnant et romanesque. Il permet à Woody Allen de faire entrer dans sa galerie d'héroïnes la star de Twilight Kristen Stewart, 26 ans, également à Cannes pour Personal Shopper d'Olivier Assayas en compétition pour la Palme d'or.

Financée par la plateforme de distribution en ligne Amazon, une première à Cannes pour un film d'ouverture, cette tragi-comédie est aussi l'occasion pour le cinéaste quatre fois oscarisé (pour Annie HallHannah et ses soeurs et Midnight in Paris) de retrouver Jesse Eisenberg, qu'il avait déjà fait tourner dans To Rome with Love en 2012.

L'acteur américain de The Social Network et Batman vs Superman y incarne l'un des «doubles» de Woody Allen à l'écran, selon les mots du réalisateur: Bobby Dorfman, un jeune homme candide qui s'ennuie dans sa vie à New York, où il travaille dans la bijouterie de ses parents.

Rêvant de glamour et d'une vie trépidante, il décide de partir à Hollywood, où son oncle Phil (Steve Carell), puissant agent de stars, l'engage comme coursier. Il y tombe amoureux de Vonnie (Kristen Stewart), l'assistante ambitieuse de son oncle.

Éconduit, lassé d'un monde auquel il se sent étranger, il va retourner à New York, où il se retrouve au coeur de l'effervescence des clubs à la mode, fréquentés par un milieu de mondains et d'artistes, un mouvement désigné sous le nom de «Café Society».

«Récit choral»

Woody Allen assure lui-même en voix off la narration du récit.

«Je me suis dit qu'à partir du moment où j'avais écrit l'histoire, c'était comme si je lisais oralement mon propre roman», explique-t-il dans le dossier de presse du film.

Il souligne avoir par ailleurs «conçu cette histoire comme un récit choral qui ne s'attache pas à un seul personnage».

Renouant avec sa veine de films d'époque se déroulant dans l'entre-deux guerres - de La Rose pourpre du Caire à Magic in the Moonlight en passant par Coups de feu sur Broadway -, le cinéaste de 80 ans reconstitue à nouveau avec cette comédie romantique une période qui «l'a toujours fasciné», dit-il.

Le film, accompagné de jazz cher au réalisateur, émaillé de bons mots et dialogues ciselés, fait le portrait d'une époque et d'une famille à travers un Hollywood et un New York en partie fantasmés, recréés visuellement par le cinéaste et le chef opérateur trois fois oscarisé Vittorio Storato (Apocalypse Now, Le dernier empereur...).

Il raconte aussi une histoire d'amour impossible teintée de mélancolie, dans laquelle les personnages se posent des questions sur leurs choix, se prenant à rêver de la vie qu'ils auraient pu mener dans des circonstances différentes.

«Ça me donne le vertige, parce que c'est comme dans la vie: on passe son temps à se demander si on a pris les bonnes décisions», souligne Kristen Stewart dans le dossier de presse.

Café Society marque la quatorzième sélection hors compétition à Cannes de Woody Allen, de Manhattan en 1979 à L'homme irrationnel l'an dernier. Il s'est dit lundi «toujours heureux» de s'y rendre.

Le cinéaste américain est aussi un habitué de l'ouverture du festival, qu'il a déjà faite en 2002 avec Hollywood Ending et en 2011 avec Midnight in Paris.

La grande fête mondiale du cinéma avait été lancée l'an dernier par un film social coup de poing au registre bien différent, La tête haute d'Emmanuelle Bercot, avec Catherine Deneuve et Benoît Magimel.

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