Yo-Yo Ma en pleine grandeur

Sans renier son éducation musicale de souche européenne,... (Photo Daniel Barry, archives The New York Times)

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Sans renier son éducation musicale de souche européenne, le violoncelliste Yo-Yo Ma a toujours fait preuve d'ouverture face aux musiques du monde entier, tant sur le plan des expressions traditionnelles non occidentales que dans le spectre des musiques modernes ou contemporaines non classiques.

Photo Daniel Barry, archives The New York Times

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Dans le cadre du Festival Bach, le célébrissime Yo-Yo Ma remplira ce soir la Maison symphonique alors qu'il interprétera trois suites de Jean-Sébastien Bach pour violoncelle seul - no 4, en mi bémol majeur, no 5, en do mineur, et no 6, en ré majeur.

Grand interprète

Steven Isserlis? Heinrich Schiff? Julian Lloyd Webber? Luka Šulić? Stjepan Hauser? Matt Haimovitz? Alisa Wilerstein?... Yo-Yo Ma? La liste peut s'allonger et il devient oiseux de déterminer qui d'entre eux est le meilleur violoncelliste du monde. Mais... on peut suggérer que le plus célèbre est Yo-Yo Ma. Les profils biographiques du virtuose d'origine chinoise nous indiquent qu'il est né à Paris en 1955 et fut transplanté à New York dès l'âge de 6 ans. À Juilliard, il fut l'élève de feu le violoncelliste Leonard Rose, son talent prodigieux fut rapidement reconnu par Leonard Bernstein, après quoi Yo-Yo Ma devint un soliste vedette à l'échelle internationale. La trajectoire du sexagénaire est émaillée de collaborations avec les plus grands de la planète classique: le pianiste Emanuel Ax, les maestros Daniel Barenboim et Yu Long, le maestro et organiste Ton Koopman, le contrebassiste et compositeur Edgar Meyer, la pianiste Kathryn Stott, le compositeur et chef d'orchestre Michael Tilson Thomas, pour ne nommer que ceux-là.

Grande ouverture

Le compositeur de musiques de film Ennio Morricone, le rénovateur du tango Astor Piazzolla, la joueuse de pipa Wu Man, le danseur Damian Woetzel, le chorégraphe Mark Morris, le compositeur et joueur de kamânche iranien Kayhan Kalhor, la sonneuse espagnole de gaita Cristina Pato, le violoniste jazzy folk américain Mark O'Connor, le chanteur de jazz Bobby McFerrin figurent parmi les collaborations et inspirations de Yo-Yo Ma hors de la sphère classique. Et c'est justement ce qui explique sa popularité bien au-delà du public classique. Sans renier son éducation musicale de souche européenne, cet interprète d'exception a toujours fait preuve d'ouverture face aux musiques du monde entier, tant sur le plan des expressions traditionnelles non occidentales que dans le spectre des musiques modernes ou contemporaines non classiques. Jeune interprète, il échangeait déjà avec les musiciens traditionnels du Kalahari, en Afrique australe!

Grande influence

En 1998, relate-t-on sur son site officiel, Yo-Yo Ma a fondé l'organisation Silkroad, organisme caritatif au confluent des arts, de l'éducation et des affaires; l'objectif était de proposer une véritable transculture en réunissant des musiciens et compositeurs de tous horizons. Sur le plan de l'interprétation, le collectif Silk Road, ensemble à géométrie variable puisant dans un bassin d'une soixantaine d'artistes d'Occident et d'Orient, en est le véhicule privilégié. Qui plus est, Yo-Yo Ma a largement contribué à faire évoluer le répertoire du violoncelle en tant que soliste au service de compositeurs contemporains tels Elliott Carter, John Williams, Richard Danielpour, Leon Kirchner, Dmitri Yanov-Yanovsky ou Zhao Lin. Parmi ses multiples engagements en tant que pédagogue ou consultant stratégique, il est associé au Nagaunee Music Institute de l'Orchestre symphonique de Chicago, ainsi qu'au John F. Kennedy Center for the Performing Arts, afin d'y développer des programmes d'immersion artistiques et éducatifs au sein de la collectivité.

Cinq grand albums

La discographie de Yo-Yo Ma dépasse la centaine d'albums, qui lui ont valu de récolter 18 trophées Grammy. En 1983, il s'est rendu célèbre avec l'enregistrement des six Suites pour violoncelle seul de Bach, qu'il a refaites plus récemment. En 1995, l'album Concertos from the New World le mettait en lumière dans le cadre des concertos d'Antonín Dvořák et de Victor Herbert. En 1996, l'intérêt de Yo-Yo Ma pour la culture americana l'avait mené à l'enregistrement du superbe opus Appalachia Waltz, musique de chambre contemporaine inspirée du bluegrass. En 2003, il sut évoquer la connexion idéale entre ses origines chinoises et sa culture occidentale, soit en mettant son jeu au service du compositeur Qigang Chen dans la pièce Reflet d'un temps disparu, cette fois aux côtés de l'Orchestre national de France dirigé par Charles Dutoit. En 2015, Songs from the Arc of Life mettait en relief ses immenses qualités d'interprète dans le contexte de duos enregistrés avec la pianiste britannique Kathryn Stott.




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