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Isabelle Hayeur c. Biennale de Montréal: l'artiste gagne en partie sa cause

Krzysztof Wodiczko et Isabelle Hayeur étaient, en 2014,... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Krzysztof Wodiczko et Isabelle Hayeur étaient, en 2014, les deux stars du volet extérieur de la Biennale d'art contemporain de Montréal.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

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L'artiste visuelle québécoise Isabelle Hayeur a gagné en partie sa cause l'opposant à la Biennale de Montréal qui avait retiré l'une de ses oeuvres lors de l'édition 2014 de l'événement d'art contemporain. La Cour du Québec a condamné la Biennale de Montréal à payer 2000 $ à l'artiste, mais estime que l'organisme a agi de bonne foi.

L'oeuvre vidéo Murs aveugles, d'Isabelle Hayeur.... (Photo fournie par la Biennale de Montréal) - image 1.0

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L'oeuvre vidéo Murs aveugles, d'Isabelle Hayeur.

Photo fournie par la Biennale de Montréal

Projetée sur le mur situé près de la station de métro Saint-Laurent dans le cadre de la Biennale de Montréal 2014, l'oeuvre vidéo Murs aveugles, d'Isabelle Hayeur, avait été retirée par l'organisme après que la propriétaire du mur eut porté plainte. La propriétaire estimait que la vidéo qui diffusait des graffitis et des flammes heurtait ses valeurs culturelles.

Isabelle Hayeur était sortie très amère de cette aventure, ayant beaucoup travaillé sur la vidéo qui traitait des inégalités sociales, de l'embourgeoisement, de l'environnement et de la convergence des médias. Elle avait poursuivi la Biennale, lui réclamant 7820 $ de compensations pour « perte de visibilité, atteinte à sa réputation, stress, perte de journées de travail et frais divers ».

Le juge Mark Shamie, de la Cour du Québec, a donné partiellement raison à l'artiste, condamnant la Biennale de Montréal à payer 2000 $ à Isabelle Hayeur, avec intérêts, indemnité et frais. 

Le tribunal a tenu compte du fait que Murs aveugles avait été projeté un mois de moins que prévu. Le juge souligne que la Biennale, « aux termes du contrat », avait acquis le droit de présenter l'oeuvre et n'avait pas l'obligation de la projeter puisque l'artiste lui avait cédé ce droit. Il estime que la Biennale a agi de bonne foi en tentant de régler le conflit, mais lui reproche de ne pas avoir publié de communiqué de presse pour expliquer les raisons du retrait de l'oeuvre. 

« Ce manquement a causé beaucoup de stress à Mme Hayeur et l'a obligée à faire plus de démarches qu'elle aurait normalement dû faire », écrit le juge.

L'artiste est satisfaite du jugement. « L'important était de remporter la cause, dit-elle. Un jugement défavorable aurait pu décourager certains artistes de poursuivre les organismes qui ne les respectent pas. »

« Les diffuseurs doivent respecter les artistes et les oeuvres. Ils doivent faire leur boulot correctement, c'est-à-dire encadrer la réception de l'oeuvre, faire une bonne médiation et s'assurer que les conditions de diffusion sont adéquates. »

Isabelle Hayeur pense que les artistes connaissent mal leurs droits et ont peur de dénoncer des situations discriminatoires. « Ils ont tendance à se ranger docilement du côté du pouvoir et des décideurs, dit-elle. Ils ne sont pas toujours solidaires entre eux et sont même souvent divisés et en concurrence entre eux. On se laisse faire, car on a peur de perdre ce qu'on a, et ce sont nos droits qui s'érodent alors, petit à petit, puis on s'habitue à en avoir moins. » 

Un jugement «intéressant»

De son côté, Sylvie Fortin, qui signe sa deuxième Biennale de Montréal en tant que directrice, estime le jugement « intéressant ». « Il ne retient aucun tort contre nous, dit-elle. Il conclut qu'on a agi de bonne foi et qu'il n'y a pas eu de préjudice à la réputation de l'artiste. Aux petites créances, on divise un peu la part du gâteau. »

Sylvie Fortin dit que cela n'empêchera pas la Biennale de Montréal de programmer de nouveau des oeuvres projetées sur des murs extérieurs. « Notre mandat est de prendre des risques et d'expérimenter, dit-elle. J'ai fait des projets beaucoup plus risqués que celui d'Isabelle. Mais il y a toujours des imprévus. Dans l'espace public, on ne peut pas tout contrôler. » 

Sylvie Fortin estime ne pas avoir manqué de respect envers Isabelle Hayeur et son oeuvre. « Je travaille 18 heures par jour pour les artistes. Si je manquais de respect, je rentrerais à la maison à 17 h, dit-elle. Le jugement ne mentionne pas ça. C'est sûr qu'on tombe dans quelque chose de très émotif. Je le comprends, mais il faut faire la part des choses. »

Retrouvera-t-on une oeuvre d'Isabelle Hayeur dans une future Biennale dirigée par Sylvie Fortin ? « Pourquoi pas ? répond la directrice. Ce qui compte, c'est la qualité du travail et la pertinence du propos. »

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