L'investissement responsable gagne en popularité au Québec

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L'implication de plusieurs institutions, notamment le Fonds de solidarité FTQ, a été soulignée comme un levier important pour la FSR.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La finance socialement responsable (FSR) a de plus en plus la cote au Québec, un phénomène qui s'explique en grande partie par le modèle social distinct de la province, suggèrent les résultats d'une nouvelle étude.

Selon le document, les investissements du capital de développement et de la finance solidaire - les composantes de l'investissement responsable - ont totalisé au Québec plus de 11,6 milliards de dollars en 2013.

«La société civile, les mouvements sociaux, les syndicats, les coopératives jouent un rôle important en créant des instruments financiers qui ont une influence dans l'économie du Québec», souligne en entrevue la professeure Marguerite Mendell, de l'Université Concordia, qui a contribué à l'étude.

Ce troisième portrait a été réalisé à l'initiative de l'organisme Cap Finance, en collaboration avec le Réseau de la finance solidaire et responsable, l'Institut Karl Polanyi et l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC).

Mme Mendell souligne l'implication de plusieurs institutions, notamment le Fonds de solidarité FTQ, le Fondaction CSN et Capital régional et coopératif Desjardins, comme d'importants instruments financiers de la FSR.

«L'étude confirme qu'au Québec nous avons une architecture financière qui existe depuis longtemps et qui nous distingue des autres régions à travers le Canada, observe-t-elle. On a créé un écosystème où il y a des institutions qui travaillent ensemble.»

Mme Mendell souligne également que les politiques gouvernementales québécoises ont favorisé l'essor de la finance socialement responsable.

«L'État québécois joue aussi un rôle important comme partenaire, par exemple avec Investissement Québec, et aussi en fournissant des politiques publiques favorables à ce type de financement, affirme-t-elle. Ce n'est pas partout comme cela au Canada.»

Les actifs du placement responsable en 2013 s'élevaient à 274,5 milliards, dont 214,1 milliards pour la catégorie des investisseurs institutionnels comme les caisses de retraite, les compagnies d'assurance ainsi que les fondations.

Cela représente une progression de 69,9 % par rapport au portrait dressé en 2010 (actifs d'un peu plus de 150 milliards de dollars) et qui a également permis de compenser la baisse ayant suivi la crise financière de 2007-2008.

Mme Mendell identifie par ailleurs cette période où les turbulences économiques ont été nombreuses pour expliquer le regain d'intérêt à l'endroit de la finance socialement responsable.

«Les gens ont (désormais) un appétit pour investir autrement avec leur argent, souligne-t-elle. Les fonds institutionnels et les gestionnaires d'actifs jouent un rôle important en ayant une sensibilité à ces critères (responsables).»

La professeure universitaire estime de plus que dans le contexte mondial qui demeure incertain, l'investissement responsable procure davantage de stabilité aux individus par rapport au modèle spéculatif traditionnel.

«Les retours (sur investissement) sont fiables, dit Mme Mendell. Il y a un appétit pour investir autrement. (...) Mais même si on pense que la crise est derrière nous, la stabilité économique n'est pas évidente et la stabilité attire les investisseurs.»

Le «Portrait 2013 de la finance socialement responsable au Québec» note qu'il est «indéniable» que les acteurs du placement responsable sont de «plus en plus attentifs aux façons d'analyser les risques».

Les pratiques «d'exclusion» demeurent les plus courantes dans ce secteur. Au Québec, les enjeux qui relèvent de la santé (tabac), de la paix (armement) et de l'environnement (nucléaire) ont par exemple relégué au deuxième rang les critères d'exclusion de l'alcool, des jeux de hasard et de la pornographie.

Quant aux répondants utilisant les pratiques de «l'inclusion», le thème du respect des droits de la personne domine largement, suivi par les relations de travail, les pratiques environnementales ainsi que le thème de l'éthique et de la gouvernance.

Dans ses conclusions, l'étude souligne notamment que pour la première fois au Québec, certaines fondations, comme la Fondation J.W. McConnell, «investissent dans des entreprises collectives et ou des entreprises sociales».

Tassadit Zerdani, Billes L. Bourque ainsi que Johanne Bérard sont les autres auteurs du «Portrait 2013 de la finance socialement responsable au Québec».




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