Chine: bond inattendu de la production manufacturière

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«Le gouvernement est resté relativement passif face au ralentissement économique du dernier trimestre, et en dépit de toute l'excitation sur les liquidités de la PBOC, il n'y a toujours pas eu de mesures d'assouplissement monétaire significatif», observe Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics.

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Agence France-Presse

La croissance de la production manufacturière chinoise s'est accélérée en septembre, selon un indice publié mardi par HSBC. Il s'agit d'un répit pour une deuxième économie mondiale confrontée à des signes d'essoufflement et menacée par le refroidissement du secteur immobilier.

L'indice PMI des directeurs d'achat - encore provisoire, le mois n'étant pas achevé - calculé par la banque HSBC pour le pays s'est établi à 50,5 pour le mois courant, contre 50,2 en août.

Un chiffre supérieur à 50 marque une expansion de l'activité manufacturière, tandis qu'un indice inférieur à ce seuil signale une contraction. L'indice définitif sera dévoilé le 30 septembre.

«Le tableau est mitigé», a commenté Qu Hongbin, chef économiste chez HSBC, en notant des motifs de satisfaction du côté des nouvelles commandes à l'exportation mais d'autres d'inquiétude du côté de l'emploi et des pressions déflationnistes.

Alors que la croissance économique chinoise était descendue à 7,4% au premier trimestre, au plus bas depuis 18 mois, Pékin avait introduit à partir d'avril des mesures pour stimuler l'activité. Ce qui avait permis une légère remontée (à 7,5%) au deuxième trimestre.

Le gouvernement avait adopté des réductions fiscales, des facilités pour doper les investissements dans les infrastructures, et procédé à des assouplissements très ciblés de politique monétaire pour doper les prêts aux petites entreprises - une mesure récemment élargie.

Mais ce «mini-plan de relance» a fait long feu, et ses effets s'évanouissent: la production industrielle a marqué en août un brutal ralentissement - à son plus bas rythme de progression depuis 5 ans -, confirmant un essoufflement de l'activité susceptible de menacer l'objectif de croissance économique de 7,5% fixé par Pékin pour 2014.

L'immobilier inquiet

Le secteur immobilier, pilier de l'économie, «reste le plus gros risque pour la croissance», alors que le marché, après des années de surchauffe, connaît ces derniers mois un très net refroidissement, a averti Qu Hongbin.

De l'avis des analystes, en dépit de l'embellie sur la production manufacturière, l'assombrissement de l'immobilier et de la construction, sur fond de repli des prix des logements et d'une chute des ventes, pourrait plomber durablement la conjoncture.

À moins d'actions ciblées du gouvernement pour soutenir le marché: ainsi, le quotidien financier Shanghai Zhengquan Bao a annoncé mardi, citant une source bancaire, que quatre grandes banques seraient autorisées à abaisser les conditions requises pour un crédit immobilier.

Entre autres, les personnes ayant déjà souscrit un crédit immobilier pourraient néanmoins bénéficié des avantages réservés aux primo-acquérants.

«Si c'est vrai, cela constituerait des mesures claires d'assouplissement des conditions de crédit en faveur du secteur immobilier», se sont félicités les économistes de Nomura, tout en disant s'attendre à «un abaissement général d'ici fin 2014 des taux de réserves obligatoires imposés aux banques» pour les inciter à prêter davantage.

Des médias chinois ont rapporté la semaine dernière que la banque centrale (PBOC) allait injecter 500 milliards de yuans, l'équivalent de 63 milliards de dollars, dans les cinq plus grosses banques du pays, toutes contrôlées par l'État.

Mais de nombreux analystes s'étaient montrés sceptiques sur l'impact réel et durable de ces injections, qui sont habituelles avant les vacances nationales du 1er octobre.

«Le gouvernement est resté relativement passif face au ralentissement économique du dernier trimestre, et en dépit de toute l'excitation sur les liquidités de la PBOC, il n'y a toujours pas eu de mesures d'assouplissement monétaire significatif», observe Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics.

Le ministre des Finances Lou Jiwei a d'ailleurs déclaré au cours du weekend que les autorités ne prévoyaient pas d'«ajustements importants de leur politique», selon un communiqué officiel.

«Les dirigeants pourraient se cantonner à leur approche (du printemps) avec des coups de pouce ciblés pour enrayer un ralentissement trop brutal de la croissance économique, tout en évitant une relance trop généreuse» qui aggraverait l'envolée des crédits douteux et des dettes privées, a réagi M. Evans-Pritchard.

Pékin fait grand cas de ses efforts pour «rééquilibrer» son économie, dissuader les investissements non productifs, et s'attaquer à la «finance de l'ombre» - officines de crédit non régulées ayant prospéré hors du système bancaire.




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