Drainville jette l'éponge et rejoint Péladeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Estimant l'avance de Pierre Karl Péladeau insurmontable, Bernard Drainville a confirmé mercredi qu'il renonce à devenir chef du Parti québécois et qu'il se rallie au favori dans la course à la succession de Pauline Marois.

«J'ai tout donné, comme mon équipe, a-t-il déclaré en conférence de presse. Mais il faut se rendre à l'évidence: dans les dernières semaines, le vote s'est cristallisé et Pierre Karl a rassemblé une nette majorité derrière lui.»

Le député de Marie-Victorin estime qu'il lui aurait fallu mener une campagne «trop dure» pour espérer rattraper M. Péladeau. Une analyse qui tranche avec ses commentaires de la semaine dernière, alors qu'il a prédit que la course se terminerait avec deux tours de scrutin.

«J'en viens à la certitude que Pierre Karl va gagner au premier tour par un très, très fort appui, a dit M. Drainville. Et donc, ce que je fais aujourd'hui, je le fais pour l'unité du parti.»

Le député dit avoir pris la décision d'abandonner la course lundi soir. C'est lui qui a approché le camp Péladeau avant d'annoncer son ralliement. 

L'annonce de M. Drainville survient moins d'une semaine après le troisième débat des candidats, un échange au cours duquel le député s'est montré particulièrement incisif à l'endroit de M. Péladeau. Au cours de l'échange, il a critiqué le flou entourant sa stratégie référendaire et laissé entendre qu'il serait un «mirage».

Le député de Saint-Jérôme a salué la décision «courageuse» de M. Drainville, à qui il a témoigné son «estime». Il a souligné les nombreuses similarités dans les programmes proposés par les deux hommes. 

Il a par ailleurs dit ne pas entretenir de rancune à l'égard de son ancien adversaire malgré ses commentaires de la semaine dernière. 

«Je ne considère pas que ce sont des attaques, a dit M. Péladeau. Ce sont des questions, des interrogations, qui sont tout à fait légitimes dans le cadre d'un débat.»

Fruit du rapprochement avec M. Drainville, M. Péladeau s'est engagé à tenir une consultation auprès des membres du PQ au moins 6 mois avant les prochaines élections pour clarifier la stratégie référendaire du parti. 

Députés 

M. Drainville est apparu flanqué de cinq des sept députés qui ont appuyé sa course. Sylvain Gaudreault, Alain Therrien, Guy Leclair, Sylvain Roy et Mathieu Traversy ont tous donné leur appui à M. Péladeau. 

On ignore les intentions des deux autres députés qui ont soutenu M. Drainville. Carle Poirier revient aujourd'hui d'un voyage à l'étranger et André Villeneuve est toujours en réflexion.

«Je suis de nature prudente alors j'ai décidé de prendre un peu de temps pour réfléchir à la suite des choses, a indiqué M. Villeneuve. Je ne considère pas qu'il y a urgence.» 

L'annonce cimente le statut de favori de M. Péladeau, que tous les sondages ont placé en avance depuis le début de la course. Il y a 10 jours encore, un sondage Léger-Le Devoir lui accordait 59% des appuis chez les sympathisants du PQ. M. Drainville arrivait troisième avec un score de 9%.

M. Drainville avait commencé la campagne en deuxième place, selon les sondages, mais a été devancé par le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, dans les dernières semaines.

M. Cloutier a assuré qu'il n'a aucune intention de renoncer à la chefferie du PQ, affirmant avoir «le vent dans les voiles». Il se dit confiant de réussir à coiffer M. Péladeau au fil d'arrivée.

«À partir de maintenant, le choix pour les membres est de plus en plus clair, a observé M. Cloutier. J'ai un plan de match, je le suis depuis le début et je ne le changerai pas.»

Martine Ouellet s'est pour sa part dite «surprise» de la décision de M. Drainville. Elle y voit un rapprochement des deux candidats «pro-pétrole» et le rassemblement du «camp des "on verra en 2018 ce qui va se passer"», une pointe aux positions de MM. Péladeau et Drainville sur la stratégie référendaire.

Elle dit avoir reçu l'appui de deux supporters du député de Marie-Victorin dans la foulée de son retrait de la course, et elle espère convaincre d'autres militants de rejoindre son camp.

«Très clairement, beaucoup d'appuis à Bernard sont plutôt social-démocrates et sont favorables à des politiques environnementales, ce que j'appelle la social-démocratie verte. Dans ce sens-là, il va y avoir plusieurs appuis qui vont rejoindre notre équipe.»

Pierre Céré s'est pour sa part montré très critique à l'égard de M. Drainville. 

«Comme machine à alimenter le cynisme envers la politique, c'est fantastique ce que vient de faire Bernard, a dénoncé M. Céré. Il y a des centaines de personnes qui ont rejoint sa campagne, qui ont contribué à sa campagne, il a ramassé au-dessus de 60 000 $, il y a des députés qui l'appuyaient et personne n'a été consulté.»

Bernard Drainville est le deuxième candidat à se désister dans ce marathon de plus de six mois, après Jean-François Lisée. M. Lisée avait soutenu que personne ne pourrait freiner Pierre Karl Péladeau, que le PQ voulait vivre «son moment Péladeau».

Le premier tour de scrutin se déroulera du 13 au 15 mai. Un deuxième tour sera organisé une semaine plus tard si le meneur n'obtient pas 50% des suffrages. 

- Avec la collaboration de Denis Lessard et de Tommy Chouinard.

Live Blog Course à la direction du PQ: point de presse de Bernard Drainville
Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer