Phoebe Greenberg: aider l'art et l'avenir

Mécène derrière la Fondation DHC/Art et le Centre... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Mécène derrière la Fondation DHC/Art et le Centre Phi, Phoebe Greenberg est notre personnalité de la semaine.

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Il y a dans le Vieux-Montréal, depuis 10 ans, un lieu où on peut aller voir gratuitement, en tout temps, de grandes expositions d'artistes de qualité muséale jouissant d'une réputation internationale.

Le lieu qui accueille ces importants événements d'art contemporain s'appelle la Fondation DHC/Art. Et son existence est un cadeau d'une grande mécène, Phoebe Greenberg, choisie personnalité de la semaine pour l'ensemble de son oeuvre.

Parce que Mme Greenberg ne célèbre pas uniquement les 10 ans de sa galerie, par les temps qui courent. Cette année, elle fête aussi les cinq ans du Centre Phi, une autre de ses créations.

Phi, qui est dans le Vieux-Montréal tout comme DHC, est un lieu de recherche projeté vers l'avenir. Là, en plus des expos et même d'une boutique d'objets inusités et d'une cuisine où l'art rejoint la nourriture, il y a surtout des événements, des projections, des présentations interactives où les artistes explorent la technologie avec la collaboration du public. « Ici, on veut rester proches de l'innovation et des grandes idées », explique Mme Greenberg en entrevue.

Si vous vous demandez ce que cela signifie, allez voir l'expo immersive Mondes oniriques, qui est là jusqu'au printemps, où la réalité virtuelle vous transformera en arbre en croissance, où vous prendrez place dans le corps d'une autre personne. 

« Je m'intéresse vivement à l'avenir de l'art de raconter une histoire. » 

- Phoebe Greenberg

À 53 ans, la mécène ne pense qu'au futur.

L'histoire de Phoebe Greenberg ressemble un peu à celle de Phyllis Lambert, autre grande mécène culturelle québécoise à qui on doit notamment le Centre canadien d'architecture. Mme Greenberg est aussi issue d'une famille dotée d'une immense fortune dont elle a hérité. Et elle investit aujourd'hui cet argent dans la culture pour enrichir Montréal de manifestations artistiques de haut niveau, pour aider les artistes d'ici, pour former le public sur l'art.

Sauf que Mme Greenberg n'est pas née à Montréal. Elle vient d'Ottawa, où sa famille a immigré pour fuir le nazisme. C'est là que se trouve encore aujourd'hui la société familiale, Minto, géant de la construction et de l'immobilier fondé par Irving, le père de Phoebe, avec ses frères.

CHOISIR MONTRÉAL, CHOISIR L'ART

Montréal est donc la ville que Phoebe a choisie, après des études et du travail en théâtre à Paris pendant huit ans, où elle avait la troupe Dining Horse Creations (DHC). Quand on lui demande pourquoi elle n'a pas opté pour Paris, New York ou Londres pour vivre sa vie de mécène - selon The Canadian Business Journal, la famille Greenberg dont elle fait partie vaut 1,58 milliard ; le monde était donc à sa portée -, Phoebe répond. « Il y a beaucoup de créativité ici. C'est sûr que ça reste une petite ville », dit-elle, surtout si on la compare à tant de mégapoles sur la planète. « Mais j'aime cette petite ville. »

Et d'où vient cette passion pour les arts ?

Phoebe Greenberg ne le sait pas.

Irving, qui est mort à 62 ans, n'était pas un artiste, comme sa fille adoptive (et enfant unique), mais il s'est présenté deux fois, en vain, pour le NPD. Shirley Greenberg, la mère de Phoebe, avocate, féministe depuis toujours, poursuit ses oeuvres de philanthropie. L'altruisme fait donc partie de la culture familiale.

Mais l'art est vraiment le domaine de prédilection de Phoebe, qui est heureuse que ses organismes aient rapidement trouvé leur place à Montréal, où ils font maintenant partie du paysage culturel.

Et où ils ont de l'influence, du rayonnement.

Phoebe Greenberg aide par exemple la maison de production Felix et Paul, qui pousse les frontières de la technologie avec des films de réalité virtuelle. À DHC, elle fait venir des artistes du bout du monde. Sous peu commence une expo du grand vidéaste américain Bill Viola. Il y a 10 ans, le grand Marc Quinn inaugurait les lieux. Des géants.

Collectionne-t-elle ? Non. Ou plutôt très peu. Une sculpture de Quinn, justement, Kate Moss, à l'entrée de Phi, rue Saint-Pierre. Une oeuvre alliant pierre et projection de l'artiste israélienne Michal Rovner au sous-sol de Phi, un petit Damien Hirst à l'étage, parmi d'autres signatures cruciales. Mais ce qui touche le plus Mme Greenberg, on le sent, c'est l'art qui bouge, vivant, comme Next Floor, le film qu'elle a fait avec Denis Villeneuve, tout juste avant les débuts des travaux de rénovation de l'ancien immeuble de lampe en cristal devenu le Centre Phi.

« Je suis fière de nos artistes, dit-elle. Et j'aurai toujours envie de dialogue global avec eux pour trouver les meilleures idées, en art, en culture, en innovation, partout. »




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