Une fusillade et un drame conjugal sèment l'émoi à Valleyfield

Une fusillade vraisemblablement déclenchée par un drame conjugal a semé l'émoi... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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(SALABERRY-DE-VALLEYFIELD) Une fusillade vraisemblablement déclenchée par un drame conjugal a semé l'émoi dans un calme quartier familial de Salaberry-de-Valleyfield, la nuit dernière.

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La victime, Johanne Chayer

Photo tirée de Facebook

Bilan de la tragédie: une femme de 65 ans, Johanne Chayer, tuée par balles, un policier de 27 ans gravement blessé, et un suspect, un homme de 72 ans, qui sera vraisemblablement accusé de meurtre demain au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

La victime était la conjointe du suspect. Parents de deux filles, le couple avait été marié pendant une vingtaine d'années, avant de divorcer. 

Mais ils avaient recommencé à se fréquenter il y a environ deux ans, après plus de 20 ans de séparation. 

Ils s'étaient installés en juin dernier dans la maison cossue de la rue du Sentier où s'est produit le drame.

« C'était de très bonnes personnes tous les deux, je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est passé. Je suis bouleversée, surtout en pensant à leurs filles », a réagi Mélanie Cardinal, dont le père a été marié pendant une dizaine d'années avec Johanne Chayer, après son divorce. 

Mme Cardinal n'a jamais entendu parler de comportements violents de la part du suspect, qui enseignait au secondaire avant sa retraite. La victime a quant à elle travaillé comme préposée aux bénéficiaires.

Il y a deux mois, Mme Chayer partageait son bonheur avec ses amis sur Facebook. «J'ai emménagé depuis le 22 juin dans notre superbe maison. C'est notre petit nid d'amour à moi et mon fiancé. Je suis remplie de gratitude de vivre cela. Je remercie la vie!!», a-t-elle écrit.

« Non, non! Fais pas ça! »

Les événements qui ont secoué le secteur Grande-Île ont commencé hier soir vers 21h30. Mélissa Haineault était dans sa chambre en train d'allaiter son bébé d'une semaine quand elle a entendu des cris.

« Une femme criait: "Non, non! Fais pas ça!", raconte la jeune mère, qui habite à quatre maisons du lieu du drame. Ça avait l'air d'une chicane, comme on peut en entendre parfois. »

La voisine n'a pas entendu de coups de feu à ce moment. Une vingtaine de minutes plus tard, des voix d'hommes ont crié à quelqu'un « Sors de là! », en cognant dans une porte. 

C'est alors que les premiers tirs ont retenti. Au cours de ces échanges de coups de feux, un policier de la Sûreté du Québec a été touché à l'abdomen. Gravement blessé, il a été évacué d'urgence vers l'hôpital où il a été opéré au cours de la nuit, mais on ne craint pas pour sa vie.

Comme dans les films

En quelques minutes, les petites familles du secteur ont vu débarquer en trombes des dizaines de policiers, armes au poing, qui se dissimulaient le long des maisons et derrière les véhicules, pour cerner la résidence où se trouvait l'homme armé.

Pendant que les policiers se déployaient dans le voisinage, une dizaine de résidences ont été évacuées. 

« C'était comme dans les films, il y avait des policiers dans tous les coins et le SWAT [l'équipe tactique] qui assemblait ses fusils sur notre gazon », raconte Sébastien Clavel, dont la maison a été réquisitionnée pour servir de centre de contrôle aux forces de l'ordre, tandis qu'il était évacué avec sa conjointe et ses deux enfants.

Une nouvelle salve de coups de feu s'est faite entendre vers 22h10. Le suspect tirait depuis une fenêtre du deuxième étage de sa maison.

Ce n'est que vers 2h00 que des policiers de l'escouade tactique d'intervention de la SQ sont entrés dans la maison du suspect, après avoir parlementé avec lui pour qu'il se rende sans violence.

« J'entendais les policiers lui dire: "On sait que ça ne va pas bien dans ta vie. On veut juste que ça se termine. Reste calme. Mets tes mains sur ta tête", » relate Mélissa Haineault.

Les policiers ont alors trouvé le corps inerte de Johanne Chayer, dont le décès a été confirmé un peu plus tard, à l'hôpital, indique le porte-parole de la SQ, Daniel Thibaudeau. Quant à l'homme, il avait des blessures légères. Il a été conduit à l'hôpital, avant d'être interrogé par les enquêteurs en matinée.

Son identité ne peut être dévoilée avant qu'il ne soit officiellement accusé, demain.

Enquête avec un drone

Les spécialistes en scènes de crimes ont passé la journée à examiner les lieux, notamment avec un détecteur de métal et un drone. Ils ont trouvé des impacts de balles à plusieurs dizaines de mètres de la maison du tireur, jusque sur la camionnette dans laquelle sont arrivés des policiers de l'équipe tactique.

Dans ce quartier habité surtout par des familles avec de jeunes enfants, où les maisons sont déjà décorées pour l'Halloween, tous étaient atterrés. Chacun y allait de ses commentaires en observant la proprette maison de briques beiges, où était stationné un VUS Mercedes, ainsi qu'une voiture Hyundai d'un modèle moins haut de gamme.

Cependant, la plupart des voisins ne connaissaient pas le couple, nouvellement installé. Certains d'entre eux avaient seulement vu le suspect se promener au guidon de sa moto à trois roues Spyder.

Pendant que les adultes discutaient, le fils de quatre ans de Sébastien Clavel est arrivé avec un morceau de métal dans la main. « Papa, est-ce que c'est une balle de fusil? », a demandé le bambin, visiblement impressionné par le déploiement policier. 

« Mais non, c'est un bouton », a répondu son père. « Est-ce qu'il était sur l'uniforme d'un policier? », a demandé à nouveau le garçon. 

« Je crois qu'il va se souvenir longtemps de cet événement... », a commenté sa mère, Marie-Ève Grefford




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