Le recours collectif des «Courageuses» contre Gilbert Rozon autorisé

Le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon.... (PHOTO Martin Chamberland, archives LA PRESSE)

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Le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon.

PHOTO Martin Chamberland, archives LA PRESSE

Le juge de la Cour supérieure Donald Bisson a autorisé ce matin l'exercice du recours collectif des «Courageuses» contre l'ancien président du Groupe Juste pour rire, Gilbert Rozon.

Le juge autorise le groupe «Les Courageuses» à représenter «toutes les personnes agressées et/ou harcelées sexuellement par Gilbert Rozon» afin de réclamer des dommages compensatoires et punitifs. Il autorise aussi l'utilisation de pseudonymes pour protéger l'identité des femmes impliquées.

«Dans le passé, le véhicule procédural de l'action collective a démontré son efficacité dans les dossiers d'agressions sexuelles, puisqu'il a permis à des centaines de victimes d'avoir accès à la justice au Québec. Si la demanderesse n'était pas autorisée à intenter la présente action collective, il est fort probable que de très nombreuses victimes seraient privées de l'exercice de leurs droits en justice», écrit le magistrat dans sa décision.

L'autorisation du recours permettra de trancher collectivement une série de questions devant la cour, notamment le fait de savoir si M. Rozon a commis systématiquement des agressions et/ou du harcèlement sexuel, s'il a abusé de son pouvoir à cette fin, si les femmes et filles harcelées ont droit à des dommages et quel devrait en être le montant. Dans leur requête, les demanderesses ont demandé 10 millions de dollars en dommages punitifs.

Une preuve devra être présentée pour soutenir les allégations contre M. Rozon, et ce dernier pourra se défendre. Mais déjà, le juge note qu'il n'a jamais formellement nié les allégations des femmes qui l'ont pointé du doigt.

Tous ses arguments rejetés

Les avocats de M. Rozon avaient tenté de démontrer que le dossier ne répondait pas aux critères de la loi pour autoriser un recours collectif. Ils avaient plaidé que les allégations d'agressions sexuelles ne reposaient sur aucun élément de preuve sérieux, que chaque plaignante était un cas particulier sans fil conducteur avec les autres, et que l'existence d'un «groupe» assez important de victimes n'avait pas été démontrée.

Le juge n'a retenu aucun de ces arguments.

Il souligne par ailleurs que neuf femmes ont raconté les agressions qu'elles ont subies à des journalistes du Devoir et de la station de radio 98,5. Les avocats des requérantes auraient été en contact avec une vingtaine de victimes alléguées, au total.

Une représentante des requérantes, la comédienne Patricia Tulasne, a par ailleurs raconté en cour son viol par M. Rozon de façon «particulièrement précise», souligne le magistrat. M. Rozon avait présenté sa propre interprétation de cet événement, sans convaincre le juge.

«Le cas de la membre désignée ne correspond aucunement à la banalisation grossière et déformée que présente M. Rozon», écrit-il dans son jugement.

«Une action collective comme la présente permet à toutes les victimes de comprendre qu'elles ne sont pas seules, que les agressions ne sont pas de leur faute et que si elles ont le courage de venir de l'avant pour dénoncer les sévices sexuels commis à leur égard, elles rendront plus vraisemblables les récits des autres victimes», lit-on plus loin.




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